Ottawa va revoir un cas d’extradition pour un présumé enlèvement

Ottawa — Le gouvernement a décidé de procéder à la révision d’un cas d’extradition qui implique une citoyenne canadienne faisant face à des accusations d’enlèvement aux États-Unis.

La femme au centre de cette affaire, qui ne peut être nommée en vertu d’une interdiction de publication, prétend qu’elle a récupéré ses enfants après qu’ils se furent enfuis. Elle a cependant été accusée après que son ex-mari a signalé que leurs trois enfants mineurs étaient disparus dans l’État de la Georgie en 2010 alors qu’il en avait la garde exclusive et que la femme n’avait aucun droit de visite.

Dans une déclaration, la ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould, indique qu’elle a décidé de réexaminer cette affaire en raison du passage du temps et de la possibilité que de nouveaux faits n’aient pas été présentés lorsque le gouvernement conservateur avait ordonné à la femme de se rendre pour être extradée aux États-Unis.

« Je crois qu’il serait bien avisé de donner aux deux parties l’occasion de mettre le dossier à jour pour que je l’examine de nouveau », a déclaré la ministre. « Je tiens à souligner qu’il s’agit d’une affaire complexe qui est manifestement très ardue pour les parties impliquées. »

En novembre 2012, le ministre de la Justice d’alors, Rob Nicholson, avait ordonné à la femme de se rendre aux États-Unis. Elle avait immédiatement demandé une révision de la décision.

Après bien des aléas judiciaires, le dossier a atterri à la Cour suprême du Canada. Dans une décision à 4 contre 3, le tribunal avait jugé que l’ordre d’extradition n’était pas déraisonnable. Les juges en désaccord avaient fait valoir, entre autres, que les intérêts des enfants n’étaient pas considérés.

« Le gouvernement du Canada prend au sérieux ses obligations internationales en matière d’extradition et s’inquiète des allégations qui ont été proférées », a ajouté la ministre. « Je me laisserai guider par l’analyse mûrement réfléchie de la Cour suprême du Canada et par la clarification qu’elle a donnée du droit en matière d’extradition dans cette affaire. »