De l’argent pour les enfants

Au printemps 2015, bien avant que la campagne électorale ne démarre, Justin Trudeau avait promis d’être un premier ministre Robin des Bois. Il augmenterait l’impôt sur les revenus de plus de 200 000 $ pour abaisser celui s’appliquant aux revenus compris entre 45 000$ et 89 000$. La promesse a déjà été remplie, mais les critiques, incluant le NPD de Thomas Mulcair, ont fait valoir qu’il aurait mieux valu réduire les impôts des gagne-petit. Les libéraux ont répondu que ces gens (pour peu qu’ils aient des enfants) seraient compensés autrement, par une réforme des allocations versées aux familles. C’est cette réforme qui est tant attendue dans le budget qui sera déposé mardi.

Les libéraux entendent abolir les trois allocations fédérales actuelles, notamment la PUGE bonifiée par les conservateurs à le veille de l’élection. Elles seront remplacées par une seule Allocation canadienne aux enfants (ACE). L’ACE prendra, comme la PUGE, la forme d’un chèque mensuel. Mais contrairement à la PUGE instaurée par les conservateurs, elle sera non imposable. Les contribuables n’auront pas à mettre de l’argent de côté en vue de la facture fiscale de fin d’année.

La plateforme libérale prévoit que le montant annuel maximal de l’ACE sera de 6400 $ par enfant de moins de six ans et de 5400 $ pour les enfants de six à 17 ans. Contrairement à la PUGE qui était fixe, ce montant diminuera progressivement à mesure que le salaire combiné des parents augmente. À 200 000 $ ou plus, les familles ne toucheront plus rien.

Toutes les familles avec un revenu combiné de 150 000 $ ou moins auront au final plus d’argent en poche qu’avec les prestations conservatrices, avaient calculé les libéraux. Par exemple, une famille de deux enfants gagnant un revenu combiné de 90 000 $ touchera 5875 $ par rapport à 3300 $ avec le plan conservateur. Mais au contraire, cette même famille qui gagnerait 200 000 $ recevrait 1950 $ de plus avec le plan conservateur.

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