Un potentiel candidat à la chefferie plus pressé que le parti

Élu aux Communes en octobre dernier, Xavier Barsalou-Duval n’en est pas à ses premières expériences au Bloc. Le politicien âgé de 27 ans s’implique au parti souverainiste depuis 2008.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Élu aux Communes en octobre dernier, Xavier Barsalou-Duval n’en est pas à ses premières expériences au Bloc. Le politicien âgé de 27 ans s’implique au parti souverainiste depuis 2008.

Le Bloc québécois n’est « pas pressé » de lancer une course à la chefferie pour remplacer Gilles Duceppe. Mais l’un de ses nouveaux députés et militant de longue date, qui songe à briguer la direction du parti, estime au contraire que les bloquistes doivent choisir leur chef rapidement pour lui donner le temps de se faire connaître.

Élu aux Communes en octobre dernier, Xavier Barsalou-Duval n’en est pas à ses premières expériences au Bloc québécois. Le jeune politicien âgé de 27 ans s’implique au parti souverainiste depuis 2008, ayant prêté main-forte lors de diverses élections avant d’être président du Forum jeunesse du Bloc québécois puis de recruter et d’épauler Mario Beaulieu dans la course qui l’a couronné chef en 2014. « Je pense que j’ai quand même, avec les années, développé une certaine expérience à l’intérieur du parti et aussi sur la sphère politique. Ça ne paraît pas, mais quand on commence jeune, ça va vite », a-t-il fait valoir au Devoir vendredi.

À son avis, le Bloc québécois « a besoin d’un renouveau » et « doit réorienter son action davantage sur le terrain ». Il cite en exemple la journée porte-à-porte sur la souveraineté qu’a menée le Bloc québécois en décembre dernier. Bien des citoyens sont toujours indépendantistes, mais la souveraineté ne fait plus nécessairement partie de leur réflexion quotidienne. En cognant à leur porte, « ça faisait en sorte qu’ils se posaient des questions sur l’indépendance et ça revenait dans leur quotidien », explique le député qui songe à briguer la chefferie du parti.

Son approche viserait — comme Mario Beaulieu le préconisait avant lui — à marteler le discours souverainiste afin de convaincre le plus grand nombre en ratissant au-delà des membres du parti « parce qu’on veut que la nouvelle génération embarque aussi ».

Xavier Barsalou-Duval est toujours en réflexion. Son allié Mario Beaulieu aussi, a indiqué ce dernier au Devoir. Et la candidature de l’un n’exclurait pas nécessairement celle de l’autre pour l’instant, ont-ils affirmé.

Mais la course devra être lancée rapidement, insiste M. Barsalou-Duval. Car Mario Beaulieu a eu du mal à se faire connaître, faute de temps en ayant été élu chef 18 mois avant l’élection. « Attendre deux ans, ça va être trop long », tranche le député de Pierre-Boucher–Les-Patriotes–Verchères.

Pas si vite

Or au Bloc québécois, on martèle qu’on n’est « pas pressé ». Le député Louis Plamondon, qui fait partie comme M. Barsalou-Duval du bureau national, argue qu’aux dernières réunions il n’a « jamais été question » de la chefferie. « C’est la moindre de nos préoccupations. On n’a pas besoin de ça pantoute pour l’instant. » Le parti doit choisir son nouveau directeur général — Luc Thériault ayant quitté le poste en devenant député cet automne —, remplacer des membres de l’exécutif du parti et de certaines circonscriptions, et se doter d’un plan financier puisqu’il ne pourra plus compter sur les subventions fédérales aux partis, abolies par Stephen Harper.

Bref, M. Plamondon ne voit « pas la nécessité » d’élire un nouveau chef avant fin 2017 voire début 2018, quelques mois avant l’élection québécoise, ce qui offrirait « un bon timing » en donnant de la visibilité aux partis souverainistes à l’approche du scrutin. « En un an, tu peux te faire connaître en masse pour une élection », a tranché M. Plamondon en réponse aux inquiétudes de son nouveau collègue. Et selon M. Plamondon, la majorité des bloquistes sont du même avis que lui.

3 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 16 janvier 2016 06 h 12

    Je propose...

    Je propose un nouveau concours télévisé pour les électeurs québécois : Qui par hasard n'aurait-il pas envie de devenir le chef ?

    Faut tous arrêter et travailler avec acharnement...
    Le reste, oublions-le.
    Il se présentera bien assez vite pour nous prendre par surprise.

  • Denis Paquette - Abonné 16 janvier 2016 07 h 31

    Un coup de maitre avec Justin

    Il est évident que le Bloc doit se redéfinir, le chef actuel étant une sorte de pis aller sans grand charisme, enfin si on le compare a monsieur Duceppe un des politiciens le plus respecté au Canada anglais, soyons franc ce n'était pas son meilleur moment, les électeurs ayant plusieurs autres urgences a leur agenda, et il y a de fortes chances que Justin Trudeau soit parti pour au moin deux mandats, les politiciens actuels auront alors au moins huit ans de plus derrière la cravate est ce que les électeurs auraient accepter des anciens libéraux comme leadeur, meme notre cher Dion détonne par rapport a la génération de politiciens au pouvoir, peut etre ne faut-il pas aller trop vite, huit ans en politique, c'est tres long, ca peut en user plusieurs, un des coups de maitre des liberaux fut de tourner la page avec Justin

  • Colette Pagé - Inscrite 17 janvier 2016 09 h 50

    La précipitation est mauvaise conseillère !

    Toujours reporter à une date indéterminée une réflexion sur les causes de la défaite, jamais se livrer en profondeur à son aggirnamento mais plutôt se hâter à choisir un chef tels ont été les erreurs tant du BQ que du PQ. Un point d'arrêt s'avère nécessaire. Pour relancer l'indépendance, à quand des États généraux sur l'indépendance et surtout surtout l'alliance des partis souverainistes. Pourquoi pas rêver !