Régime de retraite: les provinces se disent à l’année prochaine

Les ministres des Finances des provinces et des territoires ont discuté avec leur homologue au fédéral, Bill Morneau, lundi après-midi.
Photo: Fred Chartrand La Presse canadienne Les ministres des Finances des provinces et des territoires ont discuté avec leur homologue au fédéral, Bill Morneau, lundi après-midi.

La rencontre entre les ministres fédéral et provinciaux des Finances s’est soldée lundi par la décision de reporter à l’année prochaine une éventuelle bonification du Régime de pensions du Canada (RPC). Les ministres veulent d’abord étudier les options avant de trancher la question.

« Tout le monde autour de la table a accepté de participer à cette discussion, a indiqué le ministre des Finances fédéral, Bill Morneau, en conférence de presse. Nous ne nous sommes pas engagés à atteindre un résultat particulier, et ce n’était pas notre objectif non plus. Notre objectif était d’entamer un processus pour aller de l’avant. […] Notre objectif est d’avoir plus à dire aux Canadiens dans un an. »

Le Parti libéral de Justin Trudeau a promis en campagne électorale de collaborer avec les provinces « pour améliorer le Régime de pensions du Canada ». Mais toutes les provinces ne partagent pas son intention.

La Saskatchewan, par exemple, estime qu’il vaut mieux, avant de modifier le système actuel, analyser l’impact des nouveaux outils d’épargne volontaire développés récemment, comme les CELI ou les Régimes de pension agréés collectifs. « Les Canadiens doivent prendre leurs responsabilités envers leur retraite et leur sécurité de revenus », a soutenu le ministre représentant le Saskatchewan Party, Kevin Doherty. « Nous ne pensons pas que la communauté des affaires peut faire face à une augmentation obligatoire des contributions au RPC. Nous ne disons pas “ jamais ”. Nous disons simplement que maintenant n’est pas le bon moment. »

La tiédeur est similaire du côté de la Colombie-Britannique. Le ministre Mike de Jong ne s’oppose pas au principe de bonification. « Je pense que le débat porte davantage sur le moment. À quelle étape l’économie est-elle suffisamment en santé pour augmenter les montants que les employés et leurs employeurs sont obligés de verser ? […] L’économie du Canada est très fragile en ce moment. »

Le ministre québécois des Finances, Carlos Leitão, a indiqué que si une bonification était nécessaire, elle devrait être « modeste » et « ciblée » car seuls les travailleurs gagnant entre 50 000 $ et 75 000 $ environ ont besoin d’aide. « Au bas de l’échelle, il y a déjà des programmes sociaux en place, et les salaires plus élevés, il y a des régimes volontaires et de l’épargne personnelle, mais au milieu, on pourrait argumenter qu’on a besoin d’une certaine amélioration. »

L’Ontario milite pour que le RPC soit bonifié et concocte entre-temps son propre régime complémentaire. Le ministre Charles Sousa n’était pas pour autant démonté par la décision de lundi de reporter la décision à plus tard. « Je suis encouragé par le fait que certaines provinces étaient réticentes et militaient contre cette idée. Maintenant, elles ne le font plus. »

Par ailleurs, la rencontre des ministres des Finances a été l’occasion pour Ottawa de faire connaître l’ampleur des transferts versés à chacune des provinces en 2016-2017. Le Québec touchera 10 milliards de dollars au chapitre de la péréquation, de loin le plus élevé des montants versés. Le Québec recevra aussi 8,3 milliards pour la santé. En comptant tous les autres transferts fédéraux, Québec touchera un total de 21 milliards de dollars. L’Ontario obtiendra 2,3 milliards en péréquation tandis que le Manitoba, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse recevront chacune 1,7 milliard et l’Île-du-Prince-Édouard, 380 millions. Au total, Ottawa verse 36 milliards aux provinces à titre des transferts pour les soins de santé, 17,9 milliards pour la péréquation et 13,3 milliards pour les autres transferts.

3 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 22 décembre 2015 08 h 25

    Aveuglement de nos gouvernements

    Faute d'avoir été prévenante, la petite classe moyenne prise dans le tourbilllon de la consommation, se retrouvera le bec à l'eau à la retraite. Et nous gouvernements regardent faire.

  • Yvon Bureau - Abonné 22 décembre 2015 08 h 29

    Et Évasion et évitement fiscaux?

    Dans la recherche de milliards, comment les ministres des finances enfin ensemble ne parlent pas de ces crimes qui privent nos gouvernements de tant de revenus?

    C'est pour quand la création du CCEEF/Comité CONTRE l'évasion et l'évitement fiscaux?
    C'est pour quand sur ce sujet un sommet des Ordres comptables-avocats spécialisés?

    C'est pour quand dans le rapport d'impôts la question: Évitement fiscal? (oui-non?); Évasion fiscale? (oui-non?)

  • Gilles Gagné - Abonné 22 décembre 2015 08 h 57

    C'est pendant les élections que les politiciens s'intéressent aux "vieux" après ils s'en foutent bassement.