Le Canada veut séduire l’ONU avec les Casques bleus

L’aide étrangère et le futur rôle des Forces armées canadiennes constitueront la colonne vertébrale de la demande du pays pour un siège au Conseil de sécurité, a affirmé l’ambassadeur du Canada aux Nations unies.

Marc-André Blanchard a indiqué à La Presse canadienne que cette tentative d’obtenir un siège non permanent à la plus puissante instance des Nations unies expliquait en partie pourquoi le gouvernement était embarqué dans des révisions majeures de deux éléments clés de la politique étrangère : le développement international et la défense nationale.

L’examen de la politique en matière de développement international, qui doit être publié à l’automne, présentera un plan de dépenses sur cinq ans qui devrait montrer comment le Canada tenterait de respecter l’objectif des Nations unies — de 0,7 % du PIB — qu’il n’a jamais atteint, et qui l’a été par seulement cinq pays. L’examen de la politique de défense nationale s’attardera aussi aux moyens de mettre en place une campagne promettant de ramener le Canada à ses racines de Casques bleus après plus de dix ans de combats en Afghanistan.

Le pays en est aux premiers jours d’une campagne de quatre ans en vue d’un vote en 2020. M. Blanchard dit croire que le Canada fait face à un dur combat contre deux pays comptant des valeurs similaires aux siennes : la Norvège et l’Irlande. Le travail en cours doit permettre d’en arriver à un programme soulignant l’avantage comparatif du Canada par rapport aux autres candidats.

2 commentaires
  • François Beaulne - Abonné 13 juin 2016 06 h 06

    une longue côte à remonter

    Pour séduire les pays membres de l'ONU qui lui ont préféré le Portugal pour siéger au Conseil de sécurité en 2010, le gouvernement canadien devra faire plus que des expressions de bonnes intentions telles ''Nous sommes de retour' comme le laissait entendre Justin Trudeau au lendemain de son élection, d'autant plus que ses adversaires pour ce poste, l'Irlande et la Norvège ont eu un comportement exemplaire au cours de la dernière décennie. Le Canada sera particulièrement sous la loupe en ce qui a trait, notamment aux points suivants où il a été sévèrement critiqué:
    1) indépendance de sa politique étrangère par rapport aux Etats-Unis
    2)équilibre de sa politique envers Israel et l'Etat Palestinien
    3) cohérence de ses pratiques avec ses énoncés de principe: exemple, vente de blindés à l'Arabie Saudite
    4) soutien actif aux programmes de bonne gouvernance, de promotion des droits de la personne, de l'application des conventions de l'ONU dans ces domaines et de la lutte à la corruption, secteurs desquels il s'est retiré sous le régime Harper
    5) contribution aux opérations de restauration et de maintien de la paix par l'entremise de missions sous l'égide des Nations Unies plutôt que par la participation à des coalitions bilatérales ou multilatérales sous l'égide des Etats-Unis, de l'OTAN, ou de toute autre puissance qui a à coeur ses propres intérêts, comme ce fut le cas au cours des dernières décennies, que ce soit sous les libéraux ou sous les conservateurs
    6) politique intérieure exemplaire en ce qui concerne le traitement des prémières nations autochtones et le respect du droit du Québec à son autodétermination tel que reconnu dans la Charte des Nations Unies

  • Cyril Dionne - Abonné 13 juin 2016 18 h 54

    C'est fini l'époque des casques bleus. On n'a rien appris de la débandade de Bosnie et de la Somalie ?