Justin Trudeau vante la candidature canadienne

Le premier ministre Justin Trudeau a rencontré le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Il était accompagné de la ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, et du ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau a rencontré le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Il était accompagné de la ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, et du ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion.

Justin Trudeau a confirmé mercredi que son gouvernement briguera un nouveau siège au Conseil de sécurité des Nations unies, pour un mandat en 2021-2022. Mais le vote étant prévu en 2020, si M. Trudeau veut que ce soit sous sa gouverne que le Canada renoue avec ce centre névralgique de l’ONU, il devra d’abord remporter sa propre élection fédérale en 2019.

Accueilli comme une vedette par des employés et des diplomates dans l’entrée de l’enceinte onusienne mercredi matin, Justin Trudeau n’a pas perdu de temps pour présenter ses arguments de vente à la communauté internationale. Au cours des derniers mois, le Canada a fait preuve de leadership en accueillant des milliers de réfugiés syriens, en offrant de l’aide humanitaire aux Syriens et de la formation aux Irakiens qui combattent le groupe armé État islamique, de même qu’en se mettant au travail pour s’attaquer aux changements climatiques, a plaidé le premier ministre canadien.

Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Justin Trudeau a présenté ses arguments de vente à la communauté internationale mercredi, à New York, dans l’espoir d’obtenir un nouveau siège au Conseil de sécurité des Nations unies en 2021.

« Le Canada est à nouveau prêt à s’asseoir au Conseil de sécurité de l’ONU. […] Il est temps pour le Canada de fournir sa part d’efforts. » Notamment, a fait valoir M. Trudeau, en renouvelant « le rôle historique du Canada comme contributeur clé aux missions de paix des Nations unies, de même qu’en aidant à faire progresser les efforts de réforme ».

Le Conseil de sécurité de l’ONU compte cinq membres permanents et dix membres temporaires qui, par rotation, obtiennent des mandats de deux ans. Sur ces dix postes temporaires, seuls deux peuvent être occupés par des pays de la zone géographique « Europe occidentale » — dont font aussi partie le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Ottawa se disputera le mandat de deux ans avec l’Irlande et la Norvège. Le micro-État de Saint-Marin, qui se trouve enclavé dans l’Italie, s’est retiré de la course à la suite à l’annonce du Canada mercredi.

Le groupe occidental est cependant le plus compétitif au sein de l’ONU, et le Canada fera face à une dure bataille, particulièrement en Europe, selon Paul Heinbecker, qui a été ambassadeur du Canada aux Nations unies lors du dernier mandat d’Ottawa au Conseil de sécurité. « Il y a la question — ou pas — de la solidarité de l’Union européenne. Nous avons été en mesure de diviser les Européens en 1999, mais il ne m’apparaît pas évident qu’il est possible de le faire à nouveau », a prévenu cet ancien diplomate, en entrevue à La Presse canadienne.

M. Heinbecker était du dernier mandat du Canada au Conseil de sécurité de l’ONU, en 1999-2000. La tentative suivante d’y décrocher un siège temporaire, en 2010, s’était soldée par un échec lorsque la candidature du gouvernement de Stephen Harper a été boudée par les 190 membres de l’Assemblée générale des Nations unies. Traditionnellement, le Canada sollicite un siège tous les dix ans.

Le Canada, féministe

Le gouvernement Trudeau tentera en outre de se faire élire à la Commission de la condition de la femme de l’ONU — qui oeuvre à la promotion de l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes dans le monde — pour un mandat de 2017 à 2021.

Le premier ministre a profité de son passage aux Nations unies pour participer à une discussion sur l’égalité hommes-femmes. L’assemblée a salué sa décision de nommer un Conseil des ministres paritaire. M. Trudeau a d’ailleurs reçu un prix en soirée de la part d’un organisme sans but lucratif, Catalyst, honorant son « leadership en matière de diversité et d’égalité des sexes ». Mais il reste beaucoup de travail à faire, même au Canada, a fait valoir le premier ministre à l’ONU, notamment en matière d’équité salariale et de lutte contre la violence faite aux femmes, particulièrement aux femmes et jeunes filles autochtones.