Un comité spécial se penchera sur le cas des réfugiés syriens

Ottawa n’est pas encore en mesure de préciser quand les premiers réfugiés syriens fouleront le sol canadien, mais un comité spécial a été mis sur pied pour préparer le terrain.
 

Le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, John McCallum, reconnaît que le temps presse pour le gouvernement, qui a promis d’accueillir 25 000 réfugiés syriens au Canada d’ici le 31 décembre.

Ils devront travailler sur plusieurs fronts afin de parvenir à attacher les nombreuses ficelles de ce plan complexe, de la sélection des milliers de déplacés jusqu’à leur accueil au Canada, en passant par les questions logistiques reliées au transport.

Ottawa pense faire venir les réfugiés syriens par avion (commercial ou militaire) et par bateau. « Toutes les options sont sur la table », pourvu que ce soit “rentable” et que cela permette de transporter les Syriens « de façon sécuritaire et rapidement », a dit le ministre.

M. McCallum a par ailleurs confirmé que les bases militaires du pays pourraient servir de lieu d’hébergement pour les réfugiés. Le Canada a opté pour cette stratégie lorsqu’il a ouvert ses portes à quelque 5000 réfugiés kosovars en 1999.

« L’armée joue un rôle majeur. [...] Les bases militaires sont certainement une option. Si on va recevoir des milliers de réfugiés sur une période limitée, il faut les mettre quelque part », a expliqué le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté.

Les réfugiés syriens qui prendront le chemin du Canada devraient venir des camps situés dans les trois pays de la région qui ont été les plus touchés par cet exode — le plus important depuis la Seconde Guerre mondiale —, soit la Turquie, la Jordanie et le Liban.

« Il est possible que nous sélectionnions des réfugiés dans chacun de ces pays ou que nous nous concentrions sur un ou deux d’entre eux, mais nous travaillons là-dessus en ce moment », a affirmé M. McCallum.

Le ministre a également signalé que le gouvernement avait l’intention de rétablir dans son intégralité le Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI), qui offre une protection en matière de soins de santé limitée et temporaire aux réfugiés et aux demandeurs d’asile.

Le comité dont la formation a été annoncée lundi sera présidé par la ministre de la Santé, Jane Philpott. La coprésidence a été confiée à la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly.

Elles seront notamment épaulées par leurs collègues aux Affaires étrangères, Stéphane Dion, à la Sécurité publique, Ralph Goodale, au Développement international, Marie-Claude Bibeau, ainsi que par la ministre des Institutions démocratiques, Maryam Monsef, une réfugiée afghane.


Air Canada propose son aide
 

Déjà, le transporteur Air Canada a proposé ses services au gouvernement libéral de Justin Trudeau pour transporter des réfugiés syriens jusqu’au Canada.
 

La compagnie aérienne a contacté le nouveau gouvernement dans les jours qui ont suivi le vote du 19 octobre, lui expliquant qu’elle avait la possibilité de contribuer au transport des réfugiés avant la période achalandée du temps des fêtes.
 

Des responsables d’Air Canada travaillent en ce moment avec des représentants gouvernementaux pour déterminer comment tout cela pourrait s’orchestrer. Bien que le transporteur aérien ne puisse se rendre directement en Syrie, des avions pourraient se poser au Liban voisin.
 

Les libéraux ont promis d’accueillir 25 000 réfugiés qui fuient la guerre civile en Syrie d’ici la fin de l’année. Pour atteindre cet objectif dans ce court laps de temps, le gouvernement doit mettre en place une stratégie logistique efficace, impliquant plusieurs ministères ainsi que le secteur privé.
 

Après le tremblement de terre de 2010 en Haïti, Air Canada avait affrété un vol avec de la nourriture et divers équipements qu’elle avait laissés sur place en Haïti. Elle avait ensuite fait monter à bord des résidants évacués et des orphelins pour les amener au Canada.

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