Le Québec dit oui à Trudeau

Les militants du NPD étaient inquiets lundi soir en voyant arriver les résultats qui annonçaient le ressac de la vague orange portée par le Québec en 2011.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Les militants du NPD étaient inquiets lundi soir en voyant arriver les résultats qui annonçaient le ressac de la vague orange portée par le Québec en 2011.

Avec l’appui de 35 % des électeurs québécois, Justin Trudeau a fait meilleure figure au Québec que ses prédécesseurs à la tête du PLC.

Hantés par le scandale des commandites, Stéphane Dion avait récolté 23,7 % des votes en 2008 (14 sièges) et Michael Ignatieff avait recueilli 14,2 % des votes en 2011 (7 sièges). La dégringolade du PLC, entre 2008 et 2011, nourrissait l’espoir chez les néodémocrates de mettre fin à l’alternance historique entre les libéraux et les conservateurs au pouvoir. Cet espoir s’est très rapidement évanoui lundi soir. Le PLC a mis le grappin sur 40 des 78 circonscriptions québécoises.

Après avoir vu ses appuis fléchir tout au long du marathon électoral de 78 jours, le NPD s’est écrasé en bout de piste. L’équipe de Tom Mulcair a remporté 16 circonscriptions lundi, une somme bien moindre que les 59 députés élus en 2011. Les néodémocrates recueillaient l’appui de 25,4 % de l’électorat québécois, comparativement à 42,9 % il y a quatre ans et demi.

D’est en ouest, le PLC a fait le plein de députés au Québec. Justin Trudeau — réélu sans difficulté dans la circonscription de Papineau — comptera sur un bassin de dizaines d’élus du Québec lorsqu’il sera appelé à former son gouvernement.

En soirée, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a « félicité » son nouvel homologue fédéral.

Duceppe perd son pari

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a échoué à prendre sa revanche sur la néodémocrate Hélène Laverdière, qui lui avait ravi la circonscription de Laurier–Sainte-Marie en 2011. Malgré la débâcle de son parti politique au Québec, Mme Laverdière a été réélue avec une majorité de quelque 4000 voix.

Le parti indépendantiste dépêchera à Ottawa 10 députés — 6 de plus par rapport à 2011 —, dont le président de la formation politique, Mario Beaulieu (La Pointe-de-l’Île), ainsi que le député sortant Louis Plamondon (Bécancour-Nicolet-Saurel). Le Bloc québécois n’obtiendra pas le statut de parti officiel puisqu’il a été incapable de faire élire au moins 12 députés.

Le Parti conservateur fait des gains

Écarté du pouvoir, le Parti conservateur a fait des gains au Québec, en voie de rafler sept nouvelles circonscriptions. L’ex-élu adéquiste et caquiste à l’Assemblée nationale Gérard Deltell (PCC) et l’entrepreneur Pierre Paul-Hus sont parvenus à faire tomber respectivement Louis-Saint-Laurent et Charlesbourg–Haute-Saint-Charles dans l’escarcelle du Parti conservateur. Joël Godin a lui remporté les suffrages dans la circonscription de Portneuf–Jacques-Cartier, et le maire de Victoriaville Alain Reyes dans Richmond-Arthabaska.

Maxime Bernier a maintenu son château fort (Beauce), bénéficiant encore une fois d’une majorité absolue des appuis. Il continuera de défendre les valeurs de « liberté et responsabilité individuelles » à la Chambre des communes au sein d’une « opposition forte et vigilante » au gouvernement Trudeau, a-t-il affirmé au micro de Radio-Canada.

Les députés sortants Denis Lebel (Lac-Saint-Jean), Steven Blaney (Bellechasse–Les Etchemins–Lévis) et Jacques Gourde (Lévis-Lotbinière) ont été réélus. Les conservateurs ont réussi à conserver la circonscription de Mégantic-L’Érable, malgré le départ de Christian Paradis.

Enfin, les électeurs d’Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia ont dit « non » à Jean-François Fortin, qui a tourné le dos au Bloc québécois pour fonder Forces et Démocratie. Il a terminé au quatrième rang.



 
1 commentaire
  • Yves Côté - Abonné 20 octobre 2015 04 h 40

    Calculons...

    35% à Monsieur Trudeau.
    Calcul rapide :
    -autour de 20% de nos électeurs sont anglophones et pro-anglais en terme de priorité de langue de communication partout au Canada, donc prêts à tout pourvu que le Québec continuent de s'angliciser,
    -il ne reste donc plus à cette personne et son parti que 15% des électeurs qui croient qu'avec eux, nous francophones trouveront satisfaction dans leurs politiques, si leurs promesses sont tenues.

    A mes yeux, ce n'est pas beaucoup pour se présenter au Canada et dans le monde comme d'une représentation québécoise francophone significative...

    Tourlou !