25 circonscriptions à surveiller au pays

Gilles Duceppe tente de reprendre la circonscription de Laurier–Sainte-Marie, qu'il a perdue en 2011 contre la néodémocrate Hélène Laverdière.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Gilles Duceppe tente de reprendre la circonscription de Laurier–Sainte-Marie, qu'il a perdue en 2011 contre la néodémocrate Hélène Laverdière.
Les courses à deux, à trois et à quatre qui se dessinent dans plusieurs régions du pays rendront assurément la soirée électorale palpitante. Voici les principales luttes à garder à l’oeil.​

Québec

Ahuntsic–Cartierville

Vainqueur en 2011 (Ahuntsic) : Maria Mourani (BQ) 31,8 % (708 voix de majorité)

À surveiller : Duel entre Mélanie Joly et Maria Mourani.
Après sa surprenante deuxième place lors de la course à la mairie de Montréal, en 2013, Mélanie Joly avait promis qu’elle se consacrerait à la politique municipale. La voici maintenant candidate libérale face à Maria Mourani, passée du Bloc québécois au NPD.


Avignon–La Mitis–Matane–Matapédia

Vainqueur en 2011 (Haute-Gaspésie–La Mitis–Matane–Matapédia) : Jean-François Fortin (BQ) 36,05 % (3669 voix de majorité)
À surveiller : Forces et Démocratie en quête d’un premier siège.
Jean-François Fortin a fondé un nouveau parti après avoir claqué la porte du Bloc québécois. Forces et Démocratie se veut une formation politique sans ligne de parti, axée sur les régions. Les électeurs feront-ils de nouveau confiance à leur député sortant sous une nouvelle bannière ?
 
Laurier–Sainte-Marie

Vainqueur en 2011: Hélène Laverdière (NPD) 46,64 % (5382 voix de majorité)

À surveiller : Le match revanche de Gilles Duceppe.

En 2011, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a dû encaisser deux coups durs : la dégringolade de son parti au Québec et la défaite dans la circonscription qu’il représentait depuis 1990. Parviendra-t-il à reprendre son siège face à la néodémocrate Hélène Laverdière ?


Louis-Saint-Laurent

Vainqueur en 2011 : Alexandrine Latendresse (NPD) 39,87 % (1295 voix de majorité)

À surveiller : Gérard Deltell au coeur d’une lutte à deux.

Ancien chef de l’Action démocratique du Québec, puis député de la Coalition avenir Québec, Gérard Deltell mise sur sa notoriété pour procurer la victoire aux conservateurs. Il trouvera sur sa route une autre candidature d’envergure, le néodémocrate G. Daniel Caron, ancien ambassadeur du Canada en Ukraine.

 

Mégantic–L’Érable

Vainqueur en 2011 : Christian Paradis (PCC) 49,14 % (10 2015 voix de majorité)
À surveiller : Quel sera l’impact du départ de Christian Paradis ?
Le conservateur Christian Paradis a écrasé ses adversaires lors de la dernière élection, mais son départ de la vie politique pourrait brouiller les cartes. S’il veut connaître autant de succès, Luc Berthold, ancien maire de Thetford Mines, devra obtenir l’appui d’une population qui n’a pas oublié la tragédie de Lac-Mégantic.
 

Montarville

Vainqueur en 2011 : Nouvelle circonscription
À surveiller : Une chaude lutte impliquant l’une des plus jeunes candidates du Bloc québécois.
Cette nouvelle circonscription de la Rive-Sud de Montréal essentiellement composée d’anciens bloquistes pourrait réserver des surprises. La jeune Catherine Fournier (BQ), mise en valeur par son parti, fait face à Djaouida Sellah (NPD), une députée sortante qui n’a pas fait beaucoup de bruit. Le PLC pourrait également se faufiler.
  

Mont-Royal

Vainqueur en 2011: Irwin Cotler (PLC) 41,41 % (2260 voix de majorité)
À surveiller : Possible gain conservateur sur l’île de Montréal.
Les troupes de Stephen Harper ne fondent pas beaucoup d’espoirs sur la région montréalaise, mais ils ont à l’oeil cette forteresse libérale. Irwin Cotler (PLC) ne se représente pas, ce qui pourrait laisser le champ libre à l’ancien maire de Côte-Saint-Luc, Robert Libman (PCC). Mais rien n’est joué.

Papineau
Vainqueur en 2011: Justin Trudeau (PLC) 38,41 % (4327 voix de majorité)
À surveiller : Le chef libéral Justin Trudeau est-il en danger ?
Pendant la campagne électorale, le NPD a répété sur tous les toits que le chef libéral tirait de l’arrière dans sa circonscription en s’appuyant sur un sondage qu’il a commandé. Les coups de sonde les plus récents donnent cependant une avance confortable à M. Trudeau.
 
Québec​

Vainqueur en 2011 : Annick Papillon (NPD) 42,64 % (7709 voix de majorité)

À surveiller : Une lutte à quatre, et une possible percée libérale.

Les libéraux convoitent cette circonscription séduite par le NPD en 2011. Ils y présentent le directeur du Département d’économique de l’Université Laval, Jean-Yves Duclos. Il fait face à la députée sortante Annick Papillon (NPD), à Charles Mordret (BQ) et à Pierre-Thomas Asselin (PCC).

Trois-Rivières

Vainqueur en 2011 : Robert Aubin (NPD) 53,57 % (14 994 voix de majorité)

À surveiller : Une course à trois impliquant des vedettes locales.

Difficile de prédire de quel côté penchera cette circonscription emportée par la vague orange en 2011. Le député sortant, Robert Aubin, est toujours en lice, mais se mesure à deux candidats bien connus des Trifluviens : l’avocat et ancien joueur de baseball professionnel Dominic Therrien (PCC) et le président de la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite, Yvon Boivin (PLC).

Ontario

Ajax

Vainqueur en 2011 (Ajax–Pickering) : Chris Alexander (PCC) 44,07 % (3228 voix de majorité) 

À surveiller : Un ministre conservateur en danger.

Le ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, Chris Alexander, serait en difficulté dans cette circonscription située à l’est de Toronto. L’ancien député libéral Mark Holland, qui a représenté Ajax-Pickering entre 2004 et 2011, jusqu’à ce que M. Alexander le déloge, apparaîtra encore sur le bulletin de vote.

 
Eglinton–Lawrence

Vainqueur en 2011 : Joe Oliver (PCC) 46,81 % (4062 voix de majorité)

À surveiller : Un ministre conservateur en danger.

Lourde commande pour le ministre des Finances, Joe Oliver : il affronte le potentiel ministre des Finances néodémocrate, Andrew Thomson, et le tombeur d’Eve Adams lors de l’investiture libérale, Marco Mendicino.

Mississauga–Malton

Vainqueur en 2011 : Nouvelle circonscription

À surveiller : Un candidat conservateur sur la sellette.

Le candidat Jagdish Grewal a été exclu par le Parti conservateur après avoir défendu dans un éditorial les thérapies pour remettre les homosexuels sur le droit chemin. Il fait toujours campagne en utilisant le logo du parti et son nom sera inscrit sur les bulletins de vote. Reste à voir ce qu’il adviendra de lui s’il est élu.

Orléans

Vainqueur en 2011 (Ottawa-Orléans) : Royal Galipeau (PCC) 44,55 % (3935 voix de majorité)

À surveiller : Une candidature vedette des libéraux.

L’ancien chef d’état-major de l’armée de terre canadienne, Andrew Leslie, est considéré par plusieurs comme le futur ministre de la Défense d’un gouvernement Trudeau. Pour parvenir à ce poste, il devra d’abord déloger le coloré Royal Galipeau (PCC), député depuis 2006.

 
Ottawa-Ouest–Nepean

Vainqueur en 2011 : John Baird (PCC) 44,71 % (7436 voix de majorité)

À surveiller : Qui remplacera John Baird ?

Membre de la garde rapprochée de Stephen Harper pendant des années, pilotant notamment les ministères de l’Environnement et des Affaires étrangères, John Baird a choisi de quitter la vie politique. Les libéraux pourraient en profiter pour reprendre cette circonscription qu’ils ont dominée avant le règne conservateur.

 
Spadina–Fort York

Vainqueur en 2011 : Nouvelle circonscription

À surveiller : La performance d’Olivia Chow.

La veuve de Jack Layton, Olivia Chow, tente un retour en politique fédérale. Rien n’est acquis puisqu’elle se présente contre le libéral Adam Vaughan, qui l’a remplacée comme député de Trinity-Spandina lorsqu’elle a choisi de se lancer dans la course à la mairie de Toronto, en 2014.

University–Rosedale

Vainqueur en 2011 : Nouvelle circonscription

À surveiller : Une lutte serrée entre le PLC et le NPD

Dans une élection où, plus que jamais, chaque siège peut faire une différence, l’issue de cette course pourrait être cruciale. La députée sortante et ancienne journaliste Chrystia Freeland (PLC) serait au coude-à-coude avec l’ex-vedette de la télévision Jennifer Hollett (NPD).

 
Atlantique

Acadie–Bathurst (N.-B.)

Vainqueur en 2011 : Yvon Godin (NPD) 69,69 % (24 611 voix de majorité)

À surveiller : La circonscription restera-t-elle chez les «Godin»?
Les Godin semblent avoir la politique dans le sang. Le député sortant, Yvon Godin (NPD), élu sans interruption depuis 1997, ne se représente pas. Il laisse place à Jason Godin, qui est devenu en 2012 le plus jeune maire au Canada en étant élu à la tête du village de Maisonnette à seulement 19 ans.

Cumberland–Colchester (N.-É.)

Vainqueur en 2011 (Cumberland–Colchester–Musquodoboit Valley) : Scott Armstrong (PCC) 52,46 % (11 719 voix de majorité)

À surveiller : Un affrontement entre d’ex-alliés.

L’ancien député conservateur Bill Casey, élu comme indépendant en 2008, se présente cette année sous la bannière du PLC face à son ancien directeur de campagne, le député sortant Scott Armstrong (PCC). Disons que les deux adversaires se connaissent bien. Qui l’emportera ?


Egmont (Î.-P.-É.)

Vainqueur en 2011 : Gail Shea (PCC) 54,65 % (4470 voix de majorité)

À surveiller : Une ministre conservatrice dans l’embarras.

La ministre des Pêches et des Océans, Gail Shea, subira-t-elle les foudres de la population locale, qui n’a pas digéré la réforme de l’assurance-emploi ? C’est ce que son adversaire libéral, Bobby Morrissey, et certains sondages laissent présager.

Nova-Centre (N.-É.)

Vainqueur en 2011 : Peter MacKay (PCC) 56,79 % (12 181 voix de majorité)

À surveiller : Qui succédera à Peter MacKay ?

Autre pilier conservateur qui ne se représente pas, autre circonscription à la couleur incertaine. Le départ du ministre de la Justice, Peter MacKay, laisse place à une potentielle lutte à trois entre Fred DeLorey (PCC), Sean Fraser (PLC) et Ross Landry (NPD).


Ouest

Edmonton Griesbach (Alb.)

Vainqueur en 2011 : Nouvelle circonscription

À surveiller : L’effet Rachel Notley. 

L’Alberta demeure conservatrice à bien des endroits, mais si une circonscription peut passer du bleu à l’orange dans la foulée de la victoire du NPD sur la scène provinciale, c’est sans doute celle-là. L’ancien conseiller municipal d’Edmonton Kerry Diotte (PCC) affronte Janis Irwin (NPD).

North Vancouver (C.-B.)

Vainqueur en 2011 : Andrew Saxton (PCC) 48,62 % (11 331 voix de majorité)  
À surveiller : Une potentielle lutte à quatre.
Tous les partis politiques convoitent cette circonscription détenue par les conservateurs depuis 2008. Il y a bien sûr les libéraux et les néodémocrates, mais il ne faut pas oublier le Parti vert, qui compte sur l’ex-météorologue de CBC, Claire Martin, pour causer la surprise.

 
Régina–Lewvan (Sask.)

Vainqueur en 2011 : Nouvelle circonscription 

À surveiller : Les impacts du redécoupage électoral, à l’avantage du NPD. 

La refonte de la carte électorale pourrait avantager les néodémocrates dans plusieurs circonscriptions de la Saskatchewan desquelles on a retiré la portion rurale. Ici comme ailleurs, les conservateurs pourraient faire les frais des nouvelles limites.

 
Saanich–Gulf Islands (C.-B.)​

Vainqueur en 2011 : Elizabeth May (PV) 46,33 % (7346 voix de majorité)

À surveiller : Elizabeth May conservera-t-elle son siège ?

La chef du Parti vert, Elizabeth May, espère augmenter le nombre de députés de sa formation au Canada, y compris au Québec, mais ses efforts se sont concentrés encore cette année en Colombie-Britannique, et tout particulièrement dans sa circonscription. Ses chances semblent bonnes.

4 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 19 octobre 2015 05 h 26

    Voter Bloc risque d'élire Justin Trudeau


    Les bloquistes ont récemment affirmé que voter pour le Bloc était «Le premier geste de rupture avec le Canada.»

    Et pourtant, un des premiers effets concrets du Bloc ne sera sûrement pas un geste de rupture, puisque si les «12%» d'électeurs qui votent Bloc dans Papineau votaient pour le NPD, Justin Trudeau serait battu.

    Ainsi donc, le Bloc pourrait bien pouvoir se vanter ce soir d'avoir réussi à faire élire le premier ministre du Canada Justin Trudeau » !

    Voter Bloc..

    Toute une rupture!

    Christian Montmarquette

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 19 octobre 2015 09 h 20

      Faire porter le poids politique du Canada sur seulement les épaules des québécois est complètement absurde. Mais, nous ne sommes pas à la première absurdité dans toute cette histoire. Si ce n'était pas de poser un barrage, aussi faible soit-il, aux prétentions des neuf autres provinces, je ne me dérangerais même pas pour aller jouer dehors afin d'aller voter.

      Un X posé ailleurs que devant un nom de quelqu'un qui «me» représente est un X fondu dans la masse qui ne me ressemble pas et dans laquelle notre très chers premier ministre «très provincial» veut me faire fondre.

      Malheureusement, certains «indépendantistes» se retrouvent plus facilement dans l'image de fédéralistes. Étrange, selon moi.

      Que ce soit Tom Dick ou Harry qui contrôle ce grand territoire qui ne m’appartient plus, ça me donne quoi si une fois en place je ne vois que son dos ? M'en va voter pour le gars qui va lui taper sur l'épaule, même si je ne suis pas complètement d'accord avec tout ce qu'il dit, au lieu d'un autre sur lequel je suis certain qu'il me ment. Mais ça... c'est juste moi, je ne fais pas dans la «politique», je ne suis que nationaliste et les trois partis fédéralistes ne le sont pas. Ça me rend la tâche plus simple. Le matin où je n’aurai que le choix entre des garnements qui m’oublieront le lendemain, je vais rester couché.

      Voter autre chose que Bloc... toute une rupture !

      Mais quelle différence ça vous fait à vous ce qu'ils font de l'Ontario à la Colombie ? Vous voulez les envahir ou quoi ? On voit grand !

      Les bulletins de vote ne sont pas «signés», ils sont plus ou moins perdus dans la masse selon où vous apposez votre X. Il n'y a qu'une seule case où un X québécois pèse plus lourd qu'un X ontarien, albertin ou colombien. Pour un personnage qui veut autant se démarquer, je trouve plus qu'étrange que vous cherchiez autant à vous estomper.

      PL

    • Christian Montmarquette - Abonné 19 octobre 2015 11 h 21

      «Il n'y a qu'une seule case où un X québécois pèse plus lourd qu'un X ontarien, albertin ou colombien. » -pierre lefebvre

      Je vois mal comment on puisse s'estomper davantage qu'en votant pour un parti impuissant, qui ne prendra jamais le pouvoir et ne sera jamais en mesure d'appliquer aucun programme de gouvenement, en plus que de légitimer l'État fédéral.

      - CQFD

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 19 octobre 2015 15 h 12

      Comme indépendantistes, nous ne portons pas le même genre de lunettes. Ne pas légitimer un État fédéral en votant pour un parti fédéraliste, je la trouve difficile à comprendre celle-là. Ne vous ais-je pas lu à multiples répétitions que vous souteniez le NPD, ou ais-je rêvé ? J'ai aussi remarqué que dernièrement, vous ne l'écrivez plus.

      Vous avez plus de «souplesses» dans certains domaines que d'autres, mon ami. - CQETAFD (ce qui est tout à fait démontré). Retournons à la case départ : La détestation perpétuelle des gens qui ne pensent pas comme soi.

      PL