Un congrès déterminant pour Mulcair et le NPD s’ouvre à Edmonton

Le leader néodémocrate fédéral a martelé sur toutes les tribunes depuis la déconvenue de ses troupes qu’il souhaitait demeurer en poste.
Photo: Annik MH de Carufel Archives Le Devoir Le leader néodémocrate fédéral a martelé sur toutes les tribunes depuis la déconvenue de ses troupes qu’il souhaitait demeurer en poste.

Les militants du Nouveau Parti démocratique (NPD) décideront de la direction que doit prendre leur parti – mais aussi de celui qui guidera ses destinées – dans le cadre du congrès qui s’ouvre vendredi à Edmonton.

Le chef Thomas Mulcair, qui a été montré du doigt dans la foulée de la cuisante défaite de son parti aux élections d’octobre dernier, sera fixé sur son sort dimanche, alors que se tiendra le vote de confiance.

Au cours des dernières semaines, le caucus socialiste, d’anciens députés et militants du Québec ainsi que l’aile jeunesse du parti ont effectué des sorties pour réclamer une course à la direction.

Ironiquement, le premier orateur du congrès est le président du Congrès du travail du Canada, Hassan Yussuff, qui a critiqué sans ménagement le leadership de M. Mulcair un peu plus tôt cette semaine.

Le leader néodémocrate fédéral a martelé sur toutes les tribunes depuis la déconvenue de ses troupes qu’il souhaitait demeurer en poste.

Mais « somme toute, c’est aux membres de décider », a-t-il fait remarquer en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne mardi.

« Je ne prends strictement rien pour acquis et je vais continuer à travailler sans relâche jusqu’à dimanche pour avoir le meilleur pourcentage de soutien possible », a insisté Thomas Mulcair.

Les membres du NPD devront se prononcer sur la pertinence d’organiser une course à la direction – le chef doit donc espérer une majorité de « non » s’il veut remporter son pari.

Techniquement, une majorité simple est requise lors du vote de dimanche pour que le NPD déclenche une course à la direction.

Lors du vote de confiance auquel s’était soumis Thomas Mulcair en avril 2013, les militants avaient été 92,3 % à dire « non » à la question de la nécessité d’une course à la direction.

Mais il n’y a pas que la question du leadership à régler.

Les quelque 1500 délégués qui ont convergé vers la capitale albertaine devront auparavant se prononcer sur les orientations qu’ils souhaitent donner à leur parti.

Les résolutions qui seront adoptées au cours du week-end donneront une bonne idée de la suite des choses.

Le libellé de bon nombre d’entre elles évoque la nécessité de redorer le blason progressiste du NPD.

Une circonscription torontoise écrit à ce sujet que « les néodémocrates savent que la voie vers le pouvoir ne s’ouvrira pas en nous éloignant des politiques progressistes » et que « les politiques progressistes constituent le pouls du NPD du Canada ».

Plusieurs résolutions mises de l’avant exhortent en outre le NPD à manifester son appui ou adopter le manifeste Un grand bond vers l’avant, un texte signé entre autres par l’environnementaliste David Suzuki et la militante Naomi Klein, entre autres, qui avait été publié pendant la campagne.

Les néodémocrates devraient aussi rectifier le tir en matière de fiscalité : il est ainsi recommandé que le NPD propose lui aussi d’augmenter les impôts des mieux nantis, une promesse électorale qui avait permis au Parti libéral de séduire la classe moyenne.

Deux circonscriptions recommandent de hausser le taux d’imposition fédéral actuellement en vigueur pour les revenus supérieurs à 200 000 $ (6 %), 500 000 $ (8 %) et un million (10 %).

Des résolutions concernant l’assurance-emploi, la lutte aux changements climatiques, l’abrogation de la loi antiterroriste C-51, une renégociation ou un retrait du Partenariat transpacifique ainsi que l’établissement d’un programme de soins dentaires national pourraient aussi se retrouver sur le plancher au congrès.

La question du contrat de vente de véhicules blindés entre le Canada et l’Arabie saoudite pourrait aussi être discutée à Edmonton au cours de la fin de semaine — la circonscription ontarienne d’Hamilton Mountain demande la résiliation de l’entente d’une valeur de 15 milliards.

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