Thomas Mulcair sort de son mutisme

Thomas Mulcair s’est défendu d’avoir voulu éviter la couverture médiatique en tenant sa première sortie publique depuis l’élection le jour de l’assermentation du gouvernement Trudeau.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Thomas Mulcair s’est défendu d’avoir voulu éviter la couverture médiatique en tenant sa première sortie publique depuis l’élection le jour de l’assermentation du gouvernement Trudeau.

Il a peut-être perdu plus de la moitié de ses troupes au combat électoral, mais Thomas Mulcair clame « mission accomplie ». Selon lui, le fait d’avoir sans relâche attaqué Stephen Harper à la Chambre des communes a fait comprendre aux Canadiens l’importance de le renverser.

Et c’est au moins ce qui est arrivé, bien que le gouvernement de remplacement se soit décliné en rouge plutôt qu’en orange. M. Mulcair entend rester chef jusqu’en 2019 et prendre à ce moment la place de Justin Trudeau.

« Nous nous étions donné comme principale priorité de nous débarrasser des conservateurs de Stephen Harper. Mission accomplie ! J’aurais préféré que ce soit avec le NPD, mais nous donnerons toutes les chances à ce nouveau gouvernement »,a déclaré M. Mulcair alors qu’il s’adressait aux journalistes au terme d’une rencontre avec les membres de son caucus réduit.

Première sortie

C’était le premier point de presse du chef néodémocrate depuis sa défaite du 19 octobre dernier. Il prétend que la tenue de cette rencontre et de cette sortie publique le jour même de l’assermentation de Justin Trudeau n’est que pure coïncidence : c’était ce jour précis où ses députés défaits quittaient leurs bureaux et que les nouveaux prenaient possession des leurs. Il ne s’agissait pas de réduire la couverture médiatique de ce mea culpa, assure le chef néodémocrate.

M. Mulcair s’est engagé à rester chef jusqu’au prochain scrutin, en 2019. Mais les militants, qui doivent se prononcer sur son leadership lors du congrès du parti en avril, lui accorderont-ils leur confiance ? « Je suis le chef de ce parti au gré des membres du parti. […] C’était ma première campagne électorale comme chef,a-t-il tenu à préciser. Le résultat n’était pas celui qu’on a souhaité, mais on est une équipe solide, unie, très forte. » Il a ajouté être « extrêmement confiant » parce que l’énergie ressentie à son caucus était « tellement positive, confiante et tournée vers l’avenir ».

 

Bonne récolte

M. Mulcair a tenté de mettre en lumière les aspects positifs de la défaite, rappelant que même avec 44 députés, il s’agit de la seconde meilleure récolte électorale de l’histoire du parti, que 3,5 millions de Canadiens ont voté pour le NPD et que ce dernier a désormais de profondes racines au Québec, où il a obtenu 27 % du vote.

Néanmoins, le chef a indiqué qu’il « assume toute la responsabilité en tant que chef ». Il ne s’est pas aventuré davantage sur les raisons de la défaite. Il a plutôt mandaté la directrice nationale du parti, Anne McGrath, ainsi que sa présidente, Rebecca Blaikie, pour faire un bilan électoral qui « va inclure une consultation ». Devant ses députés, M. Mulcair a précisé que cet exercice devrait être « sans fard et complet » et que les résultats devraient en être partagés avec tous les militants du parti.

« Ce n’est pas le mandat que nous aurions souhaité, mais c’est le mandat que nous acceptons avec honneur, la tête haute. »

Ce n’est pas le mandat que nous aurions souhaité, mais c’est le mandat que nous acceptons avec honneur

3 commentaires
  • Patrick Daganaud - Abonné 5 novembre 2015 06 h 05

    Rouge, c'est presque orange?

    Pour être « sans fard et complet », l'examen de conscience devra d'abord être authentique.

    Transparent, oui, mais d'abord vrai.

    Pour l'instant, c'est plutôt un examen d'inconscience.

    Quand Monsieur Mulcair suggère que « Ce n’est pas le mandat que nous aurions souhaité, mais c’est le mandat que nous acceptons avec honneur, la tête haute. », il y a maldonne : le mandat, ce sont les libéraux (les rouges) qui l'ont.

    Pas les oranges.

    Et non, rouge, ce n'est pas presque orange.
    Il se peut même que ce soit cette confusion qui ait fait perdre le cap et les votes.

    C'est l'examen du respect par le chef des fondements néodémocrates qui doit être fait. Il se peut même que ce daltonisme ait parfois confondu le bleu et l'orange, couleurs pourtant opposées sur le cercle chromatique...

    Ce doit être un trouble politicovisuel : ce problème ophtalmologique, Harper l’avait aussi, confondant le bleu et toutes les teintes de la grisaille, souvent jusqu’au noir.

    Pas sûr que cela se soigne!

  • Gilles Théberge - Abonné 5 novembre 2015 08 h 07

    Les leçons de la défaite...

    Si Tom/Thomas Mulcair était vraiment conséquent, il démissionnerait. Il a montré son incompétence au cours de la dernière élection.

  • Pierre Laliberte - Abonné 5 novembre 2015 10 h 24

    Le grand "mystère" de la défaite néo-démocrate...

    Il est assez singulier que Tom Mulcair joue à l'ingénu quant aux causes de la débâcle de sa propre campagne... Il en a choisi les architectes (bonjour Brad Lavigne), le ton (prudent à l'excès) et les priorités (plus au centre que toutes les campagnes néodémocrates précédentes). Le NPD a également choisi prendre pour acquis ses appuis au Québec en ne faisant pas de cas du consensus en matière "d'accommodements" et sur le pipeline énergie est. Le NPD est maintenant condamné à revenir à son centre de gravité politique historique à la gauche des libéraux. Tom Mulcair est-il l'homme de la situation?