Stephen Harper cède sa place en appelant à l'unité

Stephen Harper s’est félicité du rôle de son gouvernement au Québec, en dressant le bilan de ses années à la tête du pays.
Photo: Darryl Dyck La Presse canadienne Stephen Harper s’est félicité du rôle de son gouvernement au Québec, en dressant le bilan de ses années à la tête du pays.

Stephen Harper n’avait pas prononcé un mot publiquement depuis sa défaite électorale. L’ancien premier ministre conservateur a profité du congrès politique de son parti jeudi soir pour prendre la parole une première et probablement une dernière fois, afin de saluer le travail accompli par son parti pendant dix ans au gouvernement, mais aussi pour appeler les siens à rester unis lorsqu’ils choisiront son successeur. Un appel lancé aussi aux « bleus » du Québec, où le Parti conservateur compte « désormais une base solide »,s’est réjoui M. Harper.

La soirée d’ouverture du congrès conservateur a été consacrée en partie à souligner l’héritage politique de leur chef des 12 dernières années, celui qui a dirigé leur formation depuis sa création après la fusion du Parti progressiste-conservateur et de l’Alliance canadienne. Stephen Harper s’est adressé aux militants conservateurs à un an, à un jour près, d’un autre congrès qui servira cette fois-ci à choisir son remplaçant à la tête de leur formation. Un « nouveau chef » derrière lequel « vous vous unirez », leur a demandé l’ex-premier ministre. Car dans quatre ans, lors de la prochaine élection, « notre pays aura besoin d’un Parti conservateur fort, uni, prêt à gouverner ! » a-t-il lancé aux plus de 2000 militants réunis au Centre des congrès de Vancouver pour entendre son discours et qui ont chaudement applaudi cet appel à l’unité.

Le grand retour de l’ancien chef a d’ailleurs été accueilli par une ovation de la salle comble qui l’attendait.

Bien qu’il se soit adressé à une foule à grande majorité anglophone (165 des délégués présents viennent du Québec), Stephen Harper n’a pas dérogé à son habitude d’entamer ses discours avec quelques phrases dans la langue de Molière. Et il a tenu à livrer un message « tout particulier aux conservateurs du Québec, “ les bleus  », en leur disant qu’ils avaient de quoi être fiers en ayant réussi à faire élire 12 députés dans la province — le plus grand nombre élu lors d’une élection sous le règne de Stephen Harper. Le PC a fait des « pas de géants » au Québec, a-t-il insisté.

Paix québécoise

Stephen Harper s’est aussi félicité du rôle de son gouvernement au Québec, en dressant le bilan de ses années à la tête du pays. Baisses d’impôts, mesures sur la loi et l’ordre, accords de libre-échange. Mais aussi « un fédéralisme respectueux des champs de compétence des provinces », un « parti de la paix constitutionnelle », et un gouvernement sous lequel le pays a « été témoin du recul du séparatisme au Québec et de l’aliénation de l’Ouest », a fait valoir l’ex-chef conservateur, en suscitant des applaudissements.

« Chers amis, nous avons un bilan dont nous pouvons être fiers. Mais ne nous attardons pas sur le passé. Il est temps de regarder vers l’avant », a-t-il lancé aux militants qui s’apprêtaient à passer les deux prochains jours à réfléchir à l’avenir du Parti conservateur et aux politiques — notamment sociales — que défendra celui-ci pour tenter de retrouver le gouvernement.

Remerciements

Si le Parti conservateur tenait à remercier M. Harper pour « une décennie d’accomplissements » — telle qu’était titrée la courte vidéo qui a précédé son discours —, l’ancien chef a de son côté tenu à saluer le travail acharné des employés conservateurs, de ses députés et sénateurs, de ses militants, de même que de sa famille.

Stephen Harper a quitté la tête de son parti discrètement l’automne dernier, en laissant le soin au parti de l’annoncer par voie de communiqué. Le premier ministre défait, lui, ne l’avait pas dit lors de son discours le soir de l’élection.

Il n’a pas non plus confirmé son départ comme député, dans son discours de jeudi soir, malgré le fait que la nouvelle ait été ébruitée quelques jours plus tôt. M. Harper s’apprêterait à céder son siège de Calgary-Heritage, qu’il représentait depuis 2002 après l’avoir représenté entre 1993 et 1997. Stephen Harper ne compte pas revenir aux Communes cet automne. Il en fera l’annonce officielle cet été. Il songerait à travailler sur la scène internationale. Il a également déjà enregistré une compagnie, « Harper Associates Consulting », auprès du gouvernement fédéral en décembre dernier.

Le congrès conservateur entendra vendredi trois aspirants-chefs — Maxime Bernier, Michael Chong et Kellie Leitch —, qui participeront à une séance de questions-réponses avec le député Denis Lebel. L’ancien ministre Jason Kenney est également présent à la rencontre, tandis que Peter MacKay et Kevin O’Leary y sont attendus. Tous trois songent à se lancer eux aussi dans la course à la succession de Stephen Harper, qui se conclura le 27 mai 2017.

5 commentaires
  • Benoît Landry - Inscrit 27 mai 2016 06 h 36

    Le PC est bien implanté au Québec

    Il s'appelle Philippe Couillard

  • Marc Lacroix - Abonné 27 mai 2016 07 h 53

    Harper !

    Harper, un digne représentant de nombrilistes pour qui la moindre loi constitue une entrave à leur liberté personnelle. Seule, compte leur petite personne et c'est pourquoi parler d'environnement pour les générations futures c'est une aberration. Ils évaluent les gens selon l'épaisseur du portemonnaie. La morale, c'est l'argent. Ils prétendent être les experts de l'économie simplement parce qu'à part leur nombril, c'est la seule chose qui les intéresse!

  • Michel Lebel - Abonné 27 mai 2016 09 h 35

    Un piètre legs politique

    Stephen Harper fut un premier ministre très (trop) idéologue et partisan, qui n'hésitait pas à ''jouer'' avec les lois et le parlementarisme pour arriver à ses fins, qu'il croyait toujours bonnes. À plus d'une occasion, il a desservi la démocratie canadienne et a pris des mauvaises décisions en matière de relations internationales, incluant un certain dédain pour l'Onu. Son legs politique sera mineur.

    M.L.

    • Daniel Bérubé - Abonné 27 mai 2016 11 h 48

      Et ce, sans oublier les moments où il tentait de faire la morale à la cours suprême elle-même ! Voir même qu'il n'acceptait pas ses jugements... pour lui, une nouvelle cours pétrolière suprême était son rêve ! ;-)

  • Sylvain Rivest - Inscrit 27 mai 2016 10 h 43

    l'imposteur refait surface

    La droite, un mal pas nécessaire.