Les militants demandent le retour aux sources du NPD

Thomas Mulcair s'adresse au caucus néodémocrate lors d'une retraite partisane à Montebello, le 19 janvier 2016.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Thomas Mulcair s'adresse au caucus néodémocrate lors d'une retraite partisane à Montebello, le 19 janvier 2016.

Les résultats électoraux décevants du NPD poussent les militants à demander des comptes aux dirigeants de leur formation… et à proposer un coup de barre à gauche. Les membres néodémocrates chantent les vertus des impôts et demandent que les futures plateformes électorales respectent davantage leur volonté.

Une des résolutions devant être débattues au congrès du NPD cette semaine pose ainsi en préambule que « la plateforme électorale précédente du parti ne reflétait pas entièrement la politique du NPD adoptée par les membres ». Elle suggère donc que les responsables de l’élaboration de la plateforme, « à toutes les futures élections, veillent à ce que la plateforme de notre parti reflète entièrement, et ne contredise d’aucune façon, la politique démocratiquement établie par le parti ».

La résolution émane de Parkdale-High Park, la circonscription torontoise où la députée sortante Peggy Nash a mordu la poussière en octobre. Au provincial, elle est représentée par Cheri DiNovo, qui a publiquement demandé le départ de Thomas Mulcair. Le président de l’association, Tom Parkin, explique au Devoir qu’il ne faut pas y lire un désaveu du chef, au contraire. Celui qui l’a proposée, assure-t-il, est un fervent partisan de Thomas Mulcair.

Il s’agit plutôt de revenir aux sources d’un parti qui travaille en collégialité avec ses militants. « Depuis quelque temps, on a remarqué que le processus d’élaboration de la plateforme était devenu l’affaire d’une petite élite », explique M. Parkin.

Ce désir de revenir aux sources du NPD se trouve au coeur d’autres résolutions, dont une seconde émanant de la même circonscription. Elle stipule que « les politiques progressistes constituent le pouls du NPD », que « la voie vers le pouvoir ne s’ouvrira pas en nous éloignant des politiques progressistes » et qu’en conséquence, les campagnes néodémocrates doivent être campées « dans la progressivité ». Une autre résolution de Parkdale-High Park propose de contester le « mythe […] selon lequel les Canadiens sont surtaxés » et de mener une étude sur « les dommages causés aux services publics par les réductions de la TPS ». L’idée, assure M. Parkin, n’est pas de proposer spécifiquement une hausse de la TPS, mais de réhabiliter en général les impôts comme outil pour fournir des services publics plus étoffés.

À gauche toute !

Le cahier de résolutions du NPD en vue du congrès regorge d’ailleurs de propositions nettement campées à gauche. Au moins deux circonscriptions proposent de hausser les taux d’imposition pour les revenus dépassant 200 000 $ (+6 %), 500 000 $ (+8 %) ou un million (+10 %), des augmentations qui porteraient le taux d’imposition combiné, au Québec, à près de 65 %. Les jeunes néodémocrates du Québec proposent quant à eux d’instaurer un impôt sur les héritages au nom de « l’égalité des chances et du mérite ».

Plusieurs circonscriptions d’Ontario et de Colombie-Britannique demandent l’instauration d’un régime d’assurance dentaire national pour tous. Une quinzaine de résolutions visent à mettre en place une forme ou une autre de revenu minimum garanti. L’établissement d’un salaire minimum fédéral à 15 $ de l’heure est demandé par plusieurs, mais la circonscription ontarienne d’Etobicoke-Nord vise plutôt un taux horaire de 20 $. L’aile québécoise du parti milite aussi pour l’octroi aux travailleurs oeuvrant dans des secteurs fédéraux (télécommunications, aérospatial, banques, etc.) d’une troisième semaine de vacances payées.

Vive le Sénat ?

Une résolution qui risque de faire jaser porte sur la position officielle du NPD envers le Sénat. Des militants de Nouvelle-Écosse prennent acte du fait que « la politique prônant l’abolition du Sénat n’est tout simplement pas réaliste étant donné que cette abolition nécessite l’adoption d’une modification constitutionnelle par 10 législatures provinciales ». Les militants proposent donc de mettre sur pied un comité pour développer une nouvelle position. Ce manque de réalisme était d’ailleurs évoqué par le chef libéral Justin Trudeau en campagne électorale pour dénoncer la position de M. Mulcair sur le Sénat.

3 commentaires
  • Clermont Domingue - Abonné 6 avril 2016 10 h 05

    Gauche droite

    Le NPD peut-il revenir aux source avec un chef conservateur?

  • René Lefèbvre - Inscrit 6 avril 2016 12 h 38

    L'audace et la peur

    Dirait-on que M. Mulcair a manqué d'audace lors des dernières élection ? Oui, je le dis. D'une façon générale, M. Mulcair est resté dans le flou pour tout. En voulant plaire à tout le monde, il a rassuré les pétrolières et les forestières qu'elles passeraient avant la protection de l'environnement. Son message trop bref et trop superficiel en environnement manque de maturité et son large sourire à profusion sur ses publicités ne peut constituer un argument en réponse aux destructions alarmantes occasionnées par des industries polluantes telles que les pétrolières, les forestières et les pêcheries industrielles massives qui détruisent les sites naturels les habitats animaliers et polluent l'air que l'on respire et l'eau que l'on boit comme si ces ressources vitales pour tout le monde leur appartenaient en propre.

  • - Inscrit 6 avril 2016 16 h 18

    Au Québec ...

    ... revenir aux source, c'est revenir à Philip Edmunston. Pas réjouissant n'est-ce pas ?