Sept nouveaux sénateurs, dont deux Québécois

L’athlète paralympique Chantal Petitclerc et le journaliste André Pratte figurent parmi les sept personnes sélectionnées par Justin Trudeau pour siéger au Sénat.

Il s’agit de la première cuvée de sénateurs indépendants que recommande le premier ministre du Canada, ce qui permettra de combler une partie des sièges laissés vacants par son prédécesseur.

Trois Ontariens – Peter Harder, Frances Lankin et Ratna Omidvar – et deux Manitobains – Murray Sinclair et Raymonde Gagné – complètent la liste de candidats dévoilée vendredi.

« Les nominations au Sénat que j’ai annoncées aujourd’hui aideront à atteindre l’objectif important de transformer le Sénat en une institution moins partisane et plus indépendante », a déclaré le premier ministre Trudeau par voie de communiqué.

Malgré sa nomination, Chantal Petitclerc conservera son rôle de chef de mission pour la délégation canadienne aux Jeux paralympiques de Rio 2016, a-t-on confirmé vendredi au Comité paralympique canadien.

Au cours de sa carrière, l’athlète a participé à cinq Jeux paralympiques dans les courses en fauteuil roulant – Barcelone, Atlanta, Sydney, Athènes et Beijing –, gagnant 21 médailles, dont 14 d’or.

L’autre Québécois qui prendra le chemin d’Ottawa, André Pratte, a travaillé 37 ans comme journaliste, dont 14 comme éditorialiste en chef au quotidien La Presse.

Il se réjouit d’arriver « dans une période de renouvellement » qui s’est amorcée avec les promesses libérales de réformer l’institution.

« Je pense que la présence d’un grand nombre de sénateurs indépendants va changer complètement la dynamique au sein du Sénat », a affirmé M. Pratte en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

« Je trouve que ça risque de donner une couleur complètement différente au processus législatif », a ajouté celui qui dit espérer « atteindre les standards » qu’il a lui-même imposés aux politiciens pendant sa carrière.

C’est M. Harder, un haut fonctionnaire de carrière, qui représentera le gouvernement au Sénat. Dans cette chambre haute que le gouvernement libéral espère non partisane, il aura le mandat de présenter les projets de loi. Il siégera également comme indépendant.

Les six autres sénateurs n’auront aucun lien officiel avec le gouvernement Trudeau, préservant ainsi leur indépendance.

Les sept candidats retenus par le premier ministre figuraient sur une liste de 25 personnes dressée par un Comité consultatif qui a été mis sur pied en décembre par les libéraux dans leur volonté de rendre le processus de nomination plus transparent.

Manque de transparence ?

Pour le député conservateur Gérard Deltell, cette nouvelle façon de faire n’a rien de transparent, et elle demeure partisane.

« Ce n’était qu’un show de boucane pour finalement aboutir à la même situation, c’est-à-dire que le premier ministre nomme les gens qu’il veut bien nommer », a-t-il dénoncé en entrevue téléphonique.

S’il a assuré n’avoir « rien à dire contre [ces] gens », de « grands Canadiens », le député de Louis-Saint-Laurent a néanmoins reproché aux libéraux de « nommer des amis du parti dans des postes clés », faisant référence à la sélection de Peter Harder.

« Le représentant du gouvernement au Sénat, c’est celui qui a dirigé le comité de transition pour le gouvernement libéral, a-t-il souligné. Donc le grand principe de la neutralité, c’était rien du tout. »

À l’instar de son collègue conservateur, le député néo-démocrate Nathan Cullen considère que le processus « a eu lieu comme toujours dans le secret et sans reddition de comptes ».

Et par ailleurs, « ces nouveaux sénateurs ne font pas du Sénat une institution plus démocratique ou légitime », a plaidé dans une déclaration écrite l’élu, dont le parti prône l’abolition de la chambre haute.

Le Bloc québécois s’est quant à lui vigoureusement et directement attaqué à la nomination du journaliste de La Presse, « fier défenseur des libéraux dont la réputation n’est plus à faire au Québec », a critiqué le chef intérimaire de la formation, Rhéal Fortin.

« M. Trudeau prend les Québécois pour des valises en qualifiant ce choix de non partisan », a-t-il reproché dans un communiqué.

Les personnes qui ont été retenues par Justin Trudeau se joindront à la chambre haute une fois que le gouverneur général David Johnston aura approuvé leur nomination.

17 sièges vacants

Ces nominations font passer à 17 le nombre de sièges vacants au Sénat, sur un total de 105. Les sénateurs conservateurs y sont toujours majoritaires, avec 42 représentants.

Les sénateurs libéraux indépendants, qui avaient été expulsés du caucus libéral par M. Trudeau en 2014, occupent 26 banquettes. Les 13 autres sénateurs sont indépendants.

L’ancien premier ministre conservateur Stephen Harper avait cessé de nommer des sénateurs en 2013, après que la chambre haute eut été secouée par un scandale des dépenses — un scandale qui fait encore couler de l’encre et qui reviendra dans l’actualité pas plus tard que lundi prochain.

L’ex-juge de la Cour suprême Ian Binnie doit présenter ce jour-là son rapport sur les 13 sénateurs qui avaient décidé de porter leur cause en arbitrage, mécanisme exceptionnel dont M. Binnie était en charge. Ceux qui y seront blâmés devront remettre les sommes dues.
15 commentaires
  • - Inscrit 18 mars 2016 09 h 17

    Surpris, pas surpris.

    Pour André Pratte, tout le monde comprend.
    Pour Chantal Petitclerc, je comprends moins, mais ça viendra je suppose. Alors qu'elle profite de cette sinécure, elle le mérite autant que tout autre de toute façon.

    • robert devault - Inscrit 18 mars 2016 17 h 21

      André pratte,ayoille !!!
      Est-il d'allégeance plq,selon-vous ?
      Pitoyable et minable,monsieur Trudeau !

  • Marc Bouchard-Marquis - Inscrit 18 mars 2016 09 h 21

    Tien tien...

    Et bien, est-ce que PaulPaul Desmarais junior aurait téléphoné à mini-Pet, pour que son bon soldat Pratte, obtienne son nénanne pour service rendu?

  • Gilles Théberge - Abonné 18 mars 2016 09 h 40

    Pratte!

    C'est ça que Trudeau appelle des "non engagé" ou des neutres...

    Mon œil.

  • Tristan Roy - Abonné 18 mars 2016 10 h 23

    Reconnaissance

    André Pratt enfin récompensé pour ses bons offices! Le Grand Défenseur du fédéralisme canadien est enfin sacré. La famille Desmarais pèse lourd, il n'y a pas à dire. Gageons que même comme "indépendant" il continueras à ferrailler en toute libéralité au service de notre jeune prince...

  • François Dugal - Inscrit 18 mars 2016 10 h 54

    Le profil

    Monsieur André Pratte a le profil idéal pour devenir sénateu, non d'une pipe.