Ottawa prêt à accélérer la cadence

Le premier ministre, Justin Trudeau, a accueilli des réfugiés à Toronto cette semaine.
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne Le premier ministre, Justin Trudeau, a accueilli des réfugiés à Toronto cette semaine.

Ottawa — Le mécanisme d’accueil des réfugiés syriens a trouvé maintenant son rythme de croisière et la cadence devrait atteindre très bientôt deux avions par jour en moyenne, a indiqué mercredi le ministre fédéral de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté.

Les prochains réfugiés, qui arriveront vendredi, sont en majorité parrainés par le gouvernement. Jusqu’ici, un peu plus de 1100 Syriens qui font partie de ce programme sont arrivés au pays, sur un objectif gouvernemental de 10 000 d’ici la fin de l’année.

Mais le processus de contrôle et les autres étapes d’accueil des réfugiés ont trouvé leur rythme de croisière depuis quelques jours, ce qui fait que la cadence peut maintenant être accélérée, a indiqué le ministre John McCallum. Le gouvernement libéral croit ainsi pouvoir atteindre sa cible d’ici le 31 décembre.

Le ministre a indiqué mercredi, en point de presse à Ottawa, que certains jours, trois avions arriveraient au pays alors que d’autres jours, il n’y en aurait aucun. Mais le gouvernement prévoit une moyenne de deux avions par jour au cours des deux prochaines semaines.

Soins de santé

 

Pendant ce temps, le gouvernement a réglé un litige relatif aux soins de santé qui étaient offerts gratuitement aux réfugiés. Le gouvernement conservateur avait restreint en 2012 l’accès aux soins de santé gratuits pour certains réfugiés et demandeurs, mais la Cour fédérale a invalidé en 2014 cette décision « cruelle », qui mettait en péril la vie humaine.

Les conservateurs avaient rétabli certains soins tout en faisant appel du jugement. Le nouveau gouvernement libéral vient de retirer ce recours en appel, mais il n’a pas encore formellement infirmé la décision des conservateurs. Il a pour l’instant créé une exemption pour les 25 000 Syriens de la vague actuelle de réfugiés.

Le ministre McCallum se félicitait, mercredi, de l’efficacité du processus. « Nous avons vraiment amélioré notre mécanisme d’accueil, a-t-il soutenu. Au moins 500 fonctionnaires s’activent sur le terrain, et 15 000 personnes sont impliquées dans tout le processus. »

Ce sont les examens médicaux qui ont causé des embouteillages dans le système, mais la situation s’est grandement améliorée grâce à une augmentation des effectifs, a indiqué le ministre McCallum. « En deux semaines, nous sommes passés de 600 par semaine à 800 par jour. »

Les efforts pour gérer les crises migratoires à un « point critique » selon l’ONU

Genève — Les organisations humanitaires qui tentent d’aider les millions de personnes fuyant chaque année les conflits et les catastrophes naturelles dans le monde sont désormais à un « point critique », a estimé mercredi le patron de l’agence onusienne pour les réfugiés, Antonio Guterres. « Le moment est venu d’un changement radical dans les efforts internationaux pour gérer les déplacements », a déclaré M. Guterres, Haut-Commissaire de l’ONU pour les réfugiés (HCR), à l’ouverture d’une conférence de deux jours sur le sujet à Genève. Il a souligné que les organisations humanitaires qui essaient, malgré le manque crucial de fonds, de répondre aux besoins des déplacés « sont à un point critique ». « Nous devons arrêter de nous occuper simplement des conséquences des déplacements, et commencer sérieusement à lutter contre les causes profondes » de ces crises, a-t-il lancé. Ces dernières années, le nombre des personnes déplacées dans le monde n’a cessé d’augmenter. Le 7 décembre, l’ONU a demandé aux pays membres 20,1 milliards de dollars pour aider 87 millions de personnes dans 37 pays en 2016, « l’appel de fonds le plus important jamais lancé ». Cet appel couvre les réponses à 27 crises, dont celles en Centrafrique, au Burundi, au Nigeria, au Soudan du Sud, en Syrie et au Yémen. Au total, plus de 60 millions de personnes dans le monde ont fui leur foyer. 


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