Clement promet un Parti conservateur «moderne et optimiste»

Jamais deux sans trois ? L’ex-ministre Tony Clement a confirmé mardi soir qu’il briguera une nouvelle fois la chefferie du Parti conservateur du Canada, en promettant d’être à l’écoute des militants et de leur offrir un mouvement conservateur « moderne et optimiste ».

Rappelant son passé d’immigrant et d’entrepreneur, avant de se lancer en politique provinciale puis fédérale, Tony Clement s’est présenté comme celui qui saurait être un chef qui « représente l’expérience et l’innovation, afin que l’on puisse regagner la confiance des Canadiens », a-t-il lancé aux partisans venus l’encourager mardi soir dans un quartier de Mississauga qu’il représentait jadis au provincial. Le politicien, âgé de 55 ans, a repris les thèmes chers aux conservateurs : sécurité, défense, valeurs conservatrices, petit gouvernement, faibles impôts — il a même promis une déclaration de revenus qui tiendrait en une seule page. Il s’est aussi engagé à améliorer la qualité de vie des Canadiens en s’occupant des soins de santé et de l’environnement.

« Je me présente à la chefferie avec ma feuille de route en tant que conservateur de bon sens économique qui n’ignore aucun électeur, qui respecte tous les Canadiens et qui se concentre sur les enjeux économiques dont les Canadiens se soucient le plus », a-t-il argué en français.

Tony Clement avait brigué la chefferie du nouveau Parti conservateur en 2004, lors de la course qui a couronné Stephen Harper. Il était arrivé troisième, avec moins de 10 % des appuis. Deux ans plus tôt, il avait tenté de diriger le Parti progressiste-conservateur ontarien, mais était là encore arrivé troisième et s’était rangé derrière le vainqueur, Ernie Eves.

Un passage qui laisse des traces

Le député de Parry Sound-Muskoka a été responsable de plusieurs portefeuilles importants au sein du gouvernement de Stephen Harper : Santé, Industrie, président du Conseil du Trésor. C’est sous sa gouverne que les conservateurs ont retranché près de 20 000 fonctionnaires et mené des négociations collectives tendues avec la fonction publique. À l’Industrie, Tony Clement a annulé le recensement long obligatoire.

Sa distribution du Fonds de l’infrastructure du G8 pour le sommet qu’a accueilli sa région en 2010 lui a en outre valu les blâmes du vérificateur général. Le VG avait dénoncé le fait que le Parlement n’avait pas été avisé que le budget, gonflé à 50 millions de dollars — sans explication —, servirait à embellir Muskoka, ni que les projets seraient choisis par des maires plutôt que par des fonctionnaires.

Tony Clement est le quatrième candidat à la chefferie conservatrice. Les députés Maxime Bernier, Michael Chong et Kellie Leitch sont aussi de la course qui se terminera fin mai 2017.

3 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 13 juillet 2016 07 h 30

    Le grand changement

    Monsieur Clement promet un parti conservateur moderne et optimiste. Est-ce que cela implique que, précédemment, il était ancien et pessimiste?

    • Marc Lacroix - Abonné 14 juillet 2016 07 h 23

      C'est peut-être ça, ou peut-être veut-il dire qu'il va se débarrasser du vérificateur général pour pouvoir diriger à sa façon, sans être préoccupé par des questions de personnes non dévouées à sa cause !

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 13 juillet 2016 09 h 05

    Le charmeur de serpents

    Maxime Bernier, le député conservateur, promettait de défendre le système de gestion de l'offre au sujet au cours de la dernière campagne électorale et, depuis qu'il est élu, a changé d'avis.

    Tony Clément promet un mouvement conservateur moderne et optimiste.

    Comme je suis heureux d'entendre cela. Mais une fois portés au pouvoir, que diront nos amis Conservateurs ? Qu'a fait M. Clément pour promouvoir sa belle cause alors qu'il était ministre ?