Harper et Trudeau commémorent ensemble la fusillade du parlement

Justin Trudeau et le premier ministre sortant Stephen Harper ont ensemble déposé une couronne de fleurs au monument aux morts près du Parlement d’Ottawa.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Justin Trudeau et le premier ministre sortant Stephen Harper ont ensemble déposé une couronne de fleurs au monument aux morts près du Parlement d’Ottawa.

Ottawa — Entourés de plusieurs centaines de citoyens massés dans les rues d’Ottawa, de dignitaires, de militaires et de membres des forces de l’ordre, Stephen Harper et Justin Trudeau, le premier ministre sortant et son successeur, ont procédé à un passage de témoin avant l’heure en déposant ensemble jeudi une couronne de fleurs à la commémoration des attaques contre des militaires canadiens il y a un an par deux jeunes radicalisés aux idées djihadistes.

M. Trudeau a profité de l’occasion pour assurer que le Canada ne pliera pas devant les attaques contre la liberté. « Nous ne laisserons pas des menaces nous définir et nous ne plierons pas devant ceux qui s’attaquent à nos valeurs et à notre liberté. »

Trois jours après son écrasante victoire, le futur premier ministre canadien a été particulièrement observé pour cette première sortie officielle aux côtés de Stephen Harper, détendu et souriant. À leur arrivée, M. Harper et M. Trudeau ont salué les familles des deux soldats avant de prendre place pour les cérémonies.

« Il a été inspirant de voir les Canadiens se rallier après ces attaques […] condamner le terrorisme et faire preuve du courage et de la résolution qui font la grandeur de notre pays », a déclaré Stephen Harper.

Les deux hommes ont eu mercredi soir une première réunion afin d’organiser la transition du pouvoir. Le futur premier ministre, qui doit entrer officiellement en fonction le 4 novembre avec la présentation de son gouvernement, a défendu les valeurs de tolérance et d’accueil.

« Les Canadiennes et les Canadiens sont pleins de bonté et de générosité », a-t-il dit en rappelant que le Canada considère « avec respect toutes les croyances ».

Le futur chef de gouvernement a confirmé mardi qu’il procédera à l’arrêt des frappes canadiennes contre le groupe État islamique.

Le 22 octobre l’an dernier, alors que des appels du groupe EI à des actions isolées contre des militaires des pays occidentaux avaient été lancés la semaine précédente, un Canadien radicalisé, Michael Zehaf-Bibeau, a ouvert le feu sur un militaire en faction devant le monument aux morts d’Ottawa. Il s’est ensuite engouffré arme à la main dans le parlement, où il a été abattu. Le caporal Nathan Cirillo était tombé sous les balles de ce tireur radicalisé. Deux jours plus tôt, l’adjudant Patrice Vincent avait été assassiné à Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie, par un autre jeune radicalisé.

Mesures de sécurité

Dans la foulée de cette commémoration, de nouvelles mesures de sécurité pourraient être déployées prochainement sur la colline du parlement. Elles incluraient notamment un contrôle plus rigoureux des visiteurs se promenant à pied et des investissements dans les installations de sécurité et l’équipement, selon Gilles Michaud, un dirigeant de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

La GRC et les autorités fédérales attendent les résultats de deux enquêtes en profondeur — dont les rapports seront dévoilés à la fin de l’année et en avril — qui jetteront les bases des nouvelles mesures de sécurité, a révélé M. Michaud, commissaire adjoint à la GRC. Il a indiqué que le corps de police voulait ainsi s’assurer de considérer toutes les menaces potentielles.

Les services de sécurité de la GRC et les gardiens de sécurité de la Chambre des communes et du Sénat ont été fusionnés à la suite de l’attentat. Or, Recherche et développement pour la défense Canada, une agence du ministère de la Défense, travaille discrètement sur deux enquêtes qui pourraient modifier encore davantage les mesures de sécurité sur la colline et dans une trentaine d’édifices situés près de l’enceinte du parlement.

1 commentaire
  • Louise Gagnon - Inscrite 23 octobre 2015 09 h 44

    Un homme est mort et on commémore

    Des mères, des sœurs, des amies, des membres de leur communauté, elles sont plus de 1200 femmes des Premières Nations qui ont été tuées ou portées disparues au Canada, et M. Harper, notre premier ministre sortant, ne commémorera pas.
    Un homme versus un holocaste de 1200 femmes et plus.
    Un homme vaut plus que 1200 femmes.
    C'est la réalité de notre Canada.
    La culture masculine doit changer.
    C'est un défi lancer aux meilleurs.
    Qu'ils aident les monstres à redevenir des êtres humains.