Commandites: Chrétien défendra âprement sa réputation, disent ses partisans

Ottawa — Les partisans de Jean Chrétien promettent la guerre si le premier ministre Paul Martin traîne son prédécesseur dans la boue, ont indiqué des fidèles de l'ancien premier ministre hier en référence au scandale des commandites.

Certains libéraux réagissent mal aux insinuations voulant que l'entourage de M. Chrétien soit à blâmer pour le détournement de 100 millions en fonds publics au profit d'agences de publicité québécoises pro-ches du Parti libéral.

Certains ont averti que M. Chrétien pourrait sortir de sa retraite pour régler ses comptes avec M. Martin.

Deux libéraux de longue date ont aussi parlé de poursuite en libelle diffamatoire contre tout collaborateur de Paul Martin qui propagerait des rumeurs selon lesquelles l'ex-premier ministre serait à blâmer pour les irrégularités constatées dans la gestion du programme fédéral de commandites.

Un fidèle de M. Chrétien a affirmé que le vieux routier avait beaucoup de ressources, juridiques et politiques.

«Toute mesure imaginable est possible», a indiqué ce fidèle, qui a demandé à garder l'anonymat. «Vous le connaissez. Il va défendre sa réputation parce qu'il a une bonne réputation à défendre. Et chacun de nous va défendre sa réputation parce qu'il [celui qui a mandaté la vérificatrice générale, celui qui a mis la GRC sur le dossier] ne mérite pas d'être maintenant blâmé.»

M. Chrétien terminait un séjour en Chine hier et n'était pas disponible pour commenter l'affaire.

M. Martin s'est montré déterminé hier lorsqu'on lui a demandé s'il ne craignait pas que sa stratégie consistant à blâmer l'ancienne administration n'allait pas raviver la guerre intestine chez les libéraux, qui soignent encore les blessures de la récente et âpre succession au leadership.

«La course au leadership est terminée», a affirmé M. Martin au cours d'une conférence de presse à Brockville, en Ontario, ajoutant qu'il ira chercher tous ceux qui ont été impliqués dans l'affaire des commandites, peu importe qui. «Je prends la responsabilité de cette question et je vais m'en occuper.»

M. Martin a suggéré que l'administration Chrétien avait donné «une direction politique» au stratagème des commandites, disant que des gens de l'entourage de l'ex-premier ministre l'avaient gardé à l'écart de l'affaire.

Le stratagème frauduleux a été expliqué en détail dans un rapport dévastateur déposé cette semaine par la vérificatrice générale Sheila Fraser.

Des collaborateurs de Paul Martin ont réagi au rapport en blâmant la politique menée par Jean Chrétien. Un d'eux a indiqué au National Post mercredi que l'ancienne équipe au pouvoir serait blâmée pour avoir camouflé une activité «criminelle».