Des autochtones s’invitent au ministère

Le débat d’urgence aux Communes passé, des manifestants ont entrepris mercredi d’occuper les bureaux torontois d’Affaires autochtones et du Nord Canada. Au-delà des promesses de la classe politique, ils réclament des actions concrètes pour venir en aide à la communauté nord-ontarienne d’Attawapiskat, aux prises avec une vague de suicide sans précédent.

Le jour même, le ministre de la Santé de l’Ontario, le Dr Eric Hoskins, effectuait une tournée de la communauté autochtone afin de constater l’ampleur de la situation, quelques jours après que le conseil de bande y eut déclaré l’état d’urgence. Queen’s Park débloquera immédiatement deux millions de dollars pour aider cette communauté aux prises avec des problèmes de santé mentale, où pas moins d’une trentaine de résidents, pour l’essentiel des jeunes, ont tenté de s’enlever la vie depuis deux mois.

Ces deux millions permettront dès maintenant d’employer 13 personnes, pour une période de 30 jours, « afin de fournir du soutien en santé mentale 24 heures sur 24, sept jours sur sept, ainsi que du soutien clinique infirmier le soir et la nuit », a dit le ministre Hoskins. En tout, quatre travailleurs de soins psychologiques, jusqu’à cinq infirmières, deux agents de sécurité, un agent des communications et un gestionnaire des incidents seront dépêchés sur les lieux.

Insuffisant

Cette annonce ne semblait pas avoir convaincu une vingtaine de manifestants affiliés au mouvement d’affirmation autochtone Idle No More, qui ont commencé à occuper mercredi après-midi des bureaux du ministère fédéral des Affaires autochtones. Ils insistent pour dire qu’ils refuseront de partir tant et aussi longtemps que le gouvernement n’annoncera pas des mesures additionnelles pour venir en aide à la collectivité de 2000 âmes.

« On demande de l’aide immédiate, mais aussi de l’aide à long terme », a déclaré sur les ondes de CBC Radio l’une des occupantes, Sigrid Kneve. Affaires autochtones assure faire tout ce qui est en son pouvoir. « C’est toujours la même rengaine. »

Déjà, le gouvernement Trudeau s’est engagé à prendre des mesures concrètes pour extirper Attawapiskat de la précarité. Selon Santé Canada, près d’une vingtaine de travailleurs de la santé auraient été dépêchés sur les lieux depuis mardi. En plus de s’attaquer aux problèmes immédiats, Ottawa entend s’attaquer à des problèmes à moyen et long termes, afin d’offrir un meilleur accès à un logement adéquat, à l’eau potable, à des services de soutien en éducation, en services sociaux et en aide à l’enfance.

Cinq heures de débat

Mardi soir, les communes avaient tenu un débat d’urgence de près de cinq heures à ce sujet. « Nous avons eu une très bonne session de travail. Tous les partis sont conscients qu’il faut travailler ensemble. L’autre bonne nouvelle, c’est que de nombreux jeunes d’Attawapiskat veulent faire partie de la solution. Ils travaillent avec les travailleurs de la santé de la communauté et ont décidé de former un conseil des jeunes, un groupe d’action », s’est félicitée la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, mercredi.


À voir en vidéo