Accueil favorable du plan d’Ottawa

Le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, John McCallum, a évoqué la contribution éventuelle de ces nouveaux arrivants à l’économie du pays, mardi en point de presse.
Photo: Fred Chartrand La Presse canadienne Le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, John McCallum, a évoqué la contribution éventuelle de ces nouveaux arrivants à l’économie du pays, mardi en point de presse.

Les organismes communautaires et les municipalités accueillent favorablement le plan d’action d’Ottawa pour l’accueil des réfugiés, même si des zones d’ombre subsistent. Le détail des ressources financières accordées reste notamment à connaître, alors qu’une logistique complexe s’apprête à se déployer.

« Les organismes commençaient à être inquiets, car jusqu’à ce matin, on n’avait aucune clarification sur les mandats et les ressources disponibles », a exprimé au Devoir Stephan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI). Ce regroupement évalue à 8 millions de dollars la somme nécessaire à accueillir potentiellement 2700 réfugiés, qui seront pris en charge par la province dans les prochains mois. Le feu vert à ces ressources supplémentaires devant percoler depuis Ottawa vers Québec, puis vers la TCRI et ses organismes membres, l’annonce d’aujourd’hui était attendue avec grande impatience.

Le choix des 13 communautés d’accueil des Syriens au Québec ne relève pas du hasard, ajoute M. Reichhold, puisqu’il correspond à 13 organismes ayant une longue expérience d’accueil des réfugiés. « Ils doivent embaucher du personnel, louer des locaux, trouver des interprètes, préparer leurs intervenants, détaille-t-il. Donnez-nous les ressources et on fera le travail. » Les réfugiés parrainés par l’État reçoivent directement un montant pour se réinstaller dans un appartement et le meubler, se nourrir, s’habiller, etc.

L’expertise humanitaire de la Croix-Rouge canadienne sera également mise à contribution pour s’attaquer à ce défi logistique de taille. L’organisme accompagnera les réfugiés durant les premières heures suivant leur arrivée aux aéroports désignés, a expliqué au Devoir son président Conrad Sauvé : « Le symbole de la Croix-Rouge est puissant et rassurant, et on s’occupera donc de tout l’aspect d’accueil. »

M. Sauvé se réjouit aussi qu’Ottawa tente d’éviter l’hébergement temporaire, privilégiant des arrivées plus lentes qui permettront d’organiser des transitions plus directes vers des centres de long séjour. « Même s’il est difficile de trouver des endroits disponibles, il faut minimiser les déplacements, qui comportent toujours de l’incertitude. »

Renouer avec une tradition humanitaire

Autre élément à souligner du plan d’action selon Stephan Reichhold : le coût des billets d’avion sera assumé par le gouvernement fédéral. La facture est habituellement refilée aux réfugiés après leur arrivée, qu’ils soient parrainés par le privé ou par l’État, « une dette qui n’aidait pas l’intégration ».

Faisal Alazem, le directeur du Conseil syro-canadien, salue aussi l’annonce de mardi. « Je suis très heureux. Après quatre années et demie d’activisme, je sens finalement que c’est arrivé. On retrouve notre Canada », dit celui qui est l’un des premiers qui ont tenté d’alerter l’opinion publique canadienne à la crise humanitaire sévissant dans son pays d’origine. Janet Dench, du Conseil canadien pour les réfugiés, félicite aussi le gouvernement fédéral « de prendre un virage en faveur des réfugiés » qui n’avait plus été vu à Ottawa depuis 10 ans.

Seule ombre au tableau selon eux : le fait que les jeunes hommes sans famille seront moins susceptibles d’être sélectionnés par le Canada. Ottawane les exclura pas d’emblée, mais s’ils ne sont pas gais, ils arriveront tout en bas del’échelle de vulnérabilité utilisée pour sélectionner les candidats. M. Alazem rappelle que de jeunes hommes ont été blessés ou torturés et devraient pouvoir se qualifier.

Le maire Denis Coderre a quant à lui annoncé que la Ville de Montréal avait réservé une somme de près d’un million de dollars pour l’accueil des réfugiés dans la métropole. Cette somme permettra d’accorder un soutien financier aux groupes communautaires, mais pourrait aussi servir à payer les heures supplémentaires des employés si requis.

La Fédération canadienne des municipalités (FCM) s’est dite, quant à elle, consciente de certaines « pressions » qui se feront sentir dans les communautés, en particulier en matière de logement abordable.


 
3 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 25 novembre 2015 10 h 13

    Tiens

    Le maire Labeaume voulait recevoir en priorité des familles et des orphelins.

    Il a été descendu enflammés. Je l'ai même entendu s'excuser. Aujourd'hui on nous apprends que "les jeunes hommes sans famille seront moins susceptibles d'être sélectionnés..."

    Hum hum! Scuzez pardon...

  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 25 novembre 2015 16 h 58

    Les Femmes, les Enfants et les Invertis d'abord...

    Wow! On a vraiment la preuve que les mentalités ont vachement évolué depuis le naufrage du Titanic!

    Je pense qu'on devrait mettre un drapeau arc-en-ciel bien visible au parlement.

    Je connais un paquet de Syriens qui vont sortir du garde-robe!

    Lancez au plus vite des appels d'offres pour construire une bonne dizaine de HLM dans le quartier gai, il y a une gang qui s'en vient!

    On saura de quoi ça a l'air un Syrien qui chante le soir déguisé en Femmes Glamour pour gagner sa croûte.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 26 novembre 2015 04 h 54

      Et comment vont-ils «tester» l'orientation sexuelle ?

      PL