L’«insensibilité» d’Ottawa va «tuer des Québécois», martèle le Bloc

Le chef du Bloc québécois, Rhéal Fortin
Photo: Bloc québécois Le chef du Bloc québécois, Rhéal Fortin

Ottawa — L’« insensibilité » d’Ottawa dans le dossier de la traite des personnes va finir par « tuer des Québécois », a tonné mardi le chef du Bloc québécois, Rhéal Fortin.

Le leader de la formation politique s’est enflammé lorsqu’il a été question du projet de loi C-452 sur l’exploitation et la traite de personnes.

« Je ne comprends pas, après qu’on ait adopté ce projet de loi là à l’unanimité, [que le gouvernement] tergiverse encore », s’est-il insurgé en point de presse dans le foyer de la Chambre des communes.

« Cette insensibilité-là va finir par tuer ce gouvernement-là et tuer des Québécois », a tranché M. Fortin.

Le chef bloquiste a fait écho aux appels de la marraine du projet de loi C-452, l’ex-députée Maria Mourani, qui a exhorté le premier ministre Justin Trudeau à signer le décret permettant son entrée en vigueur.

L’existence de ce projet de loi, dont l’adoption avait fait couler peu d’encre lors de son adoption, a ressurgi dans l’actualité après que plusieurs cas d’adolescentes en fugue au Québec eurent été rapportés ces dernières semaines.

La mesure législative renverse notamment le fardeau de la preuve vers l’exploiteur, les filles n’ayant pas nécessairement à témoigner contre lui, selon Mme Mourani.

En entrevue avec le quotidien La Presse, la semaine dernière, le premier ministre Trudeau a soutenu qu’une partie du projet de loi risquait d’être jugée inconstitutionnelle.

Le ministère fédéral de la Justice a assuré lundi dans une déclaration écrite que le gouvernement était « déterminé à atteindre les objectifs importants du projet de loi C-452 rapidement et de façon responsable ».

Mais pour Rhéal Fortin, l’urgence de la situation commande une action immédiate de la part du gouvernement fédéral.

« Alors qu’on a une situation urgente, où on a des enfants qui sont en danger, le gouvernement nous dit : “Faites-vous en pas, on a ça à coeur, on regarde ça, ça nous fait beaucoup de peine” », a-t-il pesté à sa sortie de la Chambre des communes.

1 commentaire
  • Lise Falardeau - Abonnée 17 février 2016 15 h 14

    En réponse à Rhéal Fortin (loi C-452)

    Cher monsieur Fortin,
    Je crois que vous exagérez lorsque vous dites que L’«insensibilité» d’Ottawa va «tuer des Québécois». Le dossier sur l'exploitation de la traite de personnes est un dossier complexe qui ne se règlera pas en cliquant des doigts. Il s'agit d'un problème bien ancré dans notre société qui ne date pas d'hier. Confiner une jeune fille à la maison ou dans une institution empirera son cas. De toute façon, celles qui ont choisi de vivre dans le milieu de la prostitution y retourneront dès que l'occasion se présentera. Les parents doivent être présents et discuter avec leurs enfants. Malheureusement, dans le contexte d'aujourd'hui, c'est difficile d'être une mère au foyer et de bien encadrer ses enfants.