L'équité salariale attendra encore

Québec — Ce n'est pas demain la veille que les femmes à l'emploi du gouvernement pourront crier victoire dans le dossier de l'équité salariale, qui a connu un énième nouveau départ hier.

À la suite du jugement de la Cour supérieure qui a invalidé l'article 9 de la loi sur l'équité salariale en janvier, les syndicats et le gouvernement devaient refaire leurs devoirs. Une première rencontre a donc eu lieu entre les deux parties hier matin afin de jeter les bases d'une nouvelle démarche, conforme à l'esprit du jugement.

Il est clair que les changements à apporter à un processus déjà fort complexe et très lourd, qui s'étire depuis plusieurs années, vont retarder d'autant un règlement final dans ce dossier où des milliards de dollars sont en jeu. Mais malgré cela, les négociateurs du gouvernement ont indiqué, lors d'un point de presse, que si les syndicats partageaient leur vision des choses, un règlement relativement rapide pourrait survenir.

«On aimerait que ça se fasse vite, qu'on ne traîne pas ça pendant des années», a soutenu le secrétaire associé aux relations de travail du gouvernement, Marcel Gilbert.

Idéalement, le gouvernement souhaiterait «adapter» le résultat des travaux entrepris avec les centrales syndicales depuis 2001 au lieu de devoir tout reprendre de zéro. Il s'attend à une réponse des syndicats d'ici la fin de mars.

Les négociateurs du gouvernement ont notamment fait connaître aux porte-parole des cinq organisations syndicales visées (CSN, FTQ, FIIQ, SFPQ, CSQ) leur intention de conserver un programme unique pour appliquer la loi aux 518 000 employés de l'État (composés à 72 % de femmes). De plus, un comité, qui comptera au plus 12 personnes, devra être mis sur pied et formé aux deux tiers d'employés de l'État. De ce nombre, la moitié devront être des femmes.

En parallèle, l'employeur devra s'atteler à la tâche de comparer les emplois féminins et masculins à partir d'une grille d'analyse acceptée par les deux parties, présenter à la Commission de l'équité salariale un échéancier de travail pour mener à bien la démarche d'équité et fixer une date de fin des travaux.

«Des travaux ont été faits. Énormément d'énergie a été mise. Il s'agit de voir comment on peut prendre ces travaux-là et les adapter au contexte de la loi», a fait valoir de son côté le coordonnateur à la négociation pour la CSN, Louis De Garie, à la suite de la rencontre avec la partie patronale.

De son côté, le négociateur en chef du gouvernement, Jean-François Munn, a indiqué que le processus de négociation de l'équité salariale sera mené indépendamment de la négociation du renouvellement de la convention collective des employés de l'État, qui doit débuter sous peu.

Il y a quelques jours, la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, a dit que le coût de l'équité aura un impact sur l'issue des prochaines négociations et que les fonctionnaires pourraient voir leur salaire gelé, faute de fonds suffisants.

Elle a tenu à rappeler que d'ici 2007, le gouvernement du Québec aura versé 8,7 milliards, en guise de compensations financières au chapitre de l'équité et de la relativité salariale, même si les négociations ne sont pas terminées.