La marijuana serait légalisée en 2017

Plusieurs manifestations se tenaient un peu partout, mercredi, pour demander la légalisation du cannabis. Ci-dessus, des militants réunis au parc Jeanne-Mance à Montréal pour l’événement « 420 », qui a lieu chaque année.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Plusieurs manifestations se tenaient un peu partout, mercredi, pour demander la légalisation du cannabis. Ci-dessus, des militants réunis au parc Jeanne-Mance à Montréal pour l’événement « 420 », qui a lieu chaque année.

Le gouvernement Trudeau déposera son projet de loi pour légaliser la marijuana au printemps 2017, a annoncé sa ministre de la Santé, de passage à l’ONU, mercredi. Une annonce qui s’est attiré les critiques des deux camps politiques, les conservateurs accusant les libéraux d’aller trop loin, les néodémocrates leur reprochant de ne pas en faire assez dans l’immédiat dans ce dossier.

« Nous savons qu’il est impossible de régler le problème à coup d’arrestations », a fait valoir la ministre de la Santé, Jane Philpott, lors d’un discours prononcé devant une session extraordinaire de l’Assemblée des Nations unies qui se penchait sur le problème mondial de la drogue. Les libéraux présenteront donc leur proposition législative l’an prochain, avec l’objectif d’« empêcher la marijuana de tomber entre les mains des enfants et les profits de tomber entre les mains des criminels », a plaidé la ministre. « Bien que ce plan remette en question le statu quo dans plusieurs pays, nous sommes convaincus qu’il s’agit de la meilleure façon pour protéger nos jeunes tout en renforçant la sécurité publique. »

L’annonce de la ministre est survenue le même jour que l’événement annuel « 420 », au cours duquel des milliers de militants ont réclamé la légalisation du cannabis.

Les libéraux promettent depuis trois ans de légaliser la marijuana. Attendre un projet de loi encore un an est beaucoup trop long, de l’avis de Thomas Mulcair. Car d’ici là, des Canadiens continuent d’être arrêtés en possession de marijuana et d’écoper d’un dossier criminel. En 2014, il y a eu 57 314 arrestations pour possession de marijuana au Canada selon le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies.

Le chef du NPD a sommé Justin Trudeau de décriminaliser dès maintenant cette drogue douce, en attendant l’entrée en vigueur de sa future loi. « À la place de tergiverser et de toujours repousser au lendemain, est-ce que M. Trudeau peu au moins pour une fois respecter une de ses promesses et s’assurer de décriminaliser et s’assurer qu’on va promettre d’enlever le dossier criminel de toute personne arrêtée depuis l’élection ? » a réclamé M. Mulcair mercredi.

Le premier ministre a rejeté la demande, aux Communes, arguant que la légalisation était la seule façon de s’assurer que les revenus du trafic de la marijuana n’aboutissent pas entre les mains du crime organisé. « Décriminaliser […] ne fait rien que donner une source de revenus légale à des criminels qui vendent de la drogue. »

Or, ce jour même où Ottawa révélait l’arrivée prochaine de sa loi sur la marijuana, l’Institut C.D. Howe suggérait comme M. Mulcair d’abandonner les accusations contre des individus qui n’en ont reçu aucune autre. Ce qui « épargnerait une part significative de ressources gouvernementales », tranche un rapport publié mercredi par le groupe de recherche de Toronto. Le fédéral devrait en outre « envisager d’octroyer un pardon aux individus qui ont été reconnus coupables de possession illégale », propose l’organisme.

Engrenage

Le chef bloquiste Rhéal Fortin n’est pas du même avis, car une simple décriminalisation dans l’immédiat pourrait comporter « certains pièges ». La marijuana deviendrait accessible dans toutes sortes de situations, à tous les âges, sans réglementation, craint M. Fortin.

Les conservateurs estiment quant à eux que toute mesure venant « banaliser » la marijuana est une erreur. « Quand vous commencez à mettre le doigt dans l’engrenage, c’est le bras au complet qui peut y passer, et le corps au complet. Et là-dessus, le danger est beaucoup trop grand pour qu’on puisse légaliser cela. […] C’est une très mauvaise chose », a réagi le député québécois Gérard Deltell.

3 commentaires
  • René Lefèbvre - Inscrit 21 avril 2016 05 h 37

    O Canabis Sativa

    " Le danger est beaucoup trop grand pour qu'on puisse légaliser cela. C'est une très mauvaise chose" (Gérard Deltel)

    Monsieur Deltel devrait visiter l'unité de désintox d'un hôpital, car il y verrait des patients alcooliques placés dans un coma artificiel à cause des douleurs intolérables du sevrage. Les ravages de l'alcool chez ceux qui en abusent pendant des années sont terribles si on les comparent avec les effets secondaires minimes de la consommation de marijuana. Les véritables ravages de la marijuana sont les dizaines de milliers de jeunes qui vont en prison et qui demeurent sous le coup d'un dossier criminel dû à l'aveuglement et à l'ignorance de gens comme M. Deltel qui considèrent la marijuana plus dangereuse que la prolifération des armes à feu. M. Deltel joue les vierges offensées devant la décriminalisation de l'herbe verte alors que son indignation devrait se porter sur les milliers de vie brisée par l'emprisonnement pour la simple possession. Heureusement, la prohibition achève et M. Deltel pourra faire l'essaie de cette herbe dans la sainte intimité de son salon sans craidre que la police vienne y mettre son nez. La guerre contre la mari n'aura pas lieu, Monsieur Deltel.

  • Louis Gérard Guillotte - Abonné 21 avril 2016 11 h 18

    L'auto-sabotage

    À 13,14 ou 15 ans,à un moment donné,vous entrevoyez la Vie que vous avez devant
    vous et qui vous attend bec et ongles!Cette anticipation donne le vertige et fait peur:
    faire sa place dans cette jungle complexe pour atteindre l'autonomie et l'équilibre
    propres au bonheur ici et maintenant!

    Pour réussir cette ambition,il est essentiel de se construire une personnalité,sa pro-
    pre personnalité!!C'est tout le travail de l'adolescence.Savoir naviguer avec une tête
    bien faite et les conseils aimant des parents et des vrais amis.

    Fumer de l'herbe et consommer des drogues sabote la noble construction de la per-
    sonnalité.Je conseillais à mes nièces d'attendre la fin de leurs études avant d'expéri-
    menter les effluves des "paradis perdus" en ce bas monde.

    Que la loi décriminalisant la simple possession et consommation de marijuanna
    aille dans ce sens:protéger les jeunes cerveaux.
    Qu'elle n'autorise que la culture potagère pour sa propre consommation mais pas
    avant 18 ans bien sonnées.
    Tout comme Pierre-Éliot Trudeau l'aura assurément conseillé à ces jeunes fils.

  • Jeannine I. Delorme - Abonnée 21 avril 2016 16 h 53

    la mari ne se marie pas avec le cerveau des jeunes

    Qui peuvent bien être les auteurs de "La journée de la Marijuana" ? Quelle horreur ! Fête-t-on la journée du Gin ou de la Vodka ? L'absurdité n'a plus de limite. Et maintenant le gouvernement veut la légaliser. Malgré les avertissements des médecins, des psychiatres et de tous ceux qui pensent au bien-être des jeunes, nos dirigeants n'ont de cesse de ramener cela sur le tapis. Sourds et aveugles. ils ne regardent pas ce qu'ils ne veulent pas savoir. Quelle voix pourra donc s'élever assez haut et fort pour enterrer ces ignorants ? Nous en sommes rendus là. Combien de jeunes ont développé des psychoses, des maladies mentales, induites par ce produit ? Trop. Beaucoup trop. Faudra-t-il descendre dans la rue pour alerter le public qui semble passablement indifférent ? Je n'ai pas la réponse.