Québec critique l’ingérence d’Ottawa

Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre responsable des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier

Québec désapprouve la volonté d’Ottawa d’envoyer directement aux municipalités, sans passer par lui, l’argent fédéral consacré aux infrastructures qui n’a pas encore été déboursé. Ce sont 109 millions de dollars qui pourraient ainsi échapper au gouvernement provincial.

« On a toujours plaidé pour que les relations avec le monde municipal se fassent via le gouvernement provincial »,a indiqué le ministre responsable des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier. « Nous avons la responsabilité [de] gérer l’occupation du territoire. On a plus de 1000 municipalités au Québec. S’il fallait qu’Ottawa, une capitale à distance du territoire québécois et sans responsabilité à l’égard de l’occupation du territoire, commence à faire le choix des projets qui peuvent émerger d’un endroit ou dans un autre, il y [aurait] un risque. »

Fermer les livres

Dans son budget de cette semaine, le gouvernement de Justin Trudeau a décidé qu’il « fermait » les livres du premier programme d’infrastructures du précédent gouvernement. Toutes les sommes non affectées à un projet en date du 31 mars prochain seront versées non pas aux provinces, mais aux municipalités par le truchement du Fonds de la taxe sur l’essence.

Le gouvernement conservateur avait lancé ce premier Fonds Chantiers Canada en 2007, d’une valeur totale de 8,8 milliards de dollars. Neuf ans plus tard, il reste encore 731 millions, dont 109 millions sont réservés pour le Québec. Ce sont ces montants qu’Ottawa veut décaisser d’ici une semaine. (Contrairement à ce que nous écrivions dans l’édition de mercredi, le Nouveau Fonds Chantiers Canada, mis sur pied en 2014 et dont la part québécoise s’élève à 1,8 milliard sur 10 ans, n’est pas touché par ce transfert municipal à venir. La similitude du nom des programmes est à l’origine de la confusion.)

À Ottawa, on montre qu’on a bon espoir que le transfert aux municipalités ne soit pas inéluctable et que les choses puissent débloquer d’ici une semaine. « Nous avons été en discussions avec le Québec au sujet de ces fonds et nous espérons pouvoir annoncer des projets bientôt », indique Kate Monfette, la directrice des communications du ministre de l’Infrastructure et des Collectivités. À Québec, le président du Conseil du trésor, Sam Hamad, a confirmé que des discussions entre fonctionnaires avaient eu lieu pas plus tard que vendredi dernier. « On attend les réponses. »


L’UMQ se réjouit

Du côté de l’Union des municipalités du Québec, on se réjouit au contraire à la perspective de voir ces 109 millions atterrir dans le Fonds de la taxe sur l’essence. Ce Fonds, note-t-on, permet de financer des projets municipaux, alors que l’argent dirigé d’abord vers Québec a tendance à être destiné à des infrastructures provinciales (routes, parcs, etc.). « Ce serait une bonne nouvelle pour nous que l’argent soit envoyé aux municipalités, indique le porte-parole Patrick Lemieux. Nous avons des projets prêts d’une valeur de 14 milliards de dollars dans les différentes villes du Québec. »

7 commentaires

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  • Bernard Plante - Abonné 24 mars 2016 08 h 04

    Tiens, tiens!

    Des fédéralistes qui se plaignent de l'ingérence du fédéral. Bravo les champions.

  • Bernard Terreault - Abonné 24 mars 2016 08 h 43

    Question existentielle autant que constitutionnelle

    Quel gouvernement doit contrôler le patronage et l'attribution des contrats entre entrepreneurs?

  • Bernard Terreault - Abonné 24 mars 2016 08 h 43

    Question existentielle autant que constitutionnelle

    Quel gouvernement doit contrôler le patronage et l'attribution des contrats entre entrepreneurs?

  • Louise Gagnon - Inscrite 24 mars 2016 10 h 35

    Un vent de fraicheur souffle sur un nouveau monde.

    Bravo l'équipe qui veut nous sortir du gouffre des malfaisants.
    J'ai hâte de les voirs tous disparaitre de notre décor.
    Exit les anciennes façons de faire, bienvenu aux nouvelles.

  • Sylvain Rivest - Inscrit 24 mars 2016 11 h 18

    Le Québec sous tutelle

    La province est sous l’emprise d’une organisation de malfrat.
    Comment peut-on leur faire confiance?