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C’est LE gros morceau attendu du premier budget du ministre des Finances, Bill Morneau : le programme d’investissement dans les infrastructures. Les libéraux se sont engagés à presque doubler les montants alloués par le précédent gouvernement en y ajoutant 60 milliards de dollars en 10 ans. Pour la première année, la réinjection devrait être de 5,1 milliards, divisés à parts égales entre le transport collectif, les infrastructures sociales (garderies, logement social) et les infrastructures vertes.

Les municipalités attendent avec impatience de connaître les modalités de partage de la facture entre elles et les gouvernements fédéral et provincial. En règle générale, Ottawa exige que chaque ordre de gouvernement assume le tiers de la facture d’un projet donné. Mais les villes ont plaidé le mois dernier qu’elles ne seraient pas capables d’égaler ces investissements massifs fédéraux. Elles ont suggéré qu’Ottawa assume la moitié des coûts des projets retenus. Le maire de Montréal, Denis Coderre, estime de plus que la part assumée par Québec devrait aussi être plus élevée que celle des municipalités. Le Bloc québécois propose qu’Ottawa assume la moitié des coûts, que les provinces en assument le tiers et les villes, le sixième.

Les municipalités s’inquiètent par ailleurs du choix des projets qui seront financés. Le maire de Calgary, Naheed Nenshi, a dit espérer qu’Ottawa imposera aux provinces — qui seront les réceptrices des fonds — des conditions à son financement. Il estime que c’est la seule façon de s’assurer que l’argent ne sera pas seulement consacré à des projets d’envergure provinciale comme la construction d’autoroutes.

À cet égard, Justin Trudeau a promis que l’argent budgété pour une année donnée sera dépensé cette année-là, à défaut de quoi il sera versé directement aux municipalités par le truchement du Fonds de la taxe sur l’essence. Les retards habituels dans le choix des projets par les provinces pourraient donc bénéficier aux villes.

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