Des médecins répliquent pour la protection des plus vulnérables

L'aide médicale à mourir ne devrait pas être étendue aux mineurs, selon un groupe de médecins et d’avocats.
Photo: iStock L'aide médicale à mourir ne devrait pas être étendue aux mineurs, selon un groupe de médecins et d’avocats.

L’aide médicale à mourir ne devrait être légale que pour les patients en fin de vie, devrait requérir un consentement éclairé jusqu’à la dernière minute, de même que l’approbation d’un juge ou comité indépendant. Et la pratique ne devrait pas être étendue aux mineurs, argue un groupe de médecins et d’avocats.

Frustrés que leurs recommandations n’aient pas été retenues par le comité parlementaire qui s’est penché sur l’aide médicale à mourir, des représentants du groupe d’une quarantaine de personnes sont venus sur la colline parlementaire mardi présenter leur propre liste de balises et exiger une meilleure protection des personnes vulnérables. Dans le lot, « certains des individus ont des objections éthiques et morales à l’euthanasie et au suicide assisté », mais ils appuient néanmoins les recommandations, indique le document distribué en point de presse. Une liste d’organisations — dont quelques-unes catholiques ou pro-vie — sont citées comme appuyant leur démarche. Les porte-parole ont affirmé qu’il ne s’agissait pas d’un groupe opposé à l’aide médicale à mourir.

Le regroupement plaide que le jugement de la Cour suprême ordonnant la légalisation de l’aide médicale à mourir ne s’adresse qu’aux malades en fin de vie — car les individus en cause étaient tous à quelques mois de leur mort. Le jugement ne fait toutefois pas cette distinction et parle simplement de personnes adultes atteintes de « problèmes de santé graves et irrémédiables » leur causant des souffrances physiques ou psychologiques « persistantes » et « intolérables ».


Une femme de Calgary obtient le droit de l’aide à mourir

Une femme atteinte d’une maladie en phase terminale a été autorisée à recourir à l’aide médicale à mourir par la justice albertaine.

Celle qui vit à Calgary et dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication est atteinte d’une sclérose latérale amyotrophique (SLA) en phase terminale, aussi connue sous le nom de maladie de Lou Gehrig.

La décision de la juge Sheilah Martin, de la Cour du banc de la reine, publiée mardi indique que la femme n’a plus que six mois à vivre et qu’elle souffre terriblement.

« Je ne souffre ni d’anxiété, ni de dépression, ni de peur de la mort », a-t-elle indiqué dans sa demande au Tribunal.

« J’aimerais m’éteindre en paix et j’espère avoir bientôt une mort assistée par un praticien. Je ne souhaite pas continuer à souffrir et mourir par étouffement de cette maladie. »

« Je sens que mon heure est venue de partir en paix. »

La patiente dit pouvoir compter sur deux médecins qui pourront lui donner la mort dans une propriété privée à Vancouver.

La Cour suprême du Canada avait jugé l’hiver dernier que les adultes consentants, subissant des douleurs physiques ou mentales intolérables, avaient le droit de mettre fin à leurs jours avec l’aide d’un médecin.

La plus haute cour avait donné un sursis au gouvernement fédéral pour écrire une nouvelle loi sur l’aide médicale à mourir, tout en exemptant les personnes qui font la demande à un juge plus tôt de pouvoir mourir.
La Presse canadienne
2 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 2 mars 2016 09 h 29

    Calmes, restons.

    Attendre le projet de loi semble plus sage avant de manifester énergiquement son appui ou son opposition, en partie ou en totalité, si non respectueux du Jugement de la CSC du 6 février 2015.

    L'essentiel est de demander que toute personne (ou son représentant légal), peu importe son âge, éclairée et libre, puisse accepter ou refuser les nombreux traitements possibles de fin de vie, puisse demander un mourir sans douleurs peu importe si cela doit hâter le moment de la mort, ce que la loi permet. Car tout traitement a ses avantages, ses inconvénients et ses risques. En fin de vie, toute personne devient encore plus vulnérable; certains peuvent soit imposer des traitements soit en proposer le refus. Saine protection soit!

    En attendant ce projet de loi, espérons que ces avocats et ces médecins s'investiront pour que le mourir de toute personne indépendamment de son âge soit vécu avec le moins de douleurs et de souffrances possible, pour que soit sacré toute personne et son autonomie, pour que la personne vivante éclairée et libre passe avant la Vie. Espérons que ces manifestants se tiennent loin des apôtres du mourir infini naturel, loin de la vie à tout prix.

    Mon espoir. Que les ministres de la Santé des provinces et des territoires, réunis prochainement, recommandent unanimement que la demande de l'AMAM soit incluse dans les Directives médicales anticipées. Pour plus de sérénité chez les personnes atteintes de certaines maladies de l’oubliance. Pour moins de suicide, avec les impacts nombreux et négatifs sur les proches et les soignants que nous lui reconnaissons. Cette recommandation est largement acceptée par la société comme elle l’était lors de la Commission sur la question de mourir dans la dignité. Bien sûr que le travail interdisciplinaire sera des plus nécessaires, car ce mourir étant plus complexe.

    http://www.collectifmourirdigneetlibre.org/blog.ph

  • Yvon Bureau - Abonné 3 mars 2016 06 h 59

    Sue Rodriguez

    Comment ne pas saluer en Hauteur et en Gratitude cette personne extraordinaire, courageuse et généreuse, en ce temps où s'installe au Canada un nouveau «droit constitutionnel» (Me JPMénard) pour les personnes en fin de vie et à la la fin de leur vie, soit celui de l'aide médicale à mourir.
    Très bas, je vous salue grande dame !