Forces et démocratie se retrouve sans chef

Jean-François Fortin en septembre 2015. Il avait fondé Forces et Démocratie en 2014.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Jean-François Fortin en septembre 2015. Il avait fondé Forces et Démocratie en 2014.

Le chef du parti Forces et démocratie et ancien député bloquiste, Jean-François Fortin, a confirmé dimanche qu’il quittait la vie politique.

Il s’agit d’un « geste mûrement réfléchi », a-t-il écrit dans une lettre envoyée aux candidats de Forces et démocratie aux dernières élections fédérales et qui a été rendue publique dimanche sur le compte Facebook de la formation politique.

Plus tôt dans la journée, le journal régional L’Avantage, basé à Rimouski, avait publié un article en ligne faisant état du départ de la vie politique de M. Fortin. Celui qui a représenté la circonscription Haute-Gaspésie–La Mitis–Matane–Matapédia à la Chambre des communes de 2011 à 2015 dit être « usé par la politique active ». « La politique a toujours été pour moi un moyen de contribuer plutôt qu’une finalité en soi », fait-il valoir, ajoutant qu’il souhaite désormais poursuivre son implication loin des projecteurs.

« Ne vous y trompez pas, je souhaite encore consacrer mes énergies à changer notre monde, à refuser des situations inacceptables et à me battre pour la justice, l’égalité et le développement de ma région en faisant advenir une démocratie plus participative », précise-t-il sans détailler comment il s’y prendra. « Maintenant, ma famille a besoin de moi, j’ai besoin d’elle », ajoute le père de quatre enfants âgés de 2 à 14 ans.

M. Fortin dit souhaiter que le parti Forces et démocratie survive à son départ. « Vous le savez, il est souhaitable parfois — dans ce type de projet novateur — que les porteurs de changements et d’espoirs soient remplacés et que les contributions puissent être renouvelées », écrit-il.

Déceptions

 

Jean-François Fortin a fait son entrée en politique fédérale en 2011, en se faisant élire sous la bannière bloquiste, alors que son parti subissait sa pire raclée électorale. À l’automne 2011, il annonce sa candidature pour succéder à Gilles Duceppe à la tête du parti. Il sera toutefois retranché dès le premier tour du scrutin. Daniel Paillé sera couronné nouveau chef. En 2014, le jeune politicien soutient la candidature d’André Bellavance à une nouvelle course à la direction du parti, mais c’est plutôt Mario Beaulieu qui l’emporte.

Peu de temps après, M. Fortin claque la porte du parti. « Le Bloc québécois auquel j’ai cru, auquel nous avons cru, n’existe plus », avait-il dit. Quelques mois plus tard, en octobre 2014, il fonde avec l’ex-député du Nouveau Parti démocratique, Jean-François Larose, le parti fédéral Forces et démocratie, une formation sans ligne de parti et qui se dit à l’écoute des réalités régionales. Aux élections d’octobre 2015, Jean-François Fortin cherche à obtenir un nouveau mandat de ses électeurs. La défaite sera toutefois amère, alors que le politicien de 42 ans termine la course au 4e rang, avec moins de 12 % des voix.

M. Fortin n’a pas répondu à notre demande d’entrevue.

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