Trudeau défendra seul sa mission contre le groupe EI

Le gouvernement Trudeau portera seul le prochain pan de la mission canadienne contre le groupe armé État islamique (EI). Conservateurs et néodémocrates ont, sans surprise, confirmé qu’ils voteraient contre la proposition libérale.


« Le Canada continue de comprendre que nous avons un rôle à jouer. La question que nous débattons ici, en cette Chambre aujourd’hui, est de savoir quelle est la meilleure façon pour le Canada d’aider », a résumé M. Trudeau en lançant le débat mercredi.

« Le Canada a eu un rôle dans les bombardements. Nous choisissons de mettre un terme à ce rôle dans les bombardements pour mieux nous concentrer sur les prochaines étapes de la lutte contre EI, ce qui veut dire encourager les gens locaux sur le terrain à avoir la capacité […] d’affaiblir et de vaincre EI », a fait valoir le premier ministre qui a choisi de retirer les six CF-18 d’Irak et de Syrie pour tripler le nombre de soldats canadiens qui entraînent les forces locales. Les avions de chasse canadiens ont d’ailleurs cessé leur mission de bombardements lundi.

La chef conservatrice Rona Ambrose a cependant accusé le premier ministre de retirer le Canada de la lutte internationale contre l’EI, une décision « indigne » prise « uniquement pour honorer une promesse électorale ». Pourtant, offrir de l’aide humanitaire, diplomatique et de la formation n’exclut pas pour autant de bombarder aussi l’EI. « Ce ne sont pas des mesures contradictoires, ce sont des mesures complémentaires », a martelé Mme Ambrose en accusant les libéraux de n’avoir su offrir un seul « argument rationnel » pour expliquer leur décision.

Thomas Mulcair a quant à lui reproché à Justin Trudeau de « prolonger pour une durée inconnue une mission de combat, au front ». « En remplaçant des avions dans le ciel par des troupes au sol, le gouvernement place les troupes canadiennes davantage en situation de combat », a dénoncé le chef du NPD.

Le débat se poursuivra jusqu’à la semaine prochaine. Le Bloc québécois — qui n’est pas un parti reconnu avec seul dix députés — devrait alors pouvoir « sûrement » s’exprimer, leur a-t-on indiqué.