Énergie Est mérite le même traitement que Bombardier, croit Brad Wall

Regina — Le premier ministre de la Saskatchewan croit que si Ottawa songe à accorder une aide financière à Bombardier, il devrait soutenir de la même façon le transport des hydrocarbures — en commençant par l’oléoduc Énergie Est.

Sur sa page Facebook, Brad Wall soutient jeudi que si le gouvernement fédéral étudie la possibilité de soutenir à hauteur d’un milliard de dollars le constructeur québécois afin de contrer la perte annoncée de 2830 emplois au Canada, que songe-t-il faire pour les dizaines de milliers d’emplois perdus dans le secteur de l’énergie ?

Le premier ministre suggère de commencer peut-être avec Énergie Est — mais aussi avec sa stratégie pour nettoyer les vieux sites pétroliers.

 

If the federal government is considering a $1 billion bailoutto address 2,830 Canadian job losses at Bombardier, what...

Posté par Brad Wall sur 18 février 2016


M. Wall a demandé à Ottawa il y a dix jours une aide de 156 millions pour accélérer le nettoyage, d’ici deux ans, d’un millier de vieux sites de forage abandonnés. Ce programme créerait, selon lui, 1200 emplois directs et indirects pour les milliers de travailleurs de l’industrie qui ont été récemment licenciés.

Le premier ministre de la Saskatchewan a récemment critiqué vertement le rejet par les maires de la grande région de Montréal du projet d’oléoduc Énergie Est. M. Wall soutenait que le Québec pourrait peut-être alors rembourser les paiements de péréquation qu’il avait reçus des autres provinces — dont celles qui produisent du pétrole.

Licenciements

Bombardier a annoncé mercredi qu’elle supprimera d’ici deux ans 7000 emplois, dont 2830 au Canada. La majorité des licenciements au Canada seront effectués au Québec — 2400 sur 2830 —, surtout dans la région de Montréal.

L’Association canadienne des entreprises de forage soutient que 100 000 emplois ont été perdus dans le secteur de l’énergie depuis la dégringolade des prix du baril de pétrole.

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a rappelé mercredi à la Chambre des communes que son gouvernement étudiait toujours avec « diligence » la demande d’aide financière de Bombardier.

Plus tôt en matinée, mercredi, le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, avait laissé entendre qu’il espérait une intervention similaire à celle du gouvernement du Québec, qui a injecté l’an dernier 1 milliard $ US dans la CSeries, en échange d’une participation de 49,5 pour cent dans ce programme.

Le gouvernement fédéral considère Bombardier comme le « point d’ancrage » de l’industrie aérospatiale canadienne, qui emploie des dizaines de milliers de travailleurs au pays.

Ottawa a déjà aidé financièrement Bombardier par le passé. L’automne dernier, Industrie Canada a indiqué que l’entreprise avait reçu 1,3 milliard en contributions remboursables diverses depuis 1966, et qu’elle avait remis 543 millions au 31 décembre 2014. M. Bellemare a plaidé mercredi que pendant toute cette période, Bombardier avait généré plus de 15 milliards en recettes fiscales pour les gouvernements.

8 commentaires
  • Sylvain Rivest - Abonné 18 février 2016 14 h 43

    En sortir pour de bon!

    Arrêtez de garder les emplois captifs au pétrole.
    Developpez autre chose?

    Les pétrolières ont déjà coûté très cher à l'ensemble de la population canadienne en subventions directes et indirectes. Elles nous tirent vers le fond.

    Les gens d'Alberta et de la Saskatchewan ne savent pas faire faire autre chose?

    • Gilbert Turp - Abonné 19 février 2016 08 h 44

      Manifestement, le pétrole bitumineux ne contamine pas seulement leur sol et leur eau, mais aussi leur esprit.

    • Marc Brullemans - Abonné 19 février 2016 12 h 54

      Avec le nombre élevé de puits abandonnés dans l'ouest, il y a déjà motif à soutenir une industrie de la rémédiation pour les siècles à venir. De quoi en effet recycler nombre de travailleurs... ...et faire réfléchir chacun que tout ce qui traîne se salit et qu'il faut diminuer ce qui est susceptible de l'être.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 18 février 2016 15 h 41

    Des pommes et des oranges

    Durant la grande récession, le sauvetage de l'industrie automobile en Ontario a consisté en un investissement de 13 milliards$ du fédéral et par une perte sèche de 3 milliards des fonds publics.

    Depuis 1966 (depuis 50 ans - un demi-siècle), Bombardier n'a reçu que 1,3 milliard (dix fois moins) et on fait la bouche fine ?

    Tout ce que mérite le Québec, c'est la péréquation. Des investissements du fédéral pour soutenir des créateurs d'emplois, c'est toujours trop cher.

    Si le Québec était indépendant, toute la controverse relative à Énergie Est n'existerait pas; l'Ouest exporterait son pétrole par la Baie d'Hudson.

    Une démocratie, c'est quand les minorités peuvent s'exprimer. Mais c'est aussi quand les majorités peuvent agir. Le Canada anglais veut que le pétrole traverse le Québec. Eh bien, il le traversera.

    Cela ne veut pas dire qu'on doit se taire. Cela signifie tout simplement que le danger du pétrole de l'Ouest, c'est le prix du fédéralisme. On veut faire partie du Canada: en voilà le prix. Tout comme le drame de Lac-Mégantic.

  • Claude Girard - Abonné 18 février 2016 16 h 07

    L'acceptabilité canadienne

    Me semble que si on était un pays, ça ne se passerait pas comme ça.

  • André Tremblay - Abonné 18 février 2016 16 h 15

    Même traitement...

    Il faut avoir un front de boeuf pour faire une telle affirmation. Leur sale pétrole, qu'ils l'expédient par l'ouest...

  • Sylvain Auclair - Abonné 18 février 2016 18 h 44

    Monsieur le premier ministre,

    Votre province est enclavée. Et aucun de vos voisins ne veut de vos oléoducs, en tout cas avec les conditions que vous voulez leur imposer, ni vos voisins de l'ouest, ni ceux du sud, ni ceux de l'est. À moins que vous ne réussissiez à vous entendre avec eux, vous pourrez toujours manger votre pétrole.