Déjà 10 000 demandes d’asile reçues par les fonctionnaires sur le terrain

Selon le ministre McCallum, les réfugiés syriens qui prendront le chemin du Canada devraient venir des camps situés dans les trois pays de la région qui ont été les plus touchés par le plus important exode depuis la Seconde Guerre mondiale, soit la Turquie, la Jordanie (notre photo) et le Liban.
Photo: Raad Adayleh Associated Press Selon le ministre McCallum, les réfugiés syriens qui prendront le chemin du Canada devraient venir des camps situés dans les trois pays de la région qui ont été les plus touchés par le plus important exode depuis la Seconde Guerre mondiale, soit la Turquie, la Jordanie (notre photo) et le Liban.

Le gouvernement libéral s’apprête à finaliser son plan de match pour accueillir 25 000 réfugiés syriens d’ici la fin de l’année. Le ministre de l’Immigration fera ses recommandations au Conseil des ministres jeudi, lequel pourrait alors trancher à l’issue de cette rencontre. Mais déjà, les fonctionnaires dépêchés au Moyen-Orient ont reçu près de 10 000 demandes d’asile, a révélé John McCallum.

Il est trop tôt pour dire combien de ces demandes seront acceptées. Les fonctionnaires n’ont pas encore mené les vérifications nécessaires en matière de santé et de sécurité. « L’objectif reste inchangé », a cependant martelé M. McCallum, nouveau ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté. Les libéraux promettent toujours l’arrivée de 25 000 d’entre eux d’ici janvier.

Le ministre n’a toutefois pas été en mesure non plus de préciser à quelle date les premiers mettront les pieds au pays. « Certainement, ils vont commencer à arriver bientôt. Il ne reste que huit semaines avant la fin de l’année. » Mais d’abord faut-il que le Conseil des ministres confirme la stratégie privilégiée. Le gouvernement Trudeau a mis sur pied un sous-comité ministériel — auquel siègent M. McCallum et huit de ses collègues —, qui a remis sa recommandation au cabinet. Ce dernier se réunira jeudi et pourrait alors confirmer le plan de match retenu.

Restera ensuite à discuter avec les gouvernements des pays où le fédéral ira repêcher ces réfugiés, et réserver les avions — militaires ou commerciaux — pour tous les rapatrier au Canada. Le gouvernement libéral connaîtra ensuite la facture engendrée. « Ça peut prendre encore quelque temps pour décider précisément quel est le plan, et ensuite de voir précisément quel est le coût », a expliqué M. McCallum à sa sortie de la réunion du sous-comité chargé du dossier des réfugiés syriens. « Mais ce que je peux vous dire avec certitude, c’est que nous n’allons pas cacher ce coût aux Canadiens. »

Une promesse saluée

La nouvelle ministre des Institutions démocratiques, la réfugiée afghane Maryam Monsef, participe aux travaux du sous-comité ad hoc. « Dans 20 ans, nous compterons peut-être un réfugié syrien à la table du Conseil des ministres », a fait valoir la ministre de la Santé, Jane Philpott, qui préside quant à elle les délibérés.

La promesse libérale a été saluée par le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR). « C’est un grand geste de solidarité envers la population syrienne et les pays voisins de la Syrie, qui ensemble accueillent plus de quatre millions de réfugiés et qui subissent le plus gros de cette crise », a applaudi António Guterres. Le HCR s’est engagé à aider les fonctionnaires canadiens à identifier rapidement les réfugiés syriens ayant fui leur pays — notamment au Liban et en Jordanie — et à accélérer leur réinstallation au Canada.

1 commentaire
  • Gilles Delisle - Abonné 11 novembre 2015 08 h 06

    Un geste de précipitation sans précédent!

    Afin de faire respecter une décision électorale, le gouvernement actuel et ses fonctionnaires travaillent nuit et jour, qu'on nous dit afin de faire venir 25 000 syriens pour le 1er janvier prochain! Est-ce qu'il aurait été catastrophique de les faire venir pour le 1er Mars prochain, afin que tout le travail de vérification nécessaire pour la santé et sécurité des nouveaux arrivants, soit effectué correctement. A quoi rime cette précipitation pour respecter un engagement électoral.