Politique fiction?

Ottawa - Ça joue dur dans certaines investitures libérales. La députée fédérale de Laval-Ouest, Raymonde Folco, se retrouve au centre d'un imbroglio dans lequel elle laisse entendre que des adversaires politiques ont mis sa ligne téléphonique sous écoute pour l'embarrasser.

Dans l'autre camp, pourtant, on affirme que l'enregistrement est l'oeuvre de bénévoles libéraux maintenant au service de Mme Folco.

Quoi qu'il en soit, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a déjà ouvert une enquête sur l'affaire, qui a en outre fait l'objet d'une «édition spéciale» de l'hebdomadaire anglophone Chomedey News, hier.

Jeudi dernier, la députée dit avoir reçu l'appel d'une «personne avec qui j'ai des liens politiques» mais dont elle ne peut dévoiler le nom. Cette personne l'a informée qu'elle avait en sa possession l'enregistrement d'une conversation téléphonique que Mme Folco a eu lieu à la mi-décembre avec son adjointe politique, Danyelle Beaulieu.

«Je ne sais pas qui a donné l'enregistrement à cette personne et je ne sais pas qui l'a enregistré», a soutenu la députée à sa sortie de la Chambre des Communes, hier.

«C'est un hasard, peut-être, que cet enregistrement fasse surface juste au moment où je suis dans une bataille ardue pour obtenir l'investiture dans mon comté en vue des prochaines élections», a-t-elle ajouté, en précisant que sa seule adversaire, jusqu'à maintenant, «n'a aucune expérience politique».

Puis, elle n'a pas pu s'empêcher d'ajouter: «N'oubliez pas de dire que le Parti libéral refuse de me donner une date pour ma convention jusqu'à maintenant; ça fait un mois que je la demande».

Raymonde Folco affirme avoir été «déstabilisée» par l'affaire. «Depuis jeudi, je ne parle plus au téléphone, a-t-elle confié. D'après ce que je comprends, ce n'est pas très propre. On ne joue pas ces jeux-là, au Canada.»

Adversaire

Le camp de l'autre candidate à l'investiture libérale du comté (qui sera rebaptisé Laval-Les Îles), Barbara Mergl, raconte une toute autre histoire.

«C'est drôle qu'une députée fasse état d'une enquête de la GRC au moment même où sa candidature est remise en question», a lancé un des organisateurs de Mme Mergl, Sébastien McQuade, lors d'une interview téléphonique.

«Mme Mergl n'avait même pas annoncé sa candidature quand l'enregistrement a été fait, a-t-il précisé. Selon nos informations, l'enregistrement a été fait par des partisans de Mme Folco.»

M. McQuade affirme que ces deux partisans, Joe Manni et Raoul Massé, ont ensuite remis la cassette au président de l'association libérale de la circonscription, qui l'a par la suite transmise à la députée Folco.

«Le recrutement [de nouveaux membres] va extrêmement bien [pour Mme Mergl] et je pense que la raison pour laquelle Mme Folco sort si agressivement dans les médias, ces jours-ci, c'est qu'elle sent la soupe chaude», a dit Sébastien McQuade.

Raymonde Folco dit avoir reçu l'appui informel du premier ministre Paul Martin pour se représenter comme députée. Barbara Mergl, pour sa part, n'aurais pas encore sollicité d'appuis de cette nature.

Il a été impossible de joindre la GRC pour obtenir des explications sur cette affaire. L'aile québécoise du Parti libéral du Canada, s'est refusée à tout commentaire.