Le retour du prisonnier-fermier?

Le gouvernement libéral envisage la relance du programme de fermes pénitentiaires qui permettait aux délinquants de pratiquer des activités agricoles.

Service correctionnel Canada a lancé une consultation en ligne quant au rétablissement du programme de fermes pénitentiaires. Une assemblée est également prévue à l’hôtel de ville de Kingston, en Ontario, où deux anciennes fermes pourraient reprendre leurs activités. Aucune date n’a cependant été déterminée pour cette consultation.

En 2010, le gouvernement de Stephen Harper avait fermé les six fermes pénitentiaires du pays, situées au Nouveau-Brunswick, en Ontario, au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta. Des détracteurs ont vivement critiqué cette décision d’abolir l’initiative d’emploi pour les détenus, dénonçant notamment l’absence de consultation des populations concernées.

Réinsertion

Durant l’année financière 2009-2010, le programme de fermes pénitentiaires employait 716 détenus. Ils se chargeaient notamment de nourrir le bétail, de manier les machines à traire, de nettoyer les étables, de râteler et botteler le foin, de labourer la terre, de planter les cultures, de récolter du maïs et de faire fonctionner les moulins à grain.

Pat Kincaid, de Kingston, dit s’être sorti du cercle vicieux de la récidive, après avoir passé 35 ans de sa vie en prison. « Les vaches m’ont appris à être patient et à contrôler ma colère », soutient l’homme de 65 ans, ajoutant que travailler à la ferme lui faisait oublier son incarcération.

Lorsque le programme, qui existait depuis les années 1880, a été aboli, des résidants de Kingston ont racheté une partie du bétail au gouvernement fédéral. « Nous avons hâte de les retourner à la prison pour repeupler le troupeau, affirme Jeff Peters, président de la Pen Farm Herd Co-Op. C’était un véritable moteur économique pour la communauté agricole. » En plus d’offrir aux détenus une expérience de travail, les fermes approvisionnaient les prisons ainsi que des banques alimentaires locales en nourriture. Selon M. Peters, elles stimulaient également l’économie de la région en créant un besoin pour de l’engrais et de l’équipement agricole.

4 commentaires
  • Gaston Bourdages - Abonné 11 juillet 2016 04 h 56

    Suite à un article paru dans La Presse, édition du...

    ....10 juillet, j'ai répondu au sondage du SCC. Ce, en tant qu'ex-prévenu au niveau provincial et ex-détenu au niveau fédéral.
    Je salue l'initiative. Les avantages y sont plus nombreux que leurs antonymes, à mon humble avis.
    La réhabilitation d'un être humain peut aussi se réaliser dans l'exploitation de fermes pénitentiaires.
    Au moins deux fondamentales questions s'y posent: «POURQUOI des fermes pénitentiaires ?» et «COMMENT les remettre sur pieds?»
    Puis, j'y pense...autre question: «POURQUOI ont-elles été fermées?»
    Gaston Bourdages,
    Ex-prévenu, ex-détenu.
    Saint-Mathieu-de-Rioux, Qc.

  • Hélène Gervais - Abonnée 11 juillet 2016 06 h 33

    Et pourquoi n'y en a-t-il pas au Kébek ....

    de ces fermes pénitentiaires? C'était une excellente idée pourtant. Les détenus pouvaient se rendre utiles à la société en même temps cette expérience les aidait à la réinsertion.

    • Sylvain Auclair - Abonné 11 juillet 2016 08 h 22

      Il y en avait (à Laval, entre autres). Elles ont dû etre fermées avant les autres. Faut dire que le Québec est plus ancien que les autres provinces, et que nos vieilles prisons étaient sans doute plus désuètes.

  • Daniel Bérubé - Abonné 11 juillet 2016 13 h 10

    Pourquoi elles ont été fermés ?

    Certaines politiques, d'un certain parti politique, ont principalement pour objectif d'éliminer tout ce qui peut être étiqueté de "social"... car si le PLC remet la chose en place, quand le PCC reviendra, ne sera-t-il pas sujet à vouloir le "réenlever" ???

    Nous en arriverons sans doute un jour à une forme de politique de: construit, déconstruit, reconstruit, redéconstruit... et ainsi de suite... difficile d'évoluer dans ce temps là !