Louis Plamondon croit que la course à la chefferie peut attendre

Gilles Duceppe a effectué un retour comme chef du Bloc québécois lors de la dernière campagne électorale.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Gilles Duceppe a effectué un retour comme chef du Bloc québécois lors de la dernière campagne électorale.

Sorel-Tracy — Le vétéran député bloquiste Louis Plamondon estime qu’une course à la direction au Bloc québécois peut attendre au moins deux ans, contrairement à ce que pensent d’autres ténors du parti souverainiste à Ottawa.

Dans une entrevue avec La Presse canadienne samedi, le député de Bécancour-Nicolet-Saurel, facilement réélu à l’élection fédérale d’octobre dernier, se dit d’avis que, maintenant, la partie politique se joue dans les dernières semaines de campagne électorale.

Il a cité le cas de la dernière campagne qui a vu l’effondrement du chef néodémocrate, Thomas Mulcair, malgré une solide performance en Chambre contre le gouvernement Harper et un début de campagne canon, et une victoire des libéraux de Justin Trudeau que peu de gens prévoyaient au déclenchement de l’élection au milieu de l’été.

Un candidat intéressé à la chefferie du Bloc, Xavier Barsalou-Duval, semble beaucoup plus pressé d’en découdre pour obtenir le poste, assumé de façon intérimaire par le député Rhéal Fortin.

Dans une entrevue au Devoir, le député de la circonscription de Pierre-Boucher–Les Patriotes–Verchères avance que les bloquistes doivent élire un chef rapidement afin qu’il se fasse connaître des électeurs.

M. Barsalou-Duval explique que l’ex-chef Mario Beaulieu a eu du mal à se faire connaître, faute de temps en ayant été élu chef 18 mois avant l’élection fédérale. M. Beaulieu, qui avait cédé la chefferie à Gilles Duceppe quatre mois avant l’élection d’octobre, est aussi en réflexion pour revenir dans la mêlée.

Louis Plamondon signale que le Bloc, dans le cadre d’un congrès qui devra se tenir à la fin 2017 ou au début de 2018, selon les statuts du parti, aura alors amplement l’occasion de réfléchir et de poser la question du leadership. Selon lui, ce sera également un bon moment compte tenu du fait qu’une élection provinciale est prévue en 2018.

M. Plamondon estime que les membres du parti sont « essoufflés » à la suite de la campagne de 78 jours tenue l’an dernier et que l’équipe de députés à Ottawa a déjà beaucoup de pain sur la planche.

Avec 10 élus, la formation n’est pas reconnue officiellement aux Communes, alors qu’il en faut 12 selon les règlements de régie interne de l’institution. Selon le député Plamondon, cette norme de « 12 » est dépassée en 2016.

M. Plamondon note enfin que le Bloc est en bonne santé financière, mais qu’il doit prévoir un plan pour se maintenir à flot.

Le Bloc tiendra un conseil général le 20 février prochain.

1 commentaire
  • Colette Pagé - Inscrite 18 janvier 2016 10 h 11

    Surtout pas de précipitation !

    D'abord, le passé étant garant de l'avenir, l'on a pu constater le résultat d'une campagne à la chefferie précipitée au BQ et au PQ.

    Banaliser la défaite en refusant de faire l'aggirnamento de ses causes ou pour le dire autrement, s'empresser de mettre le tout sous le tapis en préférant ne rien voir ne peut qu'entraîner la répétition de l'échec.

    Pour la suite des choses, il est raisonnable de penser que tant que les partis souverainistes n'analyseront pas en profondeur les causes du ressentiment des électeurs pour l'option défendue, les ajustements ne seront pas apportés et les problèmes traîneront dans le paysage. Par contre, pour faire une telle démarche les décideurs politiques doivent se parler et non pas se regarder en chiens de faëience comme le font le PQ et QS. Deux partis frères irréconciiables comme s'ils étaient sunnites et chiites. De quoi faire réfléchir !