Sondage Léger Marketing - Le Parti conservateur séduirait maintenant davantage d'électeurs

À la faveur d'un «effet Belinda», le nouveau Parti conservateur monte légèrement dans la faveur des Canadiens, mais pas des Québécois. Il reste toutefois loin derrière le Parti libéral.

Le plus récent sondage Léger marketing, dont les résultats ont été communiqués à la Presse Canadienne, révèle en effet que le nouveau Parti conservateur du Canada est grimpé à 21 % dans la faveur populaire, après avoir connu des appuis de 14 % en juin 2003, 15 % en juin 2002, 16 % en mai 2001 et 13 % en juin 2000.

Pour Jean-Marc Léger, président de Léger marketing, c'est clair: «L'arrivée de Belinda Stronach dans la course a eu un impact à travers le Canada. Ça commence. On commence à voir un impact.»

Il apporte toutefois un bémol. «Ce qui est sûr, c'est qu'elle a suscité de l'intérêt. Est-ce qu'elle va être capable de le maintenir, c'est autre chose», a ajouté le sondeur d'expérience. Ce qu'il appelle «l'effet Belinda» ne se fait toutefois pas sentir également partout au pays. «Le problème, c'est qu'elle a un effet partout sauf au Québec.»

En fait, la course à la direction du Parti conservateur indiffère encore passablement les Québécois, plus encore que les autres Canadiens.

Seulement 17 % des Québécois disent suivre avec intérêt la course au leadership du nouveau Parti conservateur. C'est dire que 80 % rapportent s'y intéresser peu, voire pas du tout (40 % chacun).

Au Canada, 32 % suivent la course avec intérêt, 39 % y trouvent peu d'intérêt, alors que 24 % ne la suivent pas du tout.

Il ne faut toutefois pas conclure que le Parti libéral baisse de façon notable dans les intentions de vote, récoltant un appui de 49 % au Canada et 46 % au Québec.

Le Québec

Au Québec, il se trouve d'ailleurs tout près du Bloc québécois, qui récolte 39 % des intentions de vote.

Selon son analyse, «la clef de la campagne électorale au Québec sera la force du Parti conservateur». Si son appui y grimpe suffisamment, il enlèvera du vote fédéraliste au Parti libéral du Canada, favorisant ainsi le Bloc québécois. «Le troisième parti va être très déterminant dans la campagne» au Québec, juge-t-il.

Si tel n'est pas le cas et que le Parti conservateur demeure à 6 % au Québec, la lutte y demeurera serrée entre les libéraux et les bloquistes.

M. Léger fait également remarquer qu'au Québec, les libéraux fédéraux écopent de la grande insatisfaction face au gouvernement libéral de Jean Charest. «C'est un des facteurs importants. L'insatisfaction à l'égard de l'État québécois fait que le transfert qui, normalement, devrait se faire au Parti libéral fédéral — théoriquement, parce que ce sont les mêmes électeurs qui votent libéral aux deux paliers — ne se fait pas, parce que les gens sont tellement insatisfaits du gouvernement actuel. Ce que ça crée, plutôt, c'est un effet favorisant le Bloc», estime-t-il.

Le sondage a été réalisé du 22 au 27 janvier dernier auprès de 1500 Canadiens adultes. La marge d'erreur est de 2,5 % , 19 fois sur 20. Mme Stronach a annoncé officiellement son entrée dans la course à la direction du Parti conservateur le 20 janvier.