La campagne du NPD doit avoir une stratégie propre au Québec, conclut un rapport

Thomas Mulcair, le chef néodémocrate lors de la plus récente campagne électorale fédérale.
Photo: Jacque Nadeau Le Devoir Thomas Mulcair, le chef néodémocrate lors de la plus récente campagne électorale fédérale.

La prochaine stratégie électorale des néodémocrates devra contenir un volet fait sur mesure pour le Québec, en tenant compte de son caractère distinct.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) devra aussi s’affairer à rajeunir le parti, miser sur des publicités efficaces et prévenir le taux de roulement élevé au sein de ses instances.

Voilà quelques-unes des conclusions du groupe de travail fondé dans la foulée de la débâcle électorale d’octobre dernier, qui rend public son rapport final jeudi.

Mené par la présidente sortante du parti Rebecca Blaikie, le groupe a sillonné le pays, interrogé les directeurs de campagne locaux et sondé les membres dans l’espoir de tirer des conclusions pour faire mieux à l’avenir.

Il n’existe pas « une seule cause à l’échec » vécu par les néodémocrates au mois d’octobre dernier, mais une multitude de facteurs qui leur ont fait perdre le coeur des électeurs, conclut le rapport.

Niqab controversé

Parmi ces facteurs, un constat majeur : le NPD n’était pas prêt à faire face à la controverse suscitée par le port du niqab aux cérémonies de citoyenneté.

« Même si nos membres sont fiers de nos positions de principe, plusieurs d’entre eux se demandent pourquoi la campagne n’était pas préparée à l’intensité du débat et pourquoi elle n’avait pas de plan pour ramener la couverture médiatique sur notre offre pour les Canadiens », peut-on lire dans le rapport.

L’enjeu du niqab a été un point marquant de la dernière campagne électorale. Le chef néodémocrate Thomas Mulcair avait pourtant une position très similaire à celle des libéraux, répétant que l’État ne devait pas dicter aux femmes comment s’habiller. C’est toutefois lui qui a perdu des plumes dans les sondages quand le sujet a été amené sur le tapis.

« C’était un enjeu qui était fortement émotif et on a réagi de manière extrêmement rationnelle et légaliste », a indiqué en entrevue le lieutenant québécois de M. Mulcair, Alexandre Boulerice.

Approche particulière

Autre conclusion : le parti n’avait pas d’offre destinée précisément au Québec. « Dans ce contexte, les organisateurs au Québec ont eu de la difficulté à conserver les sièges que nous avions gagnés en 2011 », écrit le groupe de travail.

Du nombre historique de 59 députés en 2011, le caucus québécois du NPD est passé à seulement 16 en 2015.

Selon M. Boulerice, l’une des idées phares de la plateforme de 2015 — l’accès à des garderies abordable partout au pays — n’avait pas vraiment de « résonance » au Québec, qui dispose déjà du réseau des centres de la petite enfance (CPE). La prochaine fois, il faudra un programme qui reflète « la reconnaissance de la nation québécoise » et le communiquer efficacement aux Québécois.

« Je pense qu’on a misé sur le fait qu’on avait une cinquantaine de députés et qu’il y avait beaucoup de travail de terrain qui s’était fait pendant les quatre années précédentes, et on n’a peut-être pas poussé assez les enjeux qui concernaient directement le Québec », a-t-il fait valoir.

Promesses prudentes

Le groupe de travail note par ailleurs que la campagne néodémocrate n’était pas « en phase avec le désir des Canadiens de rompre radicalement avec les années Harper », alors que la promesse d’un budget équilibré « a contribué à nous dépeindre comme le changement prudent ».

De plus, elle manquait de « discours fort et clair », les commentaires des directeurs des campagnes locales qui constataient les difficultés sur le terrain n’étaient pas entendus, les publicités étaient faibles et peu visibles.

Le groupe propose de planifier la prochaine campagne dès maintenant. Il souhaite entre autres que les postes clés au sein de la campagne soient pourvus au minimum deux ans avant les prochaines élections.

Le document n’évoque à aucun endroit les compétences du chef. En fait, le nom de Thomas Mulcair n’est pas mentionné une seule fois. Celui-ci fera face à un vote de confiance lors du congrès de son parti à Edmonton, la semaine prochaine. Il a toujours refusé de dire quel score il jugerait satisfaisant, mais Mme Blaikie a déjà évoqué le seuil de 70 % comme taux raisonnable.

Près de 23 000 personnes ont répondu à un sondage en ligne et 21 000 ont participé à des conférences téléphoniques pour donner leur point de vue dans l’élaboration du rapport de suivi électoral.

4 commentaires
  • Guy O'Bomsawin - Abonné 31 mars 2016 19 h 17

    Poudre de perlimpinpin

    Incroyable qu'après tant de décennies à nous faire berner de pareille façon par des fédéralistes québécois toujours perdants par le nombre à Ottawa, on tente encore de faire croire aux non-politisés ou fanatiques d'un pouvoir illusoire que nous ferons des gains à la Chambre des Communes sous le prétexte combien fallacieux qu'un parti canadien pourrait former un gouvernement équitable à notre égard.

  • Bernard Morin - Abonné 31 mars 2016 19 h 54

    Un programme qui reflète "la reconnaissance de la société québécoise"? Cherchez l'erreur!

  • François Dugal - Inscrit 31 mars 2016 22 h 52

    Fédéraliste?

    Si le NDP/NPD reconnaît que le Québec est une société distincte, alors, ce parti n'est pas véritablement fédéraliste.

  • - Inscrit 1 avril 2016 07 h 53

    Une orangeade authentiquement canadian !

    Quand il s'agit de faire des gains électoraux (et c'est la même chose pour vendre des croustilles) on reconnait que le Québec est un marché spécifique. Mais quand l'évidence tombe dans le domaine constitutioinnel, là, le Québec devient une province comme les autres !