Kathleen Wynne présente des excuses officielles aux Franco-Ontariens

La première ministre de l’Ontario Kathleen Wynne a présenté des excuses officielles au peuple franco-ontarien, lundi à l’Assemblée législative, pour l’interdiction de l’enseignement en français ayant eu cours de 1912 à 1927 en Ontario. 

« Je présente des excuses à tous les Franco-Ontariens dont la communauté a souffert à cause du Réglement 17 », a déclaré la chef libérale à Queen’s Park, au cours d’une allocution bilingue. Des représentants des partis néo-démocrates et progressistes-conservateurs ont également pris la parole, pour présenter leurs excuses et réclamer que davantage soit fait au chapitre de l’éducation de langue française en Ontario. Près de 4 % de la population ontarienne — soit près de 615 000 personnes — est francophone.

« Aujourd'hui, je veux reconnaître que le Règlement 17 a été l'un de ces obstacles » surmontés par les Franco-Ontariens, a-t-elle déclaré. 


« Les parents et les enseignants des écoles francophones se sont opposés farouchement au Règlement 17. De nombreux enseignants ont résisté et continué d'enseigner en français. La communauté a été encore plus choquée lorsque le gouvernement a imposé de fortes pénalités pour des infractions aux dispositions du Règlement 17. Les écoles qui maintenaient l'enseignement en français perdaient leur financement. Des enseignants perdaient leur brevet. Il en résultait que les enfants franco-ontariens perdaient leur langue », a rappelé la première ministre.

« Le Règlement 17 manquait de respect à l'égard de l'identité et de l'égalité des Franco-Ontariens et, au nom du gouvernement de l'Ontario, je présente des excuses. Nous prenons acte du courage et de la ténacité exemplaires des Franco-Ontariens.»

Le député libéral provincial Glenn Thibeault, de la circonscription de Sudbury, a présenté à la législature une motion réclamant des excuses officielles envers les Franco-Ontariens.

Selon M. Thibeault, cela montre que le gouvernement reconnaît ses erreurs passées et qu’il est sérieux dans sa volonté de défendre l’identité et la culture des Franco-Ontariens.

Mais aux yeux des conservateurs et des néo-démocrates, ces excuses ne suffisent pas. Ils réclament, à l’instar de groupes tels que l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, la création d’une université unilingue de langue française, qui s’ajouteraient aux huit établissements offrant actuellement des programmes universitaires de langue française. « Ces francophones ont vu leur avenir leur être arraché par le Réglement 17 », a déclaré la chef du NPD, Andrea Horwath en français. « Mais nous n'avons toujours pas notre université de l'Ontario français. »

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