Le prix du carbone dépendra de chaque province ou territoire

Les premiers ministres du pays se donnent jusqu’à l’automne pour instaurer, chacun, un mécanisme pour le prix du carbone qui sera adapté aux circonstances de chaque province et chaque territoire.

« L’engagement que nous avons pris aujourd’hui avec la déclaration de Vancouver montre que tous les premiers ministres de ce pays sont unis sur la question de la tarification du carbone », s’est réjoui le premier ministre Justin Trudeau à l’issue de la rencontre, jeudi après-midi.

« Nous sommes unis dans notre désir de voir une économie forte et un environnement sain en même temps, a-t-il enchaîné. C’est exactement ce qui nous a animés ce matin, et c’est ce qui va continuer de nous animer dans les mois et les années à venir. »

Les premiers ministres provinciaux et territoriaux semblent avoir obtenu du fédéral la flexibilité qu’ils réclamaient, Justin Trudeau confirmant qu’Ottawa ne dicterait pas de nouvelles règles à ceux qui ont déjà mis en œuvre des mécanismes de tarification du carbone, comme le Québec et l’Ontario.

« Le gouvernement fédéral ne devrait pas être en train de défaire le bon travail des provinces, on devrait être en train d’ajouter d’autres mesures en complément », a-t-il fait valoir.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, est ressorti tout sourire de la conférence fédérale-provinciale « fort réussie » qui aura duré plusieurs heures, et dont la simple tenue « est déjà en soi une partie de la réussite ».

Il s’est montré satisfait que l’entente prévoie rapidement des investissements fédéraux dans les infrastructures vertes, lesquels devraient se préciser dans le budget que déposera le ministre des Finances Bill Morneau le 22 mars prochain.

La déclaration de Vancouver se veut un premier jalon du cadre pancanadien en matière de lutte aux changements climatiques promis par les libéraux, qui devrait être prêt dans environ un an.

L’adhésion de certains premiers ministres qui s’opposaient à toute forme de tarification du carbone a été facilitée par le vocabulaire employé dans le communiqué conjoint, a reconnu candidement la première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark.

« L’accord semble indiquer que la tarification du carbone peut être interprétée de manière assez large », a-t-elle dit aux journalistes après la conférence de presse de clôture de la rencontre.

Ainsi, le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, considère qu’en vertu de l’entente, la technologie de captage et stockage de carbone sur laquelle il mise dans sa province représente une forme de tarification.

« Ce n’est pas une pénalité, c’est un revenu. C’est une manière différente de voir les choses, mais ça demeure un prix. Alors il est certain que je vais m’appuyer sur le consensus entourant cette section de l’accord », a-t-il souligné en point de presse.

L’un des quatre groupes de travail qui ont été mis sur pied en vertu de l’entente intervenue jeudi sera chargé de se pencher sur les mécanismes d’instauration d’un prix sur le carbone, et il devra rendre compte de ses conclusions au plus tard en octobre 2016.

1 commentaire
  • Sylvain Rivest - Inscrit 3 mars 2016 15 h 54

    Aucune inquiétude Justin!

    Couillard est toujours d'accord. Il ne fait que changé d'idée par la suite.
    En gros, il représente bien la belle province des porteur d'eau ou de pétrole selon l'humeur.