Claude Ryan, 1925-2004 - Intimité et simplicité

Des gens de tous les horizons ont rendu un dernier hommage au journaliste émérite et homme politique Claude Ryan, dont la dépouille était exposée hier.

Parmi ces personnes, l'ancien rédacteur en chef du Devoir, Paul-André Comeau, venu saluer «un guide intellectuel, un mentor», qui lui prodiguait encore quelques conseils lorsqu'il était ministre. «J'ai apprécié sa sagesse.»

Selon M. Comeau, la force de M. Ryan aura été d'avoir «formé une génération de Québécois» à étudier les problèmes tels qu'ils étaient et non tels qu'ils auraient aimé qu'ils soient.

Même si M. Ryan aura des funérailles nationales, c'est dans la sobriété et la simplicité, à l'image de l'homme, que son corps a été exposé, entouré de fleurs blan-ches, principalement des roses blanches. Dans cette intimité, les médias ne sont pas admis.

Un groupe d'une quinzaine de jeunes du Collège de Montréal a accompagné son petit-fils, Nicolas Ryan, fils de Paul. Fleur à la main, ces jeunes sont venus voir celui dont ils ont entendu parler dans leurs cours d'histoire, mais ils sont surtout venus épauler leur copain Nicolas, ont-ils expliqué aux journalistes présents.

Nicolas, 16 ans, a salué son «grand-papa gâteau» car c'est ce qu'il a connu du célèbre éditorialiste et ancien ministre libéral, l'homme qui était tout sourire quand il l'apercevait, enfant. Lui n'est guère intéressé par la politique, son grand-père lui en ayant fait un portrait plutôt dur.

Le frère de Claude Ryan, Yves, qui a longtemps été maire de Montréal-Nord, se dit «impressionné par le déluge de commentaires» élogieux à l'endroit de son frère. Même ceux qui l'ont trouvé difficile à vivre le respectent.

«Il a bien rempli son parcours. Il semait; il semait, et il en est resté quelque chose», lance-t-il, philosophe, prenant pour preuve les gens de tous les horizons venus le saluer.

Avec nostalgie, il s'est rappelé un jeune Claude à la personnalité méconnue, qui tenait tête aux pères de son collège. «Il n'aimait pas être conformiste» à l'époque, étant même dissipé à l'occasion. «Il lisait les livres à l'index» et, quand il se faisait prendre par les pères, il les narguait: «C'est ça. On va se trouver un autre collège et on ira monter la moyenne là-bas», leur répliquait-il. Le jeune Claude pouvait passer ses temps libres à la bibliothèque mais aussi «casser une couple de vitres et faire déborder le bain», se remémore son frère.

Après le Centre funéraire Côte-des-Neiges hier, la dépouille de M. Ryan sera exposée en chapelle ardente à la chapelle Notre-Dame-du-Sacré-Coeur de la basilique Notre-Dame aujourd'hui. Ses funérailles auront lieu à la basilique demain.