Justin Trudeau invite les partis d’opposition à la COP21

Justin Trudeau adopte une approche définitivement plus inclusive que celle des conservateurs en invitant les partis d’opposition à se joindre à la délégation canadienne qui participera à la conférence de Paris sur les changements climatiques le mois prochain.
 

Le premier ministre désigné a déjà demandé à la chef du Parti vert Elizabeth May de l’accompagner au sommet des Nations unies qui débutera le 30 novembre.

 

Il prévoit également tendre la main au chef néodémocrate Thomas Mulcair et au chef du Parti conservateur — que ce soit Stephen Harper ou un chef intérimaire —, et inviter des représentants d’organisations non gouvernementales et environnementales, selon des sources.

Les premiers ministres de toutes les provinces qui ne seront pas en élection cet automne ont également accepté d’accompagner M. Trudeau.

 

Approche inclusive

Cette approche inclusive du premier ministre désigné contraste avec celle de l’ancien gouvernement conservateur, qui limitait la participation aux délégations canadiennes aux membres du gouvernement, excluant systématiquement les partis d’opposition.

En 2011, Justin Trudeau, qui n’était pas encore le chef du Parti libéral, avait d’ailleurs traité le ministre de l’Environnement de l'époque, Peter Kent, de « tas de merde » à la Chambre des communes. Celui-ci venait tout juste de blâmer le porte-parole néodémocrate en matière d’Environnement Megan Leslie pour ne pas avoir participé à la conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Durban, en Afrique du Sud, alors que c’est le gouvernement conservateur qui avait refusé d’accréditer tout membre de l’opposition.

À la conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Varsovie, en Pologne, qui se tenait en 2013, Mme May s’était jointe à la délégation afghane après que le gouvernement Harper eut refusé qu’elle fasse partie de la délégation canadienne. Faire partie de la délégation de l’Afghanistan, plutôt que de participer à la conférence à titre d’observatrice, lui avait permis d’assister à toutes les négociations.

« J’étais une réfugiée environnementale, a déclaré Mme May en entrevue. C’était complètement grotesque ce que M. Harper avait fait. »

La chef des verts a spécifié que l’approche plus inclusive des libéraux n’a rien de surprenant: Justin Trudeau embrasse simplement la tradition voulant que les délégations à des conférences internationales représentent le Canada dans son ensemble, pas seulement le parti qui gouverne.


Le sommet de Paris a pour objectif de négocier des cibles de réduction des gaz à effet de serre pour la période subséquente à 2020.

Pendant la campagne électorale, M. Trudeau s’est bien gardé de fixer des cibles, arguant que de lancer des chiffres qui ne seront jamais atteints est complètement inutile. Il a plutôt promis de travailler avec les premiers ministres provinciaux pour développer un cadre national permettant de combattre les changements climatiques.

Lors d’un point de presse post-électoral mardi, M. Trudeau a déclaré qu’il avait déjà commencé à s’entretenir avec des premiers ministres provinciaux dans le but de développer «une position forte» en prévision du sommet de Paris «pour que les gens comprennent que les années où le Canada était un acteur moins enthousiaste pour combattre les changements climatiques sont derrière nous».

Sous le gouvernement Harper, le Canada s’est notamment retiré du protocole de Kyoto et le Canada ne sera vraisemblablement pas en mesure de respecter ses engagements pris à Copenhague de réduire ses émissions de 17 % d’ici 2020.

14 commentaires
  • Sylvain Deschênes - Abonné 24 octobre 2015 11 h 53

    Et le bloc?

    Si Trudeau est si inclusif qu'il le prétend, il devrait également inviter un représentant du Bloc québécois qui est le seul parti à s'oposer au pipeline avec les verts. D'ailleurs, j'ai remarqué que son discours de victoire mentionnait tous les chefs, sauf Gilles Duceppe. Même Harper a eu un mot pour Duceppe. Alors pour l'ouverture, on repassera.
    Sylvie Ménard

    • Jean-Marc Simard - Abonné 25 octobre 2015 07 h 18

      Pourrait-on y voir une tendance à vouloir tasser le Bloc dans un coin et à l'isoler ? Si c'est le cas Trudeau fait une erreur, s'il veut construire un Canada uni ? Car cette reconstruction du nouveau Canada, tel que perçu par lui, ne pourra se faire sans le Bloc et les souverainistes que ce parti représente...Si sa politique inclusive est une façon particulière de diviser le Canada, en faisant comme si les souverainistes n'existaient pas, tôt ou tard, la réalité politique va le rattraper...Justin Trudeau a intérêt à ne pas trop se tromper...Sinon son règne se terminera dans la division sécessionniste...S'il veut être inclusif, qu'il le soit totalement, non à moitié...

    • Raymond Labelle - Abonné 25 octobre 2015 07 h 39

      La vraie position du Bloc est que c'est le gouvernement du Québec qui doit décider à propos d'Énergie Est. Le Bloc n'est pas contre Énergie Est par lui-même. Le Bloc a pu feindre d'être contre Énergie Est en soi pendant la campagne électorale parce que le gouvernement du Québec n'avait pas encore pris position sur la question.

      Que feront le gouvernement Couillard et son ministre de l'Environnement, M. Heurtel... Suspense(?)

      Mais le gouvernement du Québec sera représenté.

      Seul le parti vert avait pris position inconditionnellement contre le pipeline d'Énergie Est.

    • Raymond Labelle - Abonné 25 octobre 2015 07 h 40

      Le PLC et le NPD proposaient de soumettre le projet à des études environnementales. Attendons voir les modalités de ces études...

    • Raymond Labelle - Abonné 25 octobre 2015 07 h 47

      Le Bloc reconnaît explicitement n'exister qu'en fonction de stratégiquement appuyer la sécession du Québec. Le Bloc reconnaît explicitement ne pas avoir la moindre préoccupation des intérêts du Canada en général. Le Bloc mentionne explicitement ne pas avoir pour vocation de proposer un programme de gouvernance de l’État fédéral.

      La gouvernance du gouvernement fédéral ne devrait donc pas être l’affaire du Bloc selon sa propre logique.

      Dans sa politique de défense des intérêts du Québec, le Bloc s’aligne entièrement sur le gouvernement du Québec. Or, le gouvernement du Québec est invité par le gouvernement Trudeau à participer à la conférence.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 25 octobre 2015 11 h 22

      Si le Bloc fini par se nommer un représentant de groupe, il sera alors plus facile de l'inviter, trouvez pas ? Nous vivrions dans un drôle de monde si ce serait M. Trudeau qui choisirait lui-même le représentant du Bloc pour aller faire un tour à Paris. Imaginez les hauts cris.

      PL

  • Gilles Théberge - Abonné 24 octobre 2015 12 h 09

    Hé bien!

    À l'instar de madame May qui avait joint l'équipe Afghane pour assister à précédente conférence, les députés du bloc Québécois devront apparemment se joindre à une délégation étrangère s'ils ne veulent pas être des réfugiés...

    Si l'article dit vrai, on constate une ouverture de Trudeau à l'opposition excluant le bloc.

  • Bernard Terreault - Abonné 24 octobre 2015 12 h 29

    Exclusion

    Justin inviterait les conservateurs et les néodémocrates, et les Verts qui ont une seule députée, mais pas le Bloc qui en a dix. Bon début de réconciiation nationale.

  • Normand Renaud - Inscrit 24 octobre 2015 16 h 27

    Faire différent

    Bonne idée et ouverture. La cohorte ne sera que salutaire pour différents point de vues. Quant à l'absence éventuelle du Bloc, il y aura le parti Vert et des représentants d'organismes qui réflètent déjà l'opinion du Bloc en la matière.

    • Raymond Labelle - Abonné 24 octobre 2015 19 h 39

      La vraie position du Bloc est que c'est le gouvernement du Québec qui doit décider à propos d'Énergie Est. Le Bloc n'est pas contre Énergie Est par lui-même. Le Bloc a pu feindre d'être contre Énergie Est en soi pendant la campagne électorale parce que le gouvernement du Québec n'avait pas encore pris position sur la question.

      Que feront le gouvernement Couillard et son ministre de l'Environnement, M. Heurtel... Suspense(?)

      Mais le gouvernement du Québec sera représenté.

      Seul le parti vert avait pris position inconditionnellement contre le pipeline d'Énergie Est.

      Le PLC et le NPD proposaient de soumettre le projet à des études environnementales. Attendons voir les modalités de ces études...

    • Josée Duplessis - Abonnée 25 octobre 2015 08 h 40

      À ces événements particulièrement importants on ne peut laisser les autres parler à notre place. Plus il y aura de représentants qui ont une bonne idée quant à l'environnement plus ça sera gênant de ne pas en tenir compte.
      Dire que Mme May et le Bloc ont les mêmes idées pourquoi ne pas avoir choisi un représentant du Bloc plutôt que Mme May?
      Pourquoi? Le Bloc est considéré comme un ennemi?
      Les gens qui ont voté pour le Bloc ont la peste? Nous n'Avons pas le droit d'etre représenté à Paris?
      Et c'est ça la démocratie?
      On reconnait bien l'esprit des Trudeau.
      J'appelle cela de l'exclusion .
      Comme Couillard fait au Québec. Ensemble ces deux-là feront la chasse aux méchants séparatistes.
      Bravo....(sarcastique)

  • Claude Bariteau - Abonné 24 octobre 2015 18 h 54

    En gang, Trudeau voudra persuader que le Canada est en réflexion intense

    Quand tu annonces que tu travailles à développer une position forte avec des chefs d'opposition et des premiers ministres favorables à la production de pétrole provenant des sables bitumineux, tu ne cherches pas à convaincre que ce pétrole, contrairement à ce que pensent le président Obama et nombre de scientifiques, a peu d'effet sur les GES, mais seulement à annoncer que le Canada partage des objectifs généraux, mais n'est pas prêt à s'engager concrètement au-delà de ce que font les provinces et feront les provinces.