Dion approuve la vente de blindés à l’Arabie saoudite

Ottawa — Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a approuvé la vente de véhicules blindés légers à l’Arabie saoudite dans le cadre d’un contrat controversé.

Les documents fournis par le bureau de M. Dion indiquent que le ministre a approuvé les exportations de blindés pour 11 milliards de dollars sur les 15 milliards annoncés.

M. Dion a donné son aval après que des responsables gouvernementaux lui eurent affirmé avoir bon espoir de voir l’Arabie saoudite ne pas utiliser ces véhicules blindés légers contre sa propre population, mais plutôt pour défendre les intérêts communs de sécurité des deux pays.

Les documents, fournis par le bureau du ministre à La Presse canadienne, font état des combats en cours contre le groupe État islamique, dans le cadre desquels l’Arabie saoudite est un allié du Canada, des États-Unis et d’une coalition de plusieurs dizaines de pays.

Le précédent gouvernement conservateur avait approuvé le contrat, et les libéraux ont décidé de ne pas le renier, soutenant qu’une annulation aurait mené à des pénalités coûteuses qui auraient nui aux intérêts d’affaires à long terme du Canada.

Des groupes tels qu’Amnistie internationale et Project Ploughshares avaient appelé le gouvernement à annuler l’entente.

M. Dion avait déjà affirmé que le gouvernement examinerait soigneusement à l’avenir toutes les demandes de permis d’exportation à l’Arabie saoudite en ayant en tête le respect du droit international, des droits de la personne et des intérêts nationaux.

Les documents soulignent la controverse ayant entouré l’entente, mais concluent à l’absence de violations qui auraient justifié l’annulation du contrat.

« Le gouvernement entreprend une révision des mesures actuelles de contrôle des exportations — afin de trouver des moyens de rendre le processus plus ouvert, plus transparent et plus responsable », a dit mardi soir le porte-parole de M. Dion, Joe Pickerill.

Les analyses dans les documents — estampillés « secrets » — soulignent aussi le piètre dossier de l’Arabie saoudite en matière de droits de la personne, mais concluent à l’absence de lien concret entre ce bilan et les véhicules blindés légers fabriqués en Ontario.

« Travailler avec les Saoudiens nous permet de leur faire rendre des comptes et de créer des occasions de faire des avancées sur une série d’enjeux, y compris les droits de la personne », a affirmé M. Pickerill.

6 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 12 avril 2016 22 h 13

    Un grand moment difficile

    à vivre, pour monsieur Dion.

  • gaston bergeron - Abonné 12 avril 2016 23 h 06

    De prof. d'université

    ...à vendeur d'armement militaire. Tout un changement de genre!

  • François Dugal - Inscrit 12 avril 2016 23 h 33

    Ouvrons l'œil

    Nous avons fini par nous décider,
    Allons vendre nos blindés.
    À nos amis saoudiens,
    Ils promettent de faire le bien.

    La question était-elle claire?
    Probablement, je l'espère.
    De loin, nous les surveillerons,
    Ouvrons l'œil, et le bon.

  • Gilbert Troutet - Abonné 12 avril 2016 23 h 47

    Pilate n'aurait pas fait mieux

    M. Dion et son gouvernement font preuve d'une éthique à géométrie variable. Vraiment pas beaucoup de colonne vertébrale quand il s'agit d'appliquer le principe du respect des droits de la personne. L'Arabie saoudite a « un piètre dossier en matière de droits humains », reconnaît pourtant Stéphane Dion. Pas grave, c'est un allié. Or, on sait très bien que l'Arabie saoudite alimente l'islamisme radical et fournit des armes aux djihadistes, y compris sans doute ceux de l'État islamique qu'on prétend combattre.

  • Patrick Daganaud - Abonné 13 avril 2016 07 h 49

    Nous sommes de sales marchands d'armes

    Il n'y a pas de bonnes raisons de vendre des armes.

    Avoir bon espoir de voir l’Arabie saoudite ne pas utiliser ces véhicules blindés légers contre sa propre population...

    Avoir bon espoir...

    Que de mensonges dans la diplomatie de Dion!

    Mais M. Pickerill nous rassure : travailler avec les Saoudiens nous permettra de leur faire rendre des comptes.
    Nous saurons combien d'opposants à la dictature sont morts sous le feu des tourelles belges de nos blindés canadiens.