Réforme électorale: à micros (presque) ouverts

Le comité parlementaire tiendra aussi des audiences un peu partout au Canada.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Le comité parlementaire tiendra aussi des audiences un peu partout au Canada.

Citoyens, à vos claviers ! Le comité parlementaire devant proposer à Ottawa une façon de réformer le mode de scrutin commence ses audiences ce mercredi. Tout sera diffusé dans Internet en direct, et le public aura le loisir de « participer » en proposant sur les réseaux sociaux des questions que les élus pourront (ou pas) reprendre à leur compte.

C’est la chef du Parti vert, Elizabeth May, qui avait suggéré de réserver à chaque rencontre du comité sur la réforme électorale une période de quelques minutes pour entendre les questions du public et permettre aux témoins du jour d’y répondre. Finalement, au cours de ses rencontres préparatoires, le comité a coupé la poire en deux : dans certains cas, les micros seront ouverts, mais dans d’autres, les citoyens devront au mieux espérer qu’un député relaiera leurs interventions.

« Tout le monde est d’accord d’utiliser les médias sociaux pour permettre des échanges en temps réel avec le public », explique au Devoir le député libéral montréalais Francis Scarpaleggia, qui préside le comité parlementaire. « Je ne connais pas trop Twitter, mais tout le monde peut aller à ce genre de site et choisir une question à poser. Ce sera à la discrétion des députés s’ils veulent consulter cette page-là. Et s’ils veulent faire ressortir une question, ils la poseront et ce sera très bien vu. On va agir souvent comme ça. »

Il reviendra aux députés ou à leur équipe de dénicher les questions sur Facebook ou Twitter grâce aux mots-clics et d’utiliser leur propre temps de parole pour se faire les porte-voix des citoyens. Pourquoi avoir procédé ainsi ? « Le problème était de déterminer qui aurait choisi la question, explique M. Scarpaleggia. Ce n’est pas juste de demander aux recherchistes ou aux greffiers [du comité] de choisir les questions parce que, pour eux, ça pourrait enlever leur neutralité. Et ça devient très difficile à gérer. »

Le comité parlementaire tiendra aussi des audiences un peu partout au Canada. À ces occasions, une séance de questions-réponses sera aménagée pour le public présent. Une telle interaction en chair et en os sera aussi permise à une occasion à Ottawa.

Temps de parole

Dans ce nouvel esprit de collégialité qui caractérise le comité depuis que le gouvernement a accepté d’en revoir la composition, le temps de parole de chaque élu qui y siège sera égal. Chaque libéral parlera aussi longtemps que le bloquiste, chaque conservateur, aussi longtemps que Mme May.

Le partage du temps de parole avait fait l’objet de nombreuses tractations au cours des travaux préparatoires du comité. Pourquoi avoir opté pour l’égalité ? « Des fois, lorsqu’on discute d’allocation de temps, ça peut devenir très complexe. On se perd là-dedans. Alors en bout de ligne, on a reconnu que ça revient plus ou moins au même que les autres propositions. Et c’est juste que tout le monde ait au moins une chance d’intervenir », indique le président.

La ministre responsable des Institutions démocratiques, Maryam Monsef, témoignera en premier ce mercredi. Suivront l’actuel directeur général des élections, Marc Mayrand, et son prédécesseur, Jean-Pierre Kingsley. Le comité parlementaire devrait par ailleurs fournir sous peu une trousse aux 338 élus de la Chambre des communes pour organiser un forum citoyen dans leur circonscription respective pour tâter le pouls de la population sur la réforme électorale.