De nombreux accidents sur les voies du pays

Le Canada n’a pas connu de seconde tragédie comme celle de Lac-Mégantic. Mais les voies ferrées du pays sont néanmoins régulièrement le théâtre d’incidents. Rappel des dernières années.

Depuis l’été 2013, où Lac-Mégantic a été ravagé par l’explosion de wagons-citernes remplis de pétrole, le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a entamé 30 enquêtes, dont 15 sont encore en cours. De ce total, une douzaine portait sur des accidents ayant causé un déversement de brut, de plus ou moins grande quantité. Au Québec, six accidents — un seul mortel — ont donné lieu à une enquête du BST. Une simple recherche sur Internet permet cependant de répertorier bon nombre d’autres incidents qui n’ont pas nécessairement entraîné une enquête du BST.

Déraillements et déversements

Le dernier gros déraillement de wagons-citernes remonte à mars 2015 à Gogama, dans le nord de l’Ontario. Un train transportant 100 wagons-citernes déraille. Il faudra six jours avant que les incendies soient tous éteints, selon l’enquête préliminaire du BST. Les wagons étaient de nouvelle génération, avec une coque renforcée. Leur « performance » a été néanmoins « semblable » à celles des wagons de génération précédente à Lac-Mégantic, a noté le BST. Plus d’un million de litres de pétrole se sont dispersés dans l’atmosphère ou dans le sol.

En janvier 2014, c’était à Plaster Rock au Nouveau-Brunswick qu’un train transportant 19 wagons remplis de pétrole a déraillé. La plupart des wagons-citernes se sont empilés, ont déversé leur cargaison et environ 230 000 litres de pétrole brut ont pris feu. Les deux accidents n’ont pas fait de blessés.

La majorité des enquêtes du BST porte sur des déraillements de train, mais tous ne contenaient pas des matières dangereuses. Certains déraillements ont causé, par exemple, des déversements de céréales ou de soja. D’autres n’ont pas fait de dégâts, les wagons parvenant à demeurer droits.

Des passages à niveau meurtriers

Les passages à niveau du pays sont aussi source d’inquiétude. Un accident mortel est survenu en décembre 2014 à l’ouest de La Tuque, en Mauricie, lorsqu’une camionnette ne s’est pas arrêtée à un passage à niveau. La conductrice et le passager avant avaient consommé des substances illicites et aucun des quatre occupants ne portait sa ceinture de sécurité, selon le rapport du BST. Une personne est décédée, deux ont été grièvement blessées, la quatrième l’a été légèrement.

En septembre dernier, c’est une ambulance qui s’est fait frapper par un train en Colombie-Britannique. Le délai d’abaissement de la barrière était « inadéquat » pour les véhicules plus longs franchissant le passage à niveau, a observé le BST. Les ambulanciers ont été blessés et le patient qu’ils transportaient a succombé aux blessures subies lors de la collision.

À Ottawa, en septembre 2013, un chauffeur d’autobus distrait n’a pas cédé le passage et est entré en collision avec un train de voyageurs de Via Rail. Six personnes, dont le chauffeur d’autobus, sont mortes, neuf ont été gravement blessées, vingt-cinq autres légèrement.

Déraillements mineurs à Montréal

La région de Montréal a aussi connu des accidents mineurs de trains de marchandises. Un déraillement de wagons à la gare d’Hochelaga, en octobre 2015, a causé des dommages à une résidence à proximité de la voie ferrée.