«Je reflète les valeurs profondes du NPD»

À quelques jours du vote de confiance auquel il doit se soumettre, Thomas Mulcair préfère ne pas chiffrer l’appui qu’il jugerait satisfaisant pour lui permettre de demeurer à la barre du Nouveau Parti démocratique.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir À quelques jours du vote de confiance auquel il doit se soumettre, Thomas Mulcair préfère ne pas chiffrer l’appui qu’il jugerait satisfaisant pour lui permettre de demeurer à la barre du Nouveau Parti démocratique.

À cinq jours d’un test déterminant pour son avenir à la tête du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair courtise le mouvement syndical et fait valoir qu’il incarne les « valeurs profondes » du parti.

Le chef néodémocrate a livré mardi un plaidoyer pour la défense des travailleurs au congrès d’orientation du Syndicat des Métallos, qui représente 180 000 syndiqués au Canada, dont 60 000 au Québec.

Les Métallos font partie des cinq syndicats nationaux qui appuient M. Mulcair en vue du vote de confiance auquel il doit se soumettre dimanche, au congrès du NPD à Edmonton. Par contre, le président du puissant Congrès du travail du Canada, Hassan Yussuff — qui représente 3,3 millions de membres —, a réclamé mardi le départ de Thomas Mulcair, qu’il blâme pour le cuisant échec du parti aux élections d’octobre dernier.

« Je travaille dans le domaine de la justice sociale depuis des années. Je travaille aussi dans le domaine de l’environnement, j’ai été dans le mouvement syndical pendant des années, alors oui, je reflète bien les valeurs profondes du NPD, des valeurs d’entraide, de solidarité, et j’ai un profond désir de réduire les inégalités dans notre société », a affirmé Thomas Mulcair aux journalistes, en marge du congrès des Métallos à Montréal.

Le chef du NPD mène une campagne de tous les instants, depuis quatre mois, dans l’espoir de rester à la tête du parti malgré les résultats décevants de la dernière élection. Le parti a terminé au troisième rang, avec 19,7 % des voix, même s’il partait gagnant au lancement de la campagne électorale, deux mois plus tôt.

L’aile progressiste du parti affirme que le NPD a perdu son âme sous la direction de Thomas Mulcair. Le parti s’est fait doubler à gauche par les libéraux de Justin Trudeau, qui n’ont pas hésité à promettre des déficits pour relancer l’économie, tandis que M. Mulcair s’était engagé à présenter un budget équilibré.

Le député d’Outremont reste le meilleur chef pour le NPD malgré le revers électoral d’octobre dernier, estime Ken Neumann, directeur national des Métallos canadiens. « J’ai une confiance totale dans le leadership de Tom et une confiance totale que le parti a la plateforme la plus progressiste. Il parle au nom des travailleurs, je n’ai aucune hésitation à l’appuyer », a dit M. Neumann aux journalistes.

Dans la salle où des centaines de délégués syndicaux étaient venus applaudir Thomas Mulcair, Doug Wood, un travailleur de Vancouver, hochait la tête. « Le NPD représente mes valeurs. Seul le chef du NPD prend la peine de venir nous parler. Mulcair n’est pas parfait, mais je ne connais personne d’autre que lui qui peut faire la job en ce moment », dit-il au Devoir.

Vote de confiance

La question du niveau d’appui que Thomas Mulcair jugerait satisfaisant, au vote de confiance de dimanche, a continué d’alimenter les discussions de corridor. Dans une entrevue avec La Presse canadienne, le chef du NPD a laissé entendre qu’il serait heureux d’avoir l’appui de 70 % des membres (comme l’a évoqué la présidente du parti, Rebecca Blaikie), mais plus tard dans la journée, il a précisé sa pensée.

« J’ai toujours été très prudent de ne jamais donner de chiffre et ça se comprend. J’entends des chiffres à travers le Canada, tout comme la présidente du parti, mais c’est quelque chose que je vais devoir évaluer avec les membres », a dit Thomas Mulcair.

Cinq organisations syndicales, dont le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), le Syndicat des Métallos et les Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce Canada (TUAC Canada), ont accordé leur soutien à M. Mulcair dans une déclaration publiée la semaine dernière.

Thomas Mulcair fait valoir qu’il dirige le seul parti à défendre les droits des travailleurs. Pour lui, conservateurs et libéraux, c’est du pareil au même. Il a souligné que plus de 850 000 chômeurs n’ont pas droit aux prestations d’assurance-emploi malgré les changements annoncés au régime dans le récent budget du gouvernement Trudeau. Les libéraux ne font rien non plus pour lutter contre les paradis fiscaux malgré l’évasion fiscale à grande échelle révélée par les Panama Papers, a rappelé Thomas Mulcair.

2 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 6 avril 2016 07 h 53

    Le pâle reflet

    "Je reflète les valeurs profondes du NPD" (mais avant, j'étais libéral, et c'est NORMAL)

  • Denis-Émile Giasson - Abonné 6 avril 2016 20 h 07

    Le reflet, oui!

    Depuis l'élimination de la gauche du NPD fédéral, ce parti, qui était jadis pour les libéraux une boite à idées progressistes, est devenu une succursale de ces mêmes libéraux fréquentée par des orphelins politiques et ce, sans beaucoup d'égards pour leur origine idéologique.
    Que les establishments des grands syndicats internationaux, sauf le patron du CTC, le frèquentent, il n'y a pas là à se surpendre. Que le «rank and file» des syndicats semble tiède est tout aussi normal. Le NPD a brulé le capital politique de Jack et manqué sa chance d'accéder au pouvoir à cause de la rigidité de son chef.