Trudeau appelle les provinces à l’action contre le réchauffement

Vancouver — Le premier ministre Justin Trudeau a exhorté mercredi les dirigeants provinciaux à passer à l’action contre le réchauffement climatique, le Canada tardant à mettre en oeuvre ses engagements pris à la COP21 de Paris.

S’exprimant à Vancouver en ouverture d’une conférence sur l’environnement et avant sa réunion avec les premiers ministres provinciaux, M. Trudeau a espéré que tous partagent « un but commun », soit « une économie émettant peu de carbone qui continue à fournir de bons emplois et à créer des opportunités pour les Canadiens ».

La participation active des dix provinces et des trois territoires nordiques est incontournable si M. Trudeau veut mener à bien de tels projets, l’environnement étant une prérogative partagée entre les exécutifs fédéral et provincial.

« On va travailler ensemble pour établir une vision et un plan pour réaliser nos engagements au niveau international, que tous les premiers ministres [provinciaux] ont accepté à Paris », a relevé M. Trudeau.

« Pour y parvenir, nous devons consentir des investissements intelligents et stratégiques dans une croissance verte et de nouvelles infrastructures », a-t-il noté.

Il a annoncé le doublement des fonds dédiés à la recherche sur les énergies alternatives sur cinq ans, en plus d’allouer 75 millions de dollars aux municipalités pour s’adapter au défi climatique et de consacrer 50 millions à la révision des normes du bâtiment pour encourager les économies d’énergie.

« Faux dilemme »

Alors que le Québec freine la construction d’un oléoduc transcanadien, acheminant le pétrole de l’Ouest aux raffineries de l’Est, M. Trudeau a fait valoir que « le choix entre un pipeline et une éolienne est un faux dilemme ».

Le grand enjeu pour ce pays profondément dépendant des matières premières est d’adapter ce secteur à la baisse des émissions des gaz à effet de serre (GES) : « Nous avons besoin de nos abondantes ressources naturelles pour financer la transition vers cette économie peu carbonée », a remarqué M. Trudeau.

En particulier, le premier ministre souhaite la mise en place d’une taxe nationale sur le carbone, avec un prix évoqué de 15 dollars canadiens par tonne de dioxyde de carbone (CO2) émis. Cette perspective n’enchante ni les provinces productrices d’hydrocarbures, telle que la Saskatchewan, ni celles qui se sont déjà dotées d’une bourse carbone : le Québec et l’Ontario, en partenariat avec l’État américain de Californie.

Juste avant l’allocution de M. Trudeau, les dirigeants de ces deux provinces, qui regroupent les deux tiers de la population canadienne, avaient d’ailleurs affiché leur détermination commune à refuser toute tarification nationale du carbone.

« Le grand projet planétaire de notre époque est de relever le défi du climat et je sais que le Canada est prêt », a cependant conclu le premier ministre libéral.

Le gouvernement Trudeau s’est engagé à la COP21 en décembre à agir pour réduire ses émissions de GES avec l’objectif de limiter le réchauffement de la planète à entre +1,5 à +2 degrés Celsius.

Le gouvernement libéral, voulant un partenariat avec les provinces, s’était alors fixé 90 jours pour se donner « un nouvel objectif national d’émissions ».

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