Trudeau trône au sommet

Le gouvernement de Justin Trudeau atteint une popularité sans précédent pour le Parti libéral fédéral au Québec depuis le raz-de-marée qui avait porté son père, Pierre Elliott Trudeau, à l’élection de 1980.

Loin de s’essouffler après six mois, la lune de miel de Justin Trudeau avec les électeurs québécois gagne en intensité, révèle un sondage Léger mené pour Le Devoir et Le Journal de Montréal. Les libéraux amassent 51 % des intentions de vote au Québec, un record pour le parti depuis la victoire écrasante de Trudeau père, qui avait remporté 68 % des voix en février 1980.


Ce sondage a été mené les 4 et 5 mai auprès de 1003 internautes. Cet échantillon comporterait une marge d’erreur de 3 %, 19 fois sur 20, s’il était probabiliste.

« S’il y avait des élections aujourd’hui, on retrouverait des résultats semblables à ceux de Trudeau en 1980 », dit Jean-Marc Léger, président de la firme de sondage. À cette époque, le Parti libéral avait remporté 74 des 75 sièges du Québec à la Chambre des communes.

Intentions de vote des Québécois au provincial et au fédéral

  Mars 2016 Aujourd'hui
PLQ 33 % 35 %
PQ 30 % 30 %
CAQ 22 % 21 %
QS 10 % 10 %
Autres 6 % 4 %
     
  Février 2016 Aujourd'hui
PLC 49 % 51 %
Bloc 15 % 19 %
NPD 17 % 16 %
PCC 15 % 9 %
Parti vert 4 % 2 %

Source : Sondage Léger-Le Devoir-Le Journal de Montréal-Le Journal de Québec mené en ligne les 4 et 5 mai 2016 auprès de 1003 Québécois ayant le droit de vote. Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de plus ou moins 3 % dans 19 cas sur 20.

Signe de l’appui sans réserve des électeurs québécois, les appuis au gouvernement Trudeau ont augmenté de 15 points depuis l’élection d’octobre dernier. Les libéraux avaient remporté 35,7 % des voix et fait élire 40 députés sur 78 au Québec.

Il faut dire que les libéraux font face à une opposition affaiblie. Les trois principaux partis adverses — Parti conservateur, Nouveau Parti démocratique et Bloc québécois — s’apprêtent à se lancer dans des courses à la chefferie après la démission de Stephen Harper, Thomas Mulcair et Gilles Duceppe.

Face à cette opposition décousue, le taux de satisfaction envers le gouvernement libéral atteint 67 %, encore plus que le taux déjà enviable de 50 % enregistré dans le sondage précédent de Léger, en février. « Rendu à ce niveau, c’est une quasi-unanimité », dit Jean-Marc Léger.

Oui à la marijuana

Les Québécois sont d’accord avec les principales initiatives du gouvernement libéral, qui se trouvent nettement à gauche du spectre politique. Une majorité de 52 % des électeurs appuie ainsi la légalisation de la marijuana, tandis que 39 % des répondants sont en désaccord.

Sans surprise, les 18-24 ans, les plus gros consommateurs de cannabis, sont massivement favorables (à 66 %) à la légalisation. Chez les 65 ans et plus, l’appui tombe mais reste important, à 43 %. L’appui à la légalisation est plus fort à Montréal (57 %) qu’à Québec (51 %) et dans le reste du Québec (47 %). Les anglophones se montrent aussi plus favorables à la légalisation du cannabis que les francophones, à 65 % contre 49 %.

Le gouvernement Trudeau s’est engagé à déposer dans un an, au printemps 2017, son projet de loi visant à légaliser la marijuana. Il remplirait ainsi un important engagement électoral.

 

Des mesures populaires

52% pourcentage de la population qui appuie l’intention du gouvernement Trudeau de légaliser et réglementer l’usage de la marijuana à des fins récréatives. Ils sont 39 % à y être au contraire opposés.

86% pourcentage de la population qui appuie l’intention du gouvernement Trudeau d’autoriser l’aide médicale à mourir.

Le projet fédéral d’aide médicale à mourir fait aussi l’objet d’un consensus sans équivoque : 86 % des Québécois sont d’accord avec l’initiative, indique le sondage. L’appui est généralisé dans toutes les catégories d’âge et toutes les régions du Québec. Cet enthousiasme s’explique sans doute par le large débat public mené depuis trois ans sur la question au Québec, estime Jean-Marc Léger.

Une autre question sociale, la hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure, recueille l’appui de 63 % des électeurs québécois. Fait à noter, les non-francophones y sont plus favorables que les francophones, à 75 % contre 60 %.

Couillard sous pression

À Québec, la démission-surprise de Pierre Karl Péladeau a eu peu d’impact sur les intentions de vote. Le gouvernement Couillard reste en tête avec cinq points d’avance sur le Parti québécois (35 % à 30 %), comparativement à trois points (33 % à 30 %) le mois dernier. La Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault et Québec solidaire restent stables, avec 21 % et 10 % d’appuis respectivement.
 

La nette avance du PQ chez les francophones (36 % au PQ, 25 % à la CAQ et 23 % au PLQ) vient cependant brouiller les cartes. Une élection mènerait sans doute à un gouvernement minoritaire péquiste ou libéral, croit Jean-Marc Léger.

Il note que la réforme de la santé par le ministre Gaétan Barrette est impopulaire : 56 % des électeurs croient que la réforme n’améliorera pas le système de santé, tandis que 18 % pensent le contraire. Même les sympathisants libéraux ne sont pas convaincus du bien-fondé de la réforme. Les avis favorables (35 %) et défavorables (31 %) sont partagés.

Le taux de satisfaction envers le gouvernement Couillard reste faible, à 28 %. Jean-Marc Léger souligne que la satisfaction est de sept points plus basse que les intentions de vote pour les libéraux. Signal inquiétant pour Philippe Couillard, car le taux de satisfaction est un indicateur des intentions de vote futures.

19 commentaires
  • Yves Petit - Inscrit 7 mai 2016 05 h 00

    Le printemps Trudeau

    Pourtant le gouvernement Trudeau tarde à aider Bombardier, il n'a pas allégé les conditions d'obtention de l'assurance chomage pour certaines régions du Québec comme il l'a fait pour d'autres régions. L'image, toujours l'image.

    La chute viendra lorsque son gouvernement donnera son accord au pipeline Énergie Est...Il faut bien aider la pauvre Alberta, dira-t-il.

    • Michel Thériault - Inscrit 7 mai 2016 11 h 53

      "La chute viendra lorsque son gouvernement..." -Yves Petit

      M. Petit, il n'y aura pas de chute car les électeurs de ce territoire souffrent d'amnésie collective. Ils ont déjà oubliés que ce sont les Libéraux qui nous ont le plus fait de tort dans notre histoire récente (rapatriement unilatéral de la Constitution sans l'accord du Québec, vols des référendums, scandale des commandites, etc.).

  • Denis Paquette - Abonné 7 mai 2016 05 h 03

    Les vieux, ils veulent toujours nous imposer leur façon de voir

    Il a l'énergie de la jeunesse et ca se sent, j'ai l'impression que ca interpelle les vielles barbes qui ne font plus que marquer le temps, ne devrions nous pas d'inscrire une limite d'âge pour avoir le droit de siéger, selon moi, ce sont des détournements de pouvoir je n'ai jamais cru a la gérontocratie, c'est le pire des mythes , passé un certains âge tu ne fais que répéter, ce que tu connais depuis longtemps , voila comment est faite la vie, si nos cellules et nos gènes pouvaient parler, enfin, si nous sommes encore capables de nous regarder dans un miroir, je ne suis plus capable de voir ces vieux qui veulent nous imposer leur facon de voir

    • Maryse Veilleux - Abonnée 7 mai 2016 10 h 32

      Je suis d'accord avec vous, et je ne fais pas partie des jeunes. A un moment donné en vieillissant les personnes se "cristalisent" et leur vision cesse d'évoluer.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 8 mai 2016 08 h 40

      @ dp

      Qu'ils soient jeunes ou vieux...Imposer sa façon de voir n'est pas l'apanage de ...l'âge!!

      Attention à ces "amalgames" ...( mots fourre-tout!)

      @mv se récuser ainsi ...c'est "oublier" ce que nous sommes.

  • Jacques Lapointe - Abonné 7 mai 2016 05 h 43

    Environnement

    À ce que je comprends, Trudeau, il est pour le pipeline et que l'Alberta triple sa production de pétrole des sables bitumineux. La première ministre a dit qu'elle avait besoin de cette argent pour pouvoir ensuite investir dans l'environnement. À moins d'être complètement naïf et ignorent, qui va croire à cette absurdité. Quand j'ai entendu cela, je ne pouvait croire qu'une première ministre d'une province puisse dire cela. C'est de l'absurde, pollué plus aujourd'hui pour dépolluer dans 5 ou 40 ans. Ce pipeline ce ne sera pas construit pour 5 ans. de toute manière en 2030, dans 15 ans ,avec un tel raisonnement, ça fera longtemps qu'ils ne seront plus là.
    . Le feu qu'ils ont maintenant,avec des températures de 30C et peu de neige en hiver, la cause de ce sinistre ce sont les pétrolières qui devraient payer pour cela, pas nous.

    • Diane Gélinas - Abonnée 7 mai 2016 11 h 11

      Et si cet incendie destructeur était un avertissement de mère-nature pour protéger les peuples autochtones de la région ?

      Un événement d'une telle ampleur devrait en inciter plusieurs à réfléchir sur la poursuite aberrante de l'exploitation des sables bitumineux et des dégâts environnementaux qu'elle cause, non seulement au Canada mais à la planète entière ?

      La Colombie britannique a refusé les deux projets de pipelines sans que l'Alberta et la Saskatchewan en fasse tout un plat...

      Les États-Unis ont refusé le pipeline Keystone XL : l'Alberta et la Saskatchewan s'y sont soumis sans régimber.

      Le Québec refusera le pipeline de Transcanada faute d'accessibilité sociale et ce serait la catastrophe ?

      Au contraire, ce NON éventuel sauvera l'humanité toute entière grâce au PM Couillard et au peuple du Québec consacré «héroïque» par l'ex-vice-président américain, Al Gore (COP21).

      Slogan connu : «Protégez l'environnement : plantez... un pollueur!»

  • Yves Benoit - Abonné 7 mai 2016 07 h 37

    ...Si j'ai bien compris...

    ...En d'autres mots, plus les libéraux nous ignorent ( la commission des valeures mobilières contre les intérêts et la volonté du Québec, la loi sur Air Canada et j'en passe ) plus ils sont populaires au Québec...!!!
    Pourquoi les politiciens devraient nous respecter si nous ne nous respectons pas nous-même?
    Que M. Trudeau continue de faire de la boxe et le pitre devant les caméras, les médias adorent ça et il semble qu'il a encore de belles années devant lui.
    Yves Benoit

    • Michel Thériault - Inscrit 7 mai 2016 12 h 40

      "...Si j'ai bien compris..."

      Il semble que vous avez bien compris M. Benoit. J'arrive aux mêmes conclusions.

  • Maryse Veilleux - Abonnée 7 mai 2016 08 h 56

    Merci et bravo!

    Merci monsieur Trudeau de nous avoir débarassé des conservateurs!...

    • Patrick Daganaud - Abonné 9 mai 2016 09 h 25

      Le roi est mort, vive le roi!