Maxime Bernier saute dans l’arène le premier

Maxime Bernier n’a jamais hésité à briser les rangs conservateurs pour défendre ses propres positions. Un franc-jeu qui pourrait toutefois le priver de l’appui de certains députés ou sénateurs québécois.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Maxime Bernier n’a jamais hésité à briser les rangs conservateurs pour défendre ses propres positions. Un franc-jeu qui pourrait toutefois le priver de l’appui de certains députés ou sénateurs québécois.

Le suspense était quasi inexistant. Maxime Bernier y mettra néanmoins un terme en confirmant officiellement cette semaine qu’il sera candidat à la chefferie du Parti conservateur. Si le député beauceron espère être le premier dans l’arène, sa collègue ontarienne Kellie Leitch pourrait lui voler la vedette, ou du moins en partie puisque les deux aspirants-chefs pourraient déposer leur bulletin de candidature ce mercredi.

M. Bernier sera dans la capitale fédérale mercredi et jeudi, passage au cours duquel il prévoit de déposer son dossier de candidature aux bureaux du Parti conservateur (PC). Les candidats à la succession de Stephen Harper doivent, pour se qualifier, fournir 300 signatures provenant de 30 circonscriptions réparties dans au moins sept provinces. Maxime Bernier compterait « beaucoup plus » de signatures, issues de surcroît de dix provinces, selon des informations obtenues par Le Devoir.

L’ancien ministre lancera ensuite officiellement sa campagne à Québec, d’ici « quelques semaines ». Tout cela, en vue d’être un candidat en bonne et due forme juste à temps pour le congrès du Parti conservateur qui se tiendra à Vancouver la dernière fin de semaine de mai.

L’objectif : que Maxime Bernier soit le premier à prendre position sur divers sujets et qu’il force ainsi les autres candidats éventuels à réagir. « Il veut être le leader, celui qui donne le ton », explique une source. À cet égard, il est à prévoir que Maxime Bernier propose des idées qui dévieront de celles défendues jusqu’à présent par le Parti conservateur.

Selon nos informations, la campagne de M. Bernier s’articulera autour de quatre thèmes : la liberté personnelle, la responsabilité individuelle, l’équité (dans les politiques gouvernementales) et le respect (des contribuables, des différences régionales et de la Constitution, c’est-à-dire la non-ingérence fédérale dans les domaines de compétence provinciale). M. Bernier se posera donc en libertarien, mais économique seulement puisque les libertariens purs et durs rejettent toute intervention militaire à l’étranger, ce qui n’est pas le cas du député de Beauce.

Un franc-parler qui a brusqué

Maxime Bernier n’a jamais hésité à briser les rangs conservateurs pour défendre ses propres positions. Un franc-jeu qui pourrait toutefois le priver de l’appui de certains députés ou sénateurs québécois. Car la vedette conservatrice a souvent « pris position pour lui-même, plutôt que pour l’équipe », note-t-on en coulisse. « C’est quelqu’un qui n’hésite pas à casser du sucre sur le dos du Québec si ça peut l’aider dans l’Ouest. »

Il a notamment sommé les gouvernements québécois de cesser de « quémander » auprès du fédéral, arguant dans un discours en 2014 que si le Québec était plus pauvre que d’autres provinces, « c’est à cause de mauvaises politiques économiques qui rendent l’économie du Québec moins productive ». Le mois dernier, invité à présenter la vision qu’il défendrait en tant que candidat à la chefferie conservatrice, il a réitéré son plaidoyer pour le libre marché et la fin des subventions aux entreprises — y compris Bombardier.

Le député Jacques Gourde fera cependant partie de l’équipe de M. Bernier, a appris Le Devoir, tout comme le candidat défait dans Argenteuil, Maxime Hupé-Labelle, qui serait organisateur régional. M. Bernier a pris soin, lors de la dernière campagne électorale, d’aller prêter main-forte à des collègues candidats. Un coup de pouce qui pourrait lui revenir pendant sa propre campagne à la chefferie, a observé une de nos sources conservatrices.

Kellie Leitch prête à se lancer

Selon nos informations, Mme Leitch pourrait elle aussi déposer son bulletin de candidature dès mercredi. Elle ne parle pas français. Aux Communes, elle peine à lire une question écrite dans la langue de Molière. Elle suit présentement des cours de français intensifs à Québec.

M. Bernier et Mme Leitch étaient de passage à Montréal dernièrement, tout comme leur collègue ontarien Tony Clement (bilingue dans son cas). Une stratégie payante, explique un ex-stratège conservateur, car comme le PC ne compte presque pas d’organisation dans la métropole, un candidat peut facilement mettre en place un exécutif qui lui est sympathique et qui aura droit de vote au congrès à la chefferie du parti en 2017. Les règles du PC prévoient que chaque circonscription ait un poids égal, peu importe le nombre de membres que compte celle-ci.

Les anciens ministres Jason Kenney, Peter MacKay et Lisa Raitt sont aussi cités comme des candidats potentiels, de même que l’ex-dragon et homme d’affaires Kevin O’Leary.

5 commentaires
  • Pierre Asselin - Abonné 6 avril 2016 08 h 01

    Go Maxime Go

    Je crois que Maxime et un excellent candidat à la chefferie et comme prochain premier ministre . Comme dans son comté ,dont je suis , je crois qu'avec un peu de jogging , un bon jingle en francais et en anglais , une tournée des salons funéraires et des maisons pour personnel agées et des arénas ,comme il fait si bien , tout çà appliqué à l'échelle canadienne serait une stratégie gagnante
    Go Maxime Go

  • Patrick Daganaud - Abonné 6 avril 2016 08 h 56

    Qui croit-il berner?

    Absence de substance et vacuité intellectuelle au menu?

    Après la dictature évangéliste, celle du vide?

    • Pierre Asselin - Abonné 6 avril 2016 09 h 35

      Berner pas mal de gens , une Bonne partie de la région de Québec a élu des conservateurs du même acabit que Maxime donc il est possible que la grande région de Quëbec désirerait élire un premier ministre bien de chez nous et représentatif de la majorité de la grande région de Québec

  • Gilles Delisle - Inscrit 6 avril 2016 09 h 42

    Pour ceux que cela intéresse!

    On pourra suivre ses activités régulièrement à l'émission de Serge Chapleau, les dimanches soir, à Radio-Canada.

  • Nicole Delisle - Abonné 6 avril 2016 10 h 25

    Aberrant et inquiétant!

    Comment cet homme si vide de contenance peut-il même penser être la personne
    qu'il faut pour être un chef de parti et possiblement premier ministre du Canada?
    Qui peut lui laisser croire cette lubie complètement folle et insensée? Apres les ratés
    en politique de ces dernières années et des déclarations complètement déconnectées
    du débat politique, monsieur pense qu'il a les qualifications essentielles pour ravir ce
    poste. Principe de Peter, est-ce qu'il connaît? Dépasser son seuil de compétence, cela
    ne lui dit rien? Un libertarien qui ne réalise pas que la défaite de son parti est justement ce que la population a rejetée. Lui, il en fait le credo de son programme
    politique. Il est dans le déni le plus total. C'en est navrant, pour ne pas dire totalement inconvenant!