Le premier discours du Trône du gouvernement Martin - La suite du gouvernement Chrétien, dit le Bloc

Ottawa — Les partis d'opposition aux Communes n'ont pas manqué de tirer à boulets rouges sur le premier discours du Trône de Paul Martin, hier.

«C'est décevant, a lancé le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe. Ce n'est pas un premier gouvernement Martin, c'est un quatrième gouvernement Chrétien, cette affaire-là.»

Le chef du Bloc a fait remarquer que plusieurs des idées et des thèmes contenus dans le discours avaient déjà été évoqués à plusieurs reprises par la précédente administration.

«Ça aurait pu être écrit par Jean Chrétien que je n'aurais pas vu de différence, a ajouté M. Duceppe. C'est la même conception du Canada, qui amène une multiplication des interventions dans des champs de compétence du Québec: la santé, la petite enfance, les municipalités...»

Gilles Duceppe n'a pas pu s'empêcher de s'en prendre à Paul Martin lui-même, qu'il accuse d'être à l'origine du «déséquilibre fiscal» entre Ottawa et les provinces.

«Ce qu'il y a de cynique, c'est que celui qui a créé les problèmes en santé, en éducation, puis dans les finances publiques du Québec, c'est justement Paul Martin alors qu'il était ministre des Finances, a-t-il soutenu. Et là, il nous arrive avec une vision plutôt lyrique, mais sans solution concrète. Des solutions concrètes, ça aurait voulu dire: "on règle le déséquilibre fiscal, on ne va pas en appel [devant la Cour suprême] sur la question des congés parentaux, on revoit la formule de péréquation".»

Le chef du Bloc s'est néanmoins réjoui de l'intention d'Ottawa de rembourser en totalité aux municipalités la TPS qu'elles paient en faisant leurs achats.

«Mais si la santé et l'éducation, c'est si important pour eux, ils devraient étendre cette mesure-là aux hôpitaux et aux écoles», a-t-il estimé. M. Duceppe s'oppose cependant à l'idée que le gouvernement fédéral négocie directement avec les villes afin de partager avec elles une partie des recettes de la taxe fédérale sur l'essence.

Gilles Duceppe a par ailleurs salué le projet de consacrer quatre milliards au nettoyage de sites contaminés au cours des 10 prochaines années.

«Maintenant, à partir de quel principe est-ce que ça va être fait? a-t-il demandé. Pollueur-payeur ou pollueur payé? [...] Je suis d'accord pour qu'on s'occupe de l'environnement, mais pour que ceux qui ont fait les dégâts en soient responsables.»

NPD et conservateurs

Le chef de l'opposition officielle par intérim, le conservateur Grant Hill, a quant à lui qualifié le discours du Trône de «vulgaire brochure électorale».

«Ce discours ressemble à un buffet de promesses à volonté, mais sans étiquettes de prix, a-t-il déclaré. Malheureusement, ce sont les travailleurs canadiens qui paieront la facture au bout du compte.»

Pour sa part, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, a avancé que le discours ne reflétait en rien les priorités de la population.

«Paul Martin est un politicien de droite depuis tellement longtemps qu'il est incapable de même prétendre être progressiste», a accusé M. Layton.

Le chef néo-démocrate a aussi ri des promesses de Paul Martin à l'égard des soins de santé et de sa décision de rembourser en totalité aux villes la TPS qu'elles déboursent.

«Il a dépensé plus au titre des baisses d'impôts pour les grandes entreprises au cours des cinq dernières années qu'il n'a promis d'investir dans les villes par l'entremise de la TPS pendant la prochaine décennie», a-t-il analysé.