Plus d’argent, mais pour une classe moyenne sélecte

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’aide libérale aux familles avec enfants représente une enveloppe de 5,4 milliards par année.

Justin Trudeau a fait campagne en courtisant la classe moyenne. L’un des gros morceaux de son premier budget s’adresse donc à elle, ou à tout le moins à celle qui a des enfants. Son Allocation canadienne pour enfants (ACE) sera mise en oeuvre dès cet été, une prestation plus généreuse que la PUGE conservatrice. Mais pas pour les moins nantis.

L’aide libérale aux familles avec enfants représente une enveloppe de 5,4 milliards par année.

L’ACE octroiera un montant maximal de 6400 $ par enfant de moins de 6 ans, et de 5400 $ par jeune de 6 à 17 ans. Les familles au revenu net de moins de 30 000 $ toucheront ces prestations maximales. Les montants diminuent à mesure que le revenu familial augmente — et disparaissent pour les familles touchant plus de 200 000 $.

Le gouvernement libéral note que toutes les familles qui touchent moins de 150 000 $ seront gagnantes. Mais ce sont celles dont le revenu familial net est de 50 000 $, avec un enfant de moins de six ans, qui bénéficieront du gain le plus copieux — 2100 $ de plus par an —, ont expliqué les fonctionnaires mardi.

La prestation universelle pour la garde d’enfants du précédent gouvernement conservateur offrait 1600 $ par enfant de moins de 6 ans, et 1200 $ par jeune de 6 à 17 ans. Un montant qui était toutefois le même pour tous, que la famille ait un revenu familial de 30 000 $ ou de 200 000 $.

Le gouvernement Trudeau a en outre allégé en janvier le fardeau fiscal de cette même classe moyenne — au revenu individuel de 45 000 $ à 90 000 $ —, pour augmenter les impôts pour les revenus de plus de 200 000 $. Le NPD lui avait reproché d’oublier les plus pauvres du pays. Les libéraux ont rétorqué que leur allocation pour enfants leur viendrait en aide. Or, il appert que les craintes du NPD s’avèrent confirmées par le budget.

Le gouvernement Trudeau vante néanmoins son changement, qui permettra selon eux que 300 000 enfants de moins vivent dans la pauvreté cette année.

Les libéraux éliminent par ailleurs le fractionnement du revenu pour les couples avec enfants, de même que les crédits d’impôt pour les activités physiques et artistiques des enfants.

Enfin, Justin Trudeau ne promettait peut-être pas en campagne électorale des places en garderie à 15 $ par jour, comme Thomas Mulcair, mais il prévoit néanmoins de consacrer 500 millions l’an prochain « pour appuyer l’établissement d’un cadre national pour l’apprentissage et la garde de jeunes enfants » — dont 100 millions pour les bambins autochtones. Le plan d’Ottawa viendra répondre aux « besoins des familles canadiennes, peu importe où elles habitent », indique le budget.


Du répit pour les aînés les plus pauvres

Les aînés continueront de toucher leur Supplément de revenu garanti dès l’âge de 65 ans, plutôt qu’à 67 ans comme le voulaient les conservateurs. Les plus démunis qui vivent seuls auront aussi droit à un petit supplément de la part du gouvernement Trudeau. Les libéraux ajoutent une prime au Supplément de revenu garanti pouvant atteindre 947 $ par année. Mais seuls les aînés dont le revenu annuel est de 4600 $ ou moins par année auront droit à la totalité de cette somme additionnelle. À compter d’un revenu annuel de 8400 $, la prime sera éliminée. Néanmoins, cet investissement de 670 millions par année permettra d’améliorer la sécurité financière de quelque 900 000 aînés vivants seuls et dans la pauvreté, selon le document budgétaire.

6400 $
Montant maximal par enfant de moins de six ans selon les termes de l’ACE.
3 commentaires

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  • Clermont Domingue - Abonné 23 mars 2016 09 h 33

    Bravo Justin.

    Le nouveau gouvernement a compris que la consommation est le moteur de l'économie.Il met donc de l'argent dans les poches des gens.
    Pour ceux qui s'inquiètent de la dette, allez donc voir ce qu'ont fait les Américains pour sortir de la crise de 2008.Les QE ça vous dit quelque chose?

    • Jean-Yves Arès - Abonné 23 mars 2016 12 h 58

      Ici c'est comme si les banques étaient passé dans les maternelles et écoles primaires pour faire signé des cartes de crédits aux enfants ...

      Et encore, les banques prennent en général avec des pincettes votre enrichissement hypothétique future pour établir votre solvabilité. Pas le gouvernement qui lui s'achete de la popularité aujourd'hui avec les impôts de la prochaine génération.

    • Clermont Domingue - Abonné 23 mars 2016 14 h 24

      Monsieur Arès, je vous donnerais raison si je n'avais pas vu changer la réalité dans laquelle nous évoluons. Le numérique a tout chambardé.Dette,hypothétique enrichissement et solvabilité sont des concepts en pleine mutation.Mes petits- enfants et mes arrières-petits-enfants sauront s'adapter mieux que nous aux nouvelles réalités de l'ère numérique.