Les défis du «cinquième parti»

Elizabeth May a concentré ses efforts en Colombie-Britannique.
Photo: Chad Hipolito La Presse canadienne Elizabeth May a concentré ses efforts en Colombie-Britannique.

En 2011, le Parti vert du Canada a obtenu quelque 375 000 votes de moins qu’en 2008 : une diminution de près de 40 % — et son pire résultat depuis les élections de 2000. Mais ce fut paradoxalement la meilleure performance du parti, qui réussissait enfin à obtenir un siège au Parlement.

À l’époque, Elizabeth May avait renoncé à mener une réelle campagne nationale pour concentrer ses efforts dans quelques circonscriptions (surtout la sienne). Ce fut payant, et la chef des verts a repris la même stratégie cette année.

Au total, Mme May (une des parlementaires les plus respectés à Ottawa) a tenu des activités dans 24 circonscriptions à travers le pays, passant le plus clair de son temps en Colombie-Britannique.

Espoirs québécois

Le parti a toutefois déployé des efforts plus soutenus au Québec, où trois candidats connus se présentent : le chef adjoint Daniel Green, JiCi Lauzon et André Bélisle (à Laval, le député sortant José Núñez-Melo a choisi de grossir les rangs des verts après avoir été écarté par le NPD). Selon Daniel Green, le parti a investi 100 000 $ pour aider ses trois principaux candidats québécois.

« Nous sommes vraiment la petite souris verte, rappelle M. Green : le cinquième parti au Québec, et le moins connu. C’était un gros défi. » Il espère que l’élection permettra d’envoyer un premier vert québécois à Ottawa, mais considère que la campagne fut surtout l’occasion de bâtir pour le futur : mieux faire connaître le parti, construire une banque d’informations sur les électeurs qui pourra servir plus tard, etc.

Au national, les verts disent vouloir faire élire jusqu’à douze députés, ce qui leur donnerait le statut de parti officiel. Réaliste ? Pas selon les sondages. Mais Elizabeth May répète qu’elle serait fort heureuse d’avoir la balance du pouvoir advenant l’élection d’un gouvernement minoritaire…