Les libéraux avares de détails sur leurs priorités

Justin Trudeau faisait sa première apparition en Chambre lundi en tant que premier ministre.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Justin Trudeau faisait sa première apparition en Chambre lundi en tant que premier ministre.

À peine en selle, le gouvernement de Justin Trudeau a été sommé, dès sa première période des questions, de préciser quelques-unes de ses priorités. Les troupes libérales ont en partie obtempéré, en n’offrant que des parcelles de détails quant à la suite de la mission contre le groupe armé État islamique, l’arrivée de réfugiés syriens ou l’enquête sur les femmes autochtones à venir.

Les partis d’opposition attendaient le nouveau gouvernement de pied ferme. Après les félicitations d’usage à l’endroit de leurs collègues élus au Parlement il y a sept semaines, conservateurs et néodémocrates sont passés à l’attaque.

Au menu, pour les troupes conservatrices, la promesse des libéraux de retirer les avions de chasse canadiens de la mission internationale de bombardements contre le groupe EI. « Pourquoi le premier ministre se retire-t-il de la lutte, alors que nos alliés haussent le ton ? », a lancé la chef intérimaire du Parti conservateur, Rona Ambrose. Le gouvernement libéral n’a pas encore dévoilé à quelle date les CF-18 seront rapatriés au pays. « Je pense que c’est une question de semaines, mais pas de mois », a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, à sa sortie des Communes lundi. Ottawa attend de convenir avec ses alliés de ce nouveau pan de la mission afin de s’assurer que l’aide canadienne soit « complémentaire », et non « un dédoublement » de leurs efforts, a expliqué M. Dion. La mission de bombardement cessera lorsque la nouvelle mission de formation des troupes locales sera prête à débuter, pour éviter un « vacuum » de la contribution canadienne.

Réfugiés, climat et femmes autochtones

Le gouvernement Trudeau a en outre été appelé à faire le point sur l’accueil de 15 000 réfugiés syriens d’ici la fin de l’année. Les premiers vols en provenance de Turquie et de Jordanie atterriront « cette semaine », a révélé le premier ministre. « Dans quelques jours », s’est contenté de détailler son ministre de l’Immigration et des Réfugiés, John McCallum, dans le foyer des Communes. Ses réponses en Chambre avaient offert peu de précisions à l’opposition.

« Je suis déçue de voir que la période des questions est encore la période des questions, et pas tant la période des réponses », a déploré Rona Ambrose, désormais dans le camp de ceux qui espèrent de réelles explications de la part du gouvernement. Son ancien patron, Stephen Harper, n’était pas présent lundi.

Du côté du NPD, Thomas Mulcair a accusé les libéraux de ne pas avoir de plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et ses troupes ont appelé le gouvernement à confirmer la tenue d’une enquête publique sur les femmes autochtones disparues et assassinées. Les libéraux ont justement fait savoir qu’ils dévoileraient les modalités des préconsultations de leur enquête mardi midi.

Le gouvernement a par ailleurs dévoilé son plan de réduction d’impôt pour la classe moyenne, en confirmant que ce qui devait au départ être un projet à coût nul coûtera en fait 1,2 milliard au fédéral par année (voir texte en page A1).

Le Bloc contraint au mutisme

Ce premier jour de débats parlementaires était aussi l’occasion pour l’opposition de répliquer au discours du Trône prononcé vendredi. Le Bloc québécois n’a toutefois pas pu s’exprimer, le consentement unanime nécessaire pour permettre à un petit parti de prendre la parole lui ayant été refusé. Parmi ceux qui s’y sont opposés, des députés du NPD. « Ce n’est pas notre règle, c’est une règle de la Chambre », a rétorqué M. Mulcair. Le droit de parole est normalement réservé aux partis reconnus, qui comptent au moins 12 élus. Le Bloc demandait une dérogation. « Les règles, ça évolue », a déploré le chef bloquiste, Rhéal Fortin, en accusant le NPD, un parti « qui se dit démocratique et progressiste », d’avoir muselé un caucus représentant un million de votes québécois.

Le Bloc voulait notamment implorer les libéraux de bonifier les transferts aux provinces en santé. La ministre Jane Philpott a indiqué qu’elle rencontrerait ses homologues en janvier, pour discuter d’un nouvel accord fédéral-provincial.

Avec Hélène Buzzetti

Peter MacKay favori

Si c’était le grand public — et non les membres du parti — qui avait à choisir le prochain chef conservateur, il élirait l’ex-ministre fédéral de la Justice, Peter MacKay, loin devant son plus proche rival, Jean Charest. Selon un sondage de la firme Abacus, 31% des membres du public soutiendraient la candidature de Peter MacKay afin qu’il succède à l’ex-chef du Parti conservateur, Stephen Harper. En revanche, 15 % du public appuierait la candidature de Jean Charest. Là où une éventuelle course entre ces deux candidats serait plus serrée, c’est au Québec: Peter MacKay y recevrait 26% des appuis, contre 23% pour Jean Charest. Parmi les membres actuels du parti, 35 % choisiraient Peter MacKay, tandis que le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, aurait l’appui de 17 % d’entre eux, devant Jason Kenney (12%) et Jean Charest (11%). Le sondage en ligne a été effectué le 25 novembre auprès de 1500 Canadiens. La marge d’erreur d’un sondage semblable, s’il était probabiliste, serait d’environ 2,6 %, 19 fois sur 20.
2 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 8 décembre 2015 04 h 19

    Période de questions

    Finalement les conservateurs demandent aux libéraux pourquoi ils ne font pas comme les conservateurs et les néodémocrates leur demandent pourquoi ils ne font pas comme eux. Mais parce que vous avez perdu vos élections messieurs dames.

    PL

  • Bernard Terreault - Abonné 8 décembre 2015 10 h 26

    Amusante la photo

    Les trois personnes mises en vedette ici sont tous trois (Morneau, Trudeau, Leblanc) des parfaits canadiens ayant des patronymes français mais plus à l'aise en anglais. Comme le sera vraisemblablement l'ensemble des Québécois dans une génération si j'en juge par les conversations de jeunes que j'entends.